Ma robe Sansa – Partie 2 : Patronage du corsage

Suite à notre (je dis notre, car vous avez lu le précédent article sur l’anatomie de la robe Sansa et que vous participez en quelque sorte à cette grande aventure) analyse très poussée de la robe, aux schémas réalisés pour y voir plus clair, il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Il faut dessiner le patron.

L’an dernier, ou était-ce l’année d’avant ? j’avais déjà tentée une aventure « Je teste mon gabarit, j’suis trop forte », cette dernière était restée sans lendemain, j’avais été rapidement rebutée par la longueur du premier exercice. Surtout, je n’avais pas de « but » précis, c’était essentiellement de la curiosité ; il me manquait le feu sacré que j’ai à présent dans les tripes, celui qui fait qu’on veut une robe de princesse. Je vais vous épargner une énième photo de ladite robe, on l’a assez vue sur ce blog.

Je ne vais pas entrer dans les détails de la construction du gabarit, j’ai lu et appliqué les instructions du livre de Line Jaque « la technique de la coupe » les unes après les autres. Mes mesures avaient été prises par une amie quelques temps auparavant, je suis partie de celles-ci pour réaliser mon patron, ce n’est jamais très pratique de prendre ses propres mensurations.
Ayant un peu plus d’expérience en couture que lors de ma précédente tentative, je comprends mieux pourquoi telle ou telle ligne se positionne ici ou là. Au final, cet exercice, bien qu’un peu fastidieux, est assez ludique et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je découpe de vieux draps pour y tailler mon premier gabarit.
Mais au moment de l’essayer… C’est le drame.

Comment décrire cela de manière classe. On va dire que je déborde de mon gabarit. Ventralement parlant. Fessierement parlant également. Hanchement parlant aussi, tant qu’on y est. Mmmhhh, en effet, ça fait un peu plus d’un an que mon amie m’avait mesurée et depuis… On ne dit pas que le mariage fait un peu prendre du poids ? Toujours est-il qu’il est impossible de fermer ce premier gabarit sans le craquer.
La honte. J’étais toute seule dans ma chambre, devant mon miroir, avec mon gabarit épinglé du cou jusqu’au bas la poitrine (comme par hasard, là il n’était pas trop serré !!!) et le bide à l’air, et j’avais hyper honte. Bref.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Je sors le mètre et je prends mes (nouvelles et déprimantes) mesures pour corriger mon gabarit. On va dire que ce premier patron était un coup d’essai, pour se mettre en jambes ! Le tracé de la seconde version va un peu plus vite, et après quelques jours, je suis à nouveau devant mon miroir, mais cette fois-ci le gabarit m’enveloppe totalement.
Viens donc le moment des retouches, des corrections. J’ai trouvé que c’était une partie assez complexe, surtout seule, car il s’agit d’avoir une vue objective des défauts du gabarit (et donc, des particularités de son corps), de savoir où et quoi « tirer » pour corriger et améliorer les choses.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Ce que j’ai appris, et que je considère comme utile dans le choix de mes futurs patrons : j’ai le buste un peu plus court que la moyenne, les épaules tombantes et très tournées vers l’avant et le dos un peu courbé (venant des épaules rentrées). Par exemple, les épaules tournées vers l’avant expliquent pourquoi j’avais systématiquement un « flottement » au niveau des emmanchures (quand je couds un top sans manches par exemple) à hauteur de la poitrine, un « trou » que rien ne peut résorber, cela vient de la façon dont je me tiens. Malheureusement, pour ce point particulier, y’a pas grand-chose à faire, à part me forcer à me tenir les épaules projetées vers l’arrière toute la journée.
La pince dans le dos est chez moi assez longue, même si pas si large que ça. Elle découle directement de la position de mes épaules.
D’ailleurs, ma ligne d’épaule doit être décalée sur mes pièces, toujours pour la même raison, car le gabarit ne prenant pas en compte ce genre de particularité, elle apparaissait obliquant légèrement vers l’arrière là où elle devrait être droite.
L’étape de l’essayage est primordiale, Line Jaque le répète dans son livre et je ne peux que comprendre son insistance, car les mesures c’est une chose, mais l’essayage en est une autre et elle complète « en 3D » les données mathématiques.
N’empêche que le gabarit de base à mes mesures m’allait quand même vachement mieux qu’un patron de tshirt de base Burda… Comme quoi, ça peut valoir le coup de savoir quoi modifier et où.

