Voila bien longtemps que je n’ai pas narré une histoire de Mamie ? The Mamie of course…
Dans mon précédent article, je vous disais que j’étais allée dans le Doubs avec ma chère sœur pour accompagner Mamie et l’amener jusqu’à sa maison de famille où elle passe quelques semaines.
Ma petite sœur étant encore en recherche très active de travail (même si je pense qu’elle touche au but !!!), quand il a été question d’amener mamie dans son village natal, il paraissait évident que c’était elle qui allait s’en charger… Il y a encore 3 ans, Mamie prenait le train toute seule (elle avait donc 87 ans), avec un changement à Belfort, pour se rendre dans le Doubs.
Quelques jours avant la date fatidique du départ, j’ai annoncé à ma grand-mère que M. Chemise et moi nous allions nous marier. Et là… Chamboulement total des plans de voyage !
Le lendemain j’ai ma sœur au téléphone : c’est moi qui doit accompagner Mamie dans le Doubs… Flashback sur la conversation entre Mamie et ma sœur.
« Au fait, c’est ta grande sœur qui va m’amener dans le Doubs, toi tu as un travail à chercher. On partira vendredi.
- Mais… C’était prévu mercredi ! Et en plus elle bosse !
- Et bien elle n’a qu’à prendre congé. C’est décidé, on partira vendredi à 9h, je l’attends devant la maison. Que son coffre soit bien rangé pour une fois ! Et qu’elle se fasse belle. »
Et oui, ma sœur, jeune (très) diplômée et chômeuse de son état, ne fait pas le poids contre une future mariée qu’il faut maintenant exposer dans tout le (minuscule) village, elle s’est fait lamentablement virer par la mémé. J’avais devant moi la perspective de plus d’une heure de route à écouter les conseils avisés d’une femme de 90 ans sur comment tenir mon ménage et faire durer mon couple. L’éclate totale. Et je devais prendre congé pour subir ça.
Par chance, ma sœur est cool et elle a accepté de partager mon calvaire, elle s’est jointe à l’expédition. Le vendredi à 9h nous étions toutes les deux devant le portail de Mamie à charger des morceaux de pain rassis rassemblés dans des filets « sacs à patates » et autres joyeusetés qui te foutent le bordel monstre et pleins de miettes dans le coffre.
« C’est pour les lapins de Dédé… Et puis elle est vieille ta voiture, c’est pas grave si y’a quelques miettes dans le coffre. »
Mamie est de méchante humeur car cette nuit il y a eu de l’orage et elle a eu de l’eau dans sa cave, qu’elle a du chasser avec un balai vers le trou d’évacuation.
Au bout de quelques kilomètres, la question que ma sœur et moi redoutions tombe :
« Dans quelle église vous allez vous marier ? »
Gros blanc… Ma sœur ricane sournoisement en me lançant des regards en coin.
« Ben… en fait… on ne va pas à l’église. Ça sera juste un mariage civil. »
Re-gros blanc. Ma sœur a peur que Mamie ne fasse une crise cardiaque.
« Mais c’est pas un mariage ça ! Que vont penser les parents de M. Chemise, ils vont être choqués !
- Ils nous disent de faire comme on veut.
- C’est I-NA-DMI-SSI-BLE. C’est scandaleux ! Comment oses-tu faire ça ? Que vont penser les gens?? Tu y a pensé à ça? »
Hyper important pour Mamie, ce qui rythme sa vie : ce que vont penser « les gens ». Je n’ai pas trop ce problème, souvent, ce que pensent « les gens », moi je m’en tamponne.
La liste d’adjectifs et de remarques acerbes semble sans fin. En substance : il va être naze ce mariage. Je lance un ultimatum.
« En même temps, si t’es pas contente et que tu ne cautionnes pas ce type de mariage, tu n’es pas obligée de venir t’humilier à la mairie. Déjà que la liste des participants est limitée aux parents et frères et sœurs, ça ne me dérange pas de la réduire encore un peu. »
Vlan, direct dans le dentier. Mamie fronce ces sourcils, je le vois dans le rétroviseur.
Cela achète environs 5 minutes de silence pesant. Oui, je suis une fille classe et diplomate, on me le dit souvent. Ça doit être ça qui a charmé mon homme.
Au prochain épisode, notre arrivée dans le Doubs!
