
Vous voulez savoir où je traînais mes guêtres samedi dernier ? Non ? Si, si, si, je suis certaine que vous brûlez d’envie que je vous raconte, une fois de plus, ma palpitante existence. En même temps, si tu as prit le temps de lire le titre….

Et bien oui, j’étais au Musée d’Impression sur Étoffes de Mulhouse, pour un stage d’impression textile/patchwork. Si y’a bien un truc cool à Mulhouse, c’est bien ce musée.
Le but du jeu est d’imprimer manuellement des morceaux de tissu avant de les assembler selon un patron (je ne sais pas si on dit patron pour du patchwork) bien précis qui nous donnera à la fin un joli plaid pour décorer le canapé.

« Il est beau ton plaid… Il est doux, il est neuf ?
- Oui je sais qu’il déchire, j’lai imprimé et cousu moi-même, je balaye toute la chaîne de la production textile, tu vois… »
La classe, non ? Je m’y vois déjà. Genre!
Mais, mais mais… Le patchwork, je n’y connais rien du tout, l’impression textile encore moins (quoique… mais ceci sera le point central d’un autre article dans quelques semaines, suspense !), je rassemblais donc toutes les qualités requises pour me lancer à tête perdue dans cette aventure. C’est évident !
Pour bien commencer la journée, j’arrive en retard. Pas vraiment d’excuse valable à fournir, j’avais en tête l’horaire d’ouverture du musée alors que l’atelier débutait 30 minutes avant. En plus, j’ai confondu mon groupe d’imprimantes/imprimeuses avec un groupe de visiteuses qui attendait dans le hall, j’ai donc re-perdu du temps… Tant pis pour moi, quand t’es mauvaise, ça te poursuit, faut bien s’en accommoder.
Nous sommes une dizaine d’apprenties, de tous âges et d’horizons divers et variés. Devant nous, la grande table d’impression est garnie de cadres en bois dont le fond est en feutre et qui nous servirons de supports pour la peinture textile. Première précaution, tablier pour tout le monde, j’ai prévu mon coup, un vieux jean qui ne craint rien et une chemise foncée, avec le tablier, je devrais survivre à cette épreuve.
Les deux personnes qui encadrent le cours nous décrivent brièvement le matériel devant nous et nous expliquent la première étape : maintenant, faut couper des carrés et des rectangles selon des mesures qui nous sont indiquées.
Cette phase fut laborieuse, mais je m’en suis sortie indemne, j’avais du tissu en rab, le matin même j’avais retrouvé dans mon armoire à coupons un reste de lin gris clair qui s’est ajouté à mon coupon de coton beige. J’ai découpé mes carrés et mes rectangles, comme tout le monde, j’en ai fait des petits tas pour m’y retrouver, je m’amuse follement.
Les nouvelles indications arrivent, maintenant, au boulot, faut imprimer les filles ! Le coté fun arrive, le choix de nos plaques d’impression. Nous avons accès à une sélection de plaques anciennes, certaines du 19eme siècle, pour réaliser nos imprimés. C’est génial, non?

Je choisis une plaque avec un motif simple et qui semble bien se raccorder. J’ai bien repéré le superbe motif cachemire, mais je ne suis pas suicidaire, jamais je n’arriverai à positionner précisément la place pour que les fleurettes s’enchaînent, je connais mon niveau de précision, et il est tout juste moyen.
Comme j’ai deux couleurs de tissus, mon coton beige et mon lin gris, je décide de n’imprimer qu’en noir. Tout d’abord, parce que ça ira bien avec les couleurs de l’appart et parce que je n’ai pas envie de voir l’incarnation plaid de Bozo de Clown dans mon salon.
La peinture noire sent les œufs pourris, un vrai régal. J’ai mon petit rouleau et mon pinceau, je badigeonne mes plaques, je pose, je presse, je décolle, je m’extasie parfois, parfois moins et petit à petit, je décore mes morceaux de tissu unis.
Il y a des fils le long des étagères, c’est pour faire sécher nos œuvres ! Il y en a un peu partout, de toutes les couleurs, ça donne une atmosphère assez sympathique.
Nous nous arrêtons tout de même vers 13h pour grignoter nos salades et sandwichs respectifs et nous partageons des douceurs dont un des deux cakes au yaourt que j’avais réalisé la veille pour me déculpabiliser d’abandonner une fois de plus mon homme. Il a eu beaucoup de succès, je vais d’ailleurs vous livrer la recette en fin d’article.

En milieu d’après midi, nos séries sont (pour la plupart) imprimées, nous passons à la seconde étape : l’assemblage.
Nous avons à présent accès au 2eme étage du Musée, qui recèle tous les trésors de ce bâtiment : les livres anciens qui répertorient de motifs des tissus depuis 1833 (information trouvée sur le site du musée). Ils sont impressionnants, déjà par leur taille (60cm de haut) et par leur âge.
Avant de coudre, il fallait déjà rassembler nos morceaux pour ordonner de manière à avoir un patchwork cohérent et bien structuré.
J’avais bien entendu noté les mesures sur chacun de mes bouts de tissu, mais, en bonne blonde que je ne suis pas, j’avais imprimé en noir sur mes annotations. Je ne savais plus quelle série correspondait à quoi, la misère totale, je devais tout mesurer à nouveau, identifier mes séries, classer. Super relou. C’est de ma faute, quand on a n’a pas tête, on a du temps !
Nous avons pu voir la méthode d’assemblage et je pourrai m’en sortir seule à la maison. Je me doutais bien qu’il était impossible en une journée de repartir avec un plaid tout beau tout fini dans les bras.
Après une telle journée, j’étais vannée et je n’ai plus fait grand-chose. En tout cas, si vous avez un jour l’occasion de tester un atelier de ce style, n’hésitez pas car c’est une expérience enrichissante et vraiment originale. De plus, j’avais accès à des plaques d’impression uniques.
Il me reste encore mon patchwork à coudre !! J’ai tous mes petits tas classés et numérotés, il me faut à présent prendre le temps de les coudre ensemble afin de donner à ce travail sa forme finale.
Si vous voulez plus d’informations sur ce stage, je vous invite à contacter le Musée d’Impressions sur Etoffes de Mulhouse.
Oh, j’allais oublier la recette, que j’ai rebaptisée « Cake impressionnant » (z’avez vu mon jeu de mot avec le mot « Impression »?). Il s’agit d’un cake au yaourt, à base de kéfir, il y a de quoi faire un grand cake et un petit. C’est facile en plus, toutes les mesures sont en fonction de votre pot de base!
- 1 pot de kéfir de 500g (acheté en allemagne, en france on en trouve aussi, en brique je crois, dans le rayon frais vers le beurre)
- 2 pots de farine
- 1/2 pot de sucre complet
- 1/2 pot d’huile
- 1/2 pot de poudre d’amande
- 2 oeufs
- 1 sachet de levure
- 1 conserve de poires au sirop
- des pépites de chocolat (des papillotes coupées font très bien l’affaire, c’était le cas pour ceux là!)
- 1/2 pot du jus des poires
Ce n’est pas très compliqué, il suffit de mélanger kéfir, oeufs, poudre d’amande, farine, sucre, huile, jus de poires et levure pour obtenir une pâte lisse et collante, on rajoute les morceaux de poires ainsi que le chocolat en morceaux. On touille mais pas trop pour que ça ne soit pas de la bouillasse et au four à 180°C pendant 50 min.
C’est un cake qui se garde super bien et qui est bien frais, j’espère qu’il vous plaira. Je n’ai pas de photo du cake, il n’en restait plus
// Cet article a été relu et modifié