Après 3 autres versions (ah oui, quand même…) et les gabarits associés, je n’ai plus de draps à découper (mince !), cette dernière version doit être la bonne ! et c’est le cas, ouf ! Je m’excuse d’avance de la qualité pourrave des photos, mais le but n’était pas de faire dans l’image artistique. Sur celle où je suis de dos, le gabarit à l’air tendu mais c’était parce que j’étais mal positionnée, comme on peut le voir sur les autres photos, il n’est pas trop serré au dos. Si je n’avais pas été fainéante, j’aurai refait une nouvelle photo.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Sur ce sublime patron en draps rose pâle, on peut voir des traits de couleur pour contrôler que ce qui doit tomber droit tombe… droit, bien parallèle à la ligne du coté et bien perpendiculaire à la ligne de taille et au sol.

Ok, je me suis assez étalée sur ce gabarit, passons maintenant aux choses sérieuses, les découpes de la robe.
Line Jaque, dans son livre, explique clairement comment décliner cette découpe princesse avec le petit coté (la pièce intermédiaire entre le coté dos et le coté devant) à partir du gabarit de base.
Par contre, son exposé ne prend pas en compte une particularité de mon physique si avantageux… Je m’explique.
Le tout premier point de la procédure indique, que pour des raisons pratiques, il faut légèrement agrandir la mesure du tour de hanches afin que celle-ci soit égale à la mesure du tour de poitrine. De cette façon, les « bords » se touchent au niveau de la poitrine et des hanches.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Cas « d’école » présenté dans le livre de Line Jaque

La formation des pinces et des lignes séparant les pièces les unes des autres se devine naturellement par la suite. Tout va pour le mieux dans le monde parfait des gens qui sont comme dans les livres.
Mais comment fait-on quand on est fichue comme moi ? C’est-à-dire… voir schéma…

Mon cas...

On ne peut pas ajouter encore aux hanches, ça c’est clair ! Alors on a deux solutions… On peut aligner au niveau des hanches, ce qui créer un vide sidéral d’une extrémité poitrine à l’autre. Il est impensable de rajouter quoique cela soit au niveau de la poitrine (même pas du silicone !), ça cela fausserait l’ajustement !

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Mon cas, juxtaposition au niveau des hanches

Ou alors on peut aligner au niveau de la poitrine, ce qui cause une superposition au niveau des hanches…

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Mon cas, alignement au niveau de la poitrine

J’ai choisi cette dernière option, pour les raisons suivantes :

  • je ne voulais pas rajouter des centimètres au niveau du tour de poitrine, j’aurai été obligée de les enlever tôt ou tard, vu que le corsage de ma robe doit être ajusté;
  • vu la forme de ma robe qui part en godet pour la partie jupe, il sera plus simple de rajouter les centimètres qui « manquent » par la suite.

Le reste du plan se déroule sans accro (et on aime toutes qu’un plan se déroule sans accro), et je me retrouve donc avec mes 5 pièces pour former mon demi-corps.
Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

La pince bretelle a été déplacée pour en faire une découpe au niveau de la poitrine, conformément au croquis du précédent article, inspiré de la robe d’origine.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Surtout, ne cherchez pas le moindre rapport d’échelle, ni une quelconque vérité proportionnelle dans mes schémas, ils sont juste là pour illustrer mon propos. Une fois mon gabarit découpé, je dégaine mon scotch et mes chutes de papier, pour rajouter à chaque pièce le centimètres perdus lors du rapprochement du devant et du dos à hauteur de la poitrine, ceux qui se sont perdus dans la superposition des pièces. Les centimètres ont été répartis de manière égale, pour conserver la belle répartition de la largeur des bandes.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

J’ai fouillé dans mon stock de tissu à la recherche du sac de courses dans lequel est stocké le tissu à test, celui que j’achète à 1 euros le mètre voir moins, et dont le but n’est que de subir des expérimentations. Dommage, il ne reste plus de tissu clair, le violine, ça ira très bien. Même s’il est presque trop fluide…

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Orgie de conserves!

