En plus d’être une gentille copine, je suis une gentille soeur. Ma petite soeur voulait un peu de neuf pour sa garde robe, et avec un budget serré, pas toujours évident de trouver des tops originaux et pas trop mal fichus. Justement, je suis en plein rangement de mon placard à tissus, et je lui ai annoncé : » Les coupons d’un mètre ou moins, tu peux taper dedans, choisis ce qui te plait, je te fais la fringue qui va bien. »
Elle a sélectionné divers coupons dont un taffetas rouge pour une future jupe, un coupon fleuri pour une robe et deux en jersey pour des tops. Ensuite, nous sommes passées à la sélection des modèles. Pour les morceaux de jersey : des tops du livre Drape Drape. Si tôt dit, si tôt fait, deux jours après ils étaient disponibles.
Voici le premier, il s’agit normalement d’une sorte de tunique…


Le coupon de tissu est une sorte de matière de maillot de bain, qui coule entre les doigts, qui est fraîche sur la peau et très légère. Malgré la beauté de ce coupon, cela fait 6 mois qu’il est dans mon armoire, et je ne trouvais pas quoi en faire. Il « drape » très bien, et ce modèle le met super bien en valeur, elle ne peut pas regretter son choix! J’ai coupé une taille S pour son 36-38 et c’est impec’. Par contre j’ai du tricher lors du placement du patron, car mon coupon était trop petit, et surtout pas très large, j’ai été obligée de bidouiller au niveau des bretelles.

Comme vous pouvez le voir, j’ai découpé une partie des bretelles au niveau du devant et du derrière (le patron asymétrique est une seule pièce géante), j’ai scotché le bout de patron de bretelle devant droit avec le bout derrière droit et pareil pour la gauche, et j’ai coupé mes bretelles à part dans une chute du tissu.
Au niveau de l’assemblage, ça se présente donc comme ça :

La couture n’est pas sur l’épaule, à la place il y en a deux, une devant et une derrière. Finalement ça ne choque pas, c’est même très joli! Un petit détail en plus.
J’ai eu beaucoup de mal avec l’encolure, avec le biais en jersey ça gondolait, ça tirait… Finalement j’ai tout défait et j’ai ajouté un biais en lin couleur jeans, très doux. Je l’ai rentré à l’intérieur, il est invisible sur l’avant mais apparaît selon les mouvements.


C’est pareil au niveau des bretelles, en plus ça donne de la tenue à ce tissu très mou.
J’ai profité de l’occasion pour affiner les réglages de ma surjeteuse et de ne plus me lancer avec les réglages de bases pour tous les tissus.
Bien plates et bien droites!
Idem pour l’ourlet à la double aiguille, tout droit. Je sais que je dois aussi un peu travailler sur la tension du fil, qui est une notion très importante et que je maitrise mal…

Un beau petit top que je conseille à tout le monde! Choisissez un tissu bien lourd et très élastique. Dans un jersey de soie ça doit être un vrai chef d’oeuvre.
Le second top est issu du même livre, il s’agit du tshirt basique que j’ai revisité.


Quand j’ai assemblé ce top, l’encolure m’a semblée immmmmmeeeensse. Ooops, coupé c’est coupé! J’ai rattrapé le coup en fronçant tout le long de l’encolure, en bidouillant les réglages de la surjeteuse, ce qui a en plus créé ces petites fronces autour du col, qui rajoute encore du volume à ce top.
Comme pour le précédent, l’encolure était une torture, j’ai préféré tout couper (et oui!) avant de me décider à poser du biais satiné doré. J’ai décalé un peu le biais en le piquant, pour créer cet effet de torsade.


Pour ne pas aplatir le biais, il est cousu à la main.

Les manches étaient très longues à mon goût. Devant ma télé, en regardant un film assez pourri je l’avoue (merci canal + de diffuser Predators, c’est une daube), je me suis rendue compte du potentiel « style militaire » de ce top, j’ai donc décidé de jouer de ce coté, j’ai plissé les épaules et j’ai ajouté le même biais plié pour faire une sorte de galon ou d’épaulette. Quelques surpiqûres et le tour est joué. Si j’avais eu un bouton doré, ça aurait été le top, mais rien de ça dans ma boîte, je ne suis pas riche en boutons.


Même attention accordée aux réglages de la surjeteuse, même si cette fois ça gondolait un peu plus, je n’ai pas trop compris pourquoi.
Et pour l’aiguille double, j’ai bien baissé ma tension pour éviter la formation du « bourrelet » caractéristique de l’utilisation de cette technique, au final, après quelques tests c’était bien comme il faut. Avant de piquer à l’aiguille double, j’ai surjeté le bord.

Voilà, ces deux tops sont très rapides à faire, même si j’ai un peu trainé devant la télé, je profite de mes vacances!
J’ai l’impression de mieux maîtriser les tensions de ma machine, mais je sais qu’il faut que je sois vigilante, souvent quand je présente à ma prof de couture un travail que j’ai réalisé seule à la maison et sur lequel je vois des problèmes, cela vient dans 90% des cas d’un problème de tension. Elle m’a fait faire des tests, toucher, étirer et j’essaye de reproduire ses gestes à la maison.
Pour ceux et celles qui sont intéressés par la tension des fils, il y a cet article du magazine Thread (anglais) et aussi ce petit test pour ajuster la tension à un tissu particulier.
Et vous, la tension de votre machine? Maîtrise totale ou pifomètre?