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Suite à cet essayage, je me dis que comme ma pince dans le dos est assez longue, il serait judicieux d’en tirer profit et je décide d’utiliser cette particularité pour créer une nouvelle découpe qui n’était pas prévue et qui n’apparaît pas sur le schéma de la robe d’origine de Sansa (voir précédent article) mais qui apparaît sur le schéma de ma future version de la robe (héhé, vous n’avez pas regardé d’assez près !).
Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Je suis assez satisfaite du corsage, même s’il ne s’agit que d’une base, car il manque le décolleté ainsi que l’aspect portefeuille. Mais c’est une belle victoire pour l’instant, et je m’en contente, ça me motive à continuer. Tout cela ne s’est pas fait sans une dose de patience assez importance, et plusieurs essais avant d’arriver à ce résultat.

Petit aparté :
Je ne compte pas faire un « cours » de patronage sur ce blog, tout d’abord parce que je n’ai aucune compétence de ce point de vue là et surtout parce que j’estime que le livre de Line Jaque existe pour cela. L’achat de ce bouquin vaut le coup pour qui s’intéresse au patronage, je ne le dirai jamais assez. Pour ceux qui possède ce livre et que ça intéresse, voici les chapitres qui m’ont été utiles pour la réalisation de ce corsage.

Comment relever les mesures – p17 à 20
Le tracé du patron de base – p21 à 32
L’essayage – préparation du gabarit individuel – p46 à 62
Révision du patron de base après essayage – p62 à 67
Abaissement de l’emmanchure pour la robe sans manches – p96-97
Création de la découpe d’emmanchure – p111 à 113
Le modèle princesse – p171 à 174

Ce dernier chapitre explique en détail comment réaliser cette découpe princesse particulière et a été essentiel dans la réalisation du corsage.

Dans le prochain article, je décrirai la partie « jupe » de la robe ainsi que les devants et les autres détails du patron.

A bientôt pour la suite de ce feuilleton :) Je vais essayer de poster rapidement la suite, avant de partir en vacances!!

signer

Ma robe Sansa – Partie 1 : Anatomie

melisandre-night-dark-spoilers

Attention, cet article peut contenir des spoilers de la saison 3 de Game of Thrones, si vous ne l’avez pas encore visionnée, vous êtes maintenant prévenus! Vous lisez à vos risques et périls! For the Night is Dark and full of Terrors!

Je tiens à vous préciser dès le départ, je vais m’étaler longuement sur cette robe, en long, en large et en travers.
Désolée, mais là c’est au moins en partie nécessaire. Ma première expérience en patronage ne peut se résumer en quelques photos d’une robe terminée, va falloir lire un peu (beaucoup).

Je trouve cela d’ailleurs assez frustrant, les blogs de couture qui ne proposent que des photos et pas (ou peu) de texte. Souvent, j’ai envie d’avoir des détails techniques, le tissu utilisé, des astuces, les soucis rencontrés lors de la couture, un conseil concernant les tailles… Alors la justification de « je vous laisse entrer dans mon univers », « Laissez votre imagination être votre guide », et autre « Imprégnez-vous de ce lieu et il vous inspirera » ça me fait toujours doucement rigoler. Combien de fois j’ai lu ça, le truc des univers blogesques… Voilà qui me fait toujours penser à « Atmosphère, atmosphère… », enfin, vous comprenez ma pensée. L’univers de ce blog peut se résumer par cette phrase d’une classe sans borne : « et mon c**, c’est du poulet ? ». Je vous souhaite la bienvenue dans mon monde, dans mon univers, dans mon atmosphère.

Alors… Dans un premier temps, avant de nous lancer tête baissée dans la réalisation de cette robe, nous allons étudier « l’existant ». Oui, oui, ça fait très exposé en amphi, ce ton de prof, mais c’est adapté à la situation je trouve :)
Tout va être justifié, je vous prouve que je ne prends pas ce sujet à la rigolade. On ne rigole pas avec Game of Thrones, on ne rigole pas avec la couture, on ne rigole pas avec le patronage et surtout, on ne rigole pas avec les robes de princesse. Jamais.

But de la manœuvre :
Réaliser une robe très largement inspirée (mais pas totalement copiée) de celle que Sansa Stark porte pour son mariage (spoillllerrr !!!) lors de l’épisode 8 « Second Sons » de la saison 3 de Game of Thrones.

Si vous ne l'avez pas vue 100 fois cette photo sur ce blog, je veux bien manger une sandale...

Si vous ne l’avez pas vue 100 fois cette photo sur ce blog, je veux bien manger une sandale…

Le patron sera entièrement créé de mes blanches mains à partir de mes rondes mesures, selon la méthode de Line Jaque décrite dans son livre « La technique de la coupe ».

Alors… Regardons en détails la robe de Sansa… Je vais d’abord passer en revue une quantité non négligeable d’éléments, et je trierai ensuite ce qui est à conserver pour mon projet et ce qui doit rester dans le domaine du costume de série médiévale fantastique.

Toutes les interprétations concernant le costume de Sansa sont les miennes, je n’assure à aucun moment qu’elles sont le reflet d’une quelconque réalité. Je fais des déductions à partir de photos, j’y mixe mes quelques connaissances couturesques, je me base sur des informations lues sur le site de Michele Carragher (celle qui a brodé les costumes de la série) et sur des interviews de Michelle Clapton (la styliste de la série).

  1. Point the obvious : c’est une robe portefeuille

Oh Yeah ! On commence par du lourd. Cependant, il n’y a pas de ceinture qui passe dans une ouverture laissée dans un coté et qui entoure le corps pour se nouer avec l’autre lien de l’autre coté (vous me suivez encore ??) comme dans les modèles qu’on a l’habitude de voir.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Dans ce cas, le pan devant du dessus s’accroche au pan devant du dessous par une série de liens (3 ou 4). Preuve à l’appui, voir la photo ci-dessus.

Comment cela se déroule-t-il pour la partie cachée ? On ne le sait pas, même après de nombreux visionnages de cet épisode, je n’ai pas percé le secret. Désolée, je ne sais pas exactement ce qui se passe sous la robe de Sansa…
Ce que je suppose : le système est similaire, avec peut-être moins de liens pour ne pas créer des épaisseurs indésirables et inesthétiques.

Le décolleté n’est pas trop ostentatoire, recouvre bien la poitrine et à l’air légèrement arrondi alors que d’habitude il me semble plus rectiligne sur les modèles classiques.

  1. La partie brodée qui orne le buste est amovible

La preuve, sur la photo précédente, elle n’y figure pas, mais dès que la cérémonie commence et que Sansa apparaît, cette partie est en place.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Son but est, à mon sens, purement décoratif et reprend les armoiries de la famille de son époux (les lions). Cela peut servir aussi à cacher les liens sur le coté.
Cet ornement est composé de deux morceaux, qui se lacent sur les cotés, l’ensemble est indépendant de la robe et est amovible.
Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Au niveau du cou, dans le dos, ça remonte pour former comme un col brodé.
Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Pour voir clairement la partie dos de l’ornement, voir la photo présentant le nombre de pièce de la robe, point suivant.

  1. Il y a en tout 11 pièces de base pour former la robe

Comptons ensemble… Le demi-devant comporte 2 pièces, comme vous pouvez le voir sur cette superbe infographie digne d’un grand journal : le devant et de coté devant.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Le demi-dos comporte également 2 pièces, le dos et le coté dos.
Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Entre le dos et le devant se trouve une pièce intermédiaire dont j’ignorais tout avant de me pencher sur cette robe, le petit coté. Il a une importance particulière dans le design de cette robe, nous allons y revenir plus tard.
Donc 2 + 2 +1 = 10 pièces, plus le devant qui est coupé deux fois dans notre tissu pour l’effet superposition du cache-cœur, on se retrouve à 11 pièces.
(bien entendu, ce calcul ne tient pas compte d’éventuelles parmentures, de la doublure, renforts, parements d’ourlet etc…)

  1. Au niveau du petit coté, il y a des plis/fronces pour donner de l’ampleur sur les hanches

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Je pense qu’il y a un « hips padding » (coussin de hanches ?? rembourrage de hanches ?? je ne connais pas le terme français) pour soutenir tout ça, comme cela existait pour le style New-Look de Christian Dior. Il s’agit en gros d’une épaulette géante, mais pour les hanches, une sorte de coussin pour accentuer la silhouette caractéristique de sablier.

Gertie en parle sur son blog, il s’agirait d’une version améliorée de cela, vu sur le blog de Peter Lapin.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

  1. La partie jupe n’est pas du tout près du corps

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

On voit bien que la robe s’évase directement au niveau de la taille, pas au niveau des hanches. Le corsage est très ajusté, et ensuite la partie jupe part en corolle. Dans le dos, les pans sont plus longs pour former une traîne. Si cette robe ne pesait pas 50kg de tissu, je suis certaine qu’elle « tournerait » magnifiquement.
sansa_traine, Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

  1. Les manchons commencent et s’arrêtent au niveau des coutures du petit coté

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

On ne conserve que la partie supérieure de la tête de manche, on voit d’ailleurs qu’elle est doublée.

  1. En dessous, elle porte un fond de robe

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Basé sur le même patron de base apparemment mais très simplifié, en tissu léger (lin fin, baptiste de coton). Une sorte de doublure indépendante, en quelque sorte.
Ce fond de robe n’a pas vraiment d’ampleur, il s’agit juste ne de pas avoir la robe en contact direct avec la peau.

Il n’y a pas de manches et il se ferme de la même façon que la robe de mariée.
Durant l’épisode, quand elle se change, on ne voit que le fond de robe et la robe, mais il n’est pas impensable que pendant les scènes, elle porte une crinoline ou plusieurs jupons pour conserver la forme évasée bien en place quand elle bouge. Mais là, on est dans le domaine de l’extrapolation… Le tissu peut sinon avoir tellement de tenue qu’il tient tout seul.

sansa_traine, Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Corset ou pas, en dessous?

Pour continuer dans le domaine de l’extrapolation de ce qui peut être porté en dessous de cette robe, je souhaitais faire une parenthèse corset. J’ai l’impression que la jeune fille se tient bien droite mais je ne serai pas surprise qu’elle porte un corset en dessous de ses grandes robes. La preuve, dans l’épisode 6 de la saison 2 « The Old Gods and the New », on le voit bien quand elle s’enfuit. Dans l’épisode 4 de cette même saison, « Garden of Bones », quand elle se fait bien taper sur la tronche par le vilain Joffrey on en aperçoit un morceau.

Sansa-robe-dessous

Sur le site Westeros.org, il est indiqué qu’elle en porte pendant le tournage.
Alors j’ai du mal à croire que le jour de son mariage, elle n’en porte pas… On n’a simplement pas l’occasion de le voir. D’ailleurs, il me semble que dans le bouquin il est mentionné. Bref, c’était une parenthèse.

  1. Le tissu

Il s’agit d’un tissu relativement épais, on voit bien qu’il est lourd à la manière dont il tombe quand elle l’a en main, pour grimper les marches et à la façon dont il se dispose derrière elle.

sansa-tissu
A mon avis, la robe est certainement entièrement doublée, voir même triplée avec un tissu comme de la toile tailleur pour avoir encore plus de tenue. Le tissu d’origine doit certainement avoir pas mal de tenue.

Peut-être que l’intégralité de la robe n’est pas triplée, la partie corsage n’en pas a forcément besoin, surtout s’il y a effectivement un corset. La triplure est certainement concentrée au niveau de la partie jupe.
Les tissus utilisées pour les robes de la belle (tout au long de la série, et surtout lors de la saison 3) ressemblent fort à des tissus d’ameublement. On ne parle pas de la grosse toile IK** pour faire des coussins ou recouvrir un canapé, mais plutôt de beaux tissus damassés (on retrouve l’aspect contrasté mat et brillant).

  1. Coupés dans le biais ? Droit-fil ?

Là je ne sais pas trop….On voit bien sur les différentes photos que les motifs de la robe s’enchaînent en « miroir », qu’ils se font face. Est-ce que cela veut forcément dire que la robe est coupée dans le droit fil et que la couturière a assuré du tonnerre pour raccorder les pièces ? Je n’en suis pas certaine, mais je ne suis pas assez connaisseuse pour l’affirmer. Ces pièces peuvent avoir été coupées tête bêche, ou alors le motif du tissu a naturellement une symétrie en son centre. Pour moi, c’est le gros point d’interrogation de cette robe.

Là je suis dans l’émission d’hypothèses d’hypothèse (oui, ça doit exister, des hypothèses d’hypothèse)…
Quand on cherche des informations concernant le damas et ce style de tissage, on se rend compte que dans l’ensemble, ces tissus sont basés sur des armures satin.
Ce qui voudrait dire que le « fond » de notre tissu aurait ce léger aspect « en diagonal » commun aux tissages de ce style. Les motifs eux, donnent plutôt une impression d’horizontalité, ceci peut être dû à la mise en avant (ou non) des fils de couleur contrastante.

Si je mets en parallèle un damas de référence, une brocatelle (étoffe réalisée sur un métier jacquard, comme peut l’être le damas) et le tissu de la robe, que je plisse mes yeux très fort et que je zoome comme une folle pour voir la trame du tissu, j’obtiens à peu de chose près ceci.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

La flèche bleue montre les fils de trame, bien horizontaux, et la flèche verte les obliques du tissage des motifs.
On voit que les « sens » des fils visibles concordent d’un échantillon à l’autre, j’en déduis donc, d’une manière très peu scientifique, qu’au vu de l’inclinaison des fils de trame par rapport au droit-fil supposé des pièces, qu’elle doit être coupée dans le droit-fil et non dans le biais.

Autres arguments fumeux pour justifier cette conclusion :

  • couper une robe comme ça dans le biais, ça doit coûter un bras, il faut garder les sous de la série pour les effets spéciaux ;
  • vu l’ampleur des pans de jupe, les cotés se trouvent  forcément dans le biais et gondoleront naturellement.

Il y a certainement beaucoup d’autres détails que je n’ai pas relevés, tout simplement parce que je ne les ai pas vus, il n’est pas facile de trouver de belles photos de référence de cette robe. Encore une fois, tous les points qui sont énoncés dans cet article ne sont que des suppositions ! Je ne suis ni experte en costume, ni experte en couture, juste une fan très intéressée !

Maintenant voici mon bilan « on garde, on garde pas, on modifie » de la liste d’éléments énoncés ci-dessus :

  • Forme robe portefeuille : on garde
  • Système de fermeture par liens : on garde
  • Décolleté légèrement arrondi : on garde
  • Patronage en 11 pans : on garde
  • Élément brodé amovible : on modifie
  • Plis/fronces sur les hanches : on jette
  • La jupe corolle hyper large : on modifie
  • Les manchons : on garde
  • Le fond de robe : on modifie
  • Corset : on jette
  • Entoilage et triplure : on modifie / on jette
  • Le tissu d’ameublement : on modifie

L’aspect robe portefeuille : c’est évident, on garde (en même temps, c’est la base, si on garde pas ça… autant coudre un pantalon direct !). Pour l’avoir testé sur ma Tunique Ice and Fire, ce système de fermeture par liens est très confortable, on ne va pas changer une équipe qui gagne. Par contre, pour le coté plus classe, sur la partie visible je pense remplacer les liens par des boucles et de jolis boutons « boules ».

Un décolleté plus arrondi peut se tenter, en espérant que cela ne pénalisera pas la bonne tenue de cette partie qui est tout de même dans le plein biais… Ruban droit-fil, tu vas pouvoir nous éblouir.

Le petit coté semble être un élément totalement absent de l’univers couture sur internet. J’ai remué Google dans tous les sens, j’ai testé des tonnes d’associations de mots, mais « découpe princesse » et « petit coté » ne donne aucun résultat pertinent. « Petit coté » et « couture » tout seul non plus… J’ai tâté le terrain chez les english, mais mes recherches étaient restreintes et infructueuses. C’est dans le livre de Line Jaque que j’ai trouvé quelques informations : on peut diviser une découpe princesse traditionnelle différemment s’il y a une nécessité que les pans de jupe soient tous d’une largeur identique pour des raisons esthétiques. D’après Line Jaque, c’est plus facile de répartir la largueur d’un demi-corps en découpes égales sur 5 bandes que sur 4, faut tenir compte un minimum de l’emplacement des pinces et tout et tout. Pour des personnes fortes, il est même possible de découper 6 bandes, donc 2 petits cotés !
Je décide de relever le défi du petit coté, quitte à faire son patron, autant jouer le jeu du copycat et tenir compte de cette particularité, surtout si elle permet une belle répartition de l’ampleur de la jupe.

Pour ceux et celles que ça intéresse, une gentille lectrice, Asvaah, m’avait donné dans son commentaire une référence vers un patron Butterick de robe avec découpe princesse et petit coté. Je n’ai jamais croisé un autre patron présentant cette découpe.

L’élément brodé amovible qui entoure le corps : on modifie. En l’état, c’est inutilisable et pas du tout portable au quotidien. Mon but est de pouvoir sortir de chez moi sans me faire caillasser dans la rue. Je pensais le remplacer par une bande brodée le long de l’encolure, selon la nature et le style du tissu.

Les plis et les fronces au niveau des hanches, je pense que dans mon cas, vu que j’ai déjà des hanches assez imposantes, on va éviter de remuer le couteau dans la plaie et on va simplement s’épargner une disgrâce supplémentaire. Même si je trouve que le concept est intéressant.

La partie jupe de cette robe reste un problème épineux : l’aspect corolle donne beaucoup de charme au modèle, mais est-ce que ça ne va pas accentuer l’effet « gros fessier » dans mon cas ? Bon, on évite 50% des dommages en ôtant les plis des cotés mais le doute subsiste.
Ma décision : l’ampleur commencera un peu en dessous des hanches, afin de donner une forme « sirène » et non « tente ».

Les manchons : je suis fan, on y touche pas. Je les avais déjà reproduit dans la version crash-test et j’adore ça.

Le fond de robe ne me paraît pas nécessaire pour une robe à porter au quotidien, je pense le remplacer par une doublure. Concernant la couche de triplure de ce modèle, je pense m’en passer pour des raisons pratiques, au quotidien ça risque de donner un aspect trop solennel au modèle. Par contre j’entoilerai bien les parties sensibles pour une belle tenue.
Le corset ? La question ne se pose même pas à mon sens pour une tenue « bureau-compatible », même si ça pourrait être rigolo pour une soirée.

Le choix du tissu sera délicat, car il se fera en fonction du métrage qui sera nécessaire. Pour une version à porter au quotidien, je pense tabler sur un coton pas trop lâche, ou un lin épais, avec une doublure en coton également. Le dupion de soie serait certainement idéal, mais la cagnotte ne le permettra jamais. Concernant le métrage du tissu principal, pour une robe version longue jusqu’au sol, pour les pièces principales + les parmentures + les parements d’ourlet (comme l’ourlet sera arrondi et pour qu’il soit bien formé), j’estime que 10 mètres sont nécessaires. Et oui, ça calme, et ça ne prend pas en compte la doublure (estimation à 8 mètres). Grosso modo…

Je pensais faire une version « courte », aux genoux, plus simple à sortir et à assortir, on gagne quelques mètres mais on passe certainement difficilement en dessous de la barre des 5,50 mètres de tissu principal et 4 mètres de doublure.

Heureusement que j’ai fait le plein de tissus à 1 euro le mètre chez Tissu Eco, ça allège considérablement l’addition !! J’ai également fait le plein de papier kraft chez Aldi, profitant d’une promo car il va falloir les tracer, toutes les graaaaannndes pièces.

Pour récapituler, voici de bien beaux schémas… Tout d’abord, la robe originale, celle de Sansa  dans la série.

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage, devant

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage, dos

 

Ensuite, la version que je compte réaliser. Que je vais essayer de réaliser…

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,

Ma robe Sansa, inspirée de la série Game of Thrones, découpes princesse, patronage,
Prochaine étape : la réalisation du patron. Préparer-vous mentalement, l’article sera certainement aussi long !!

Bravo si vous avez tout lu!!!

signer

Concours IKEA « les Créatrices du quotidien »

ma participation au concours IKEA, créatrices du quotidien, tissu ikea, couture suédoise, robe,

Encore des dessins! Vous l’avez peut-être lu sur le site communautaire « Thread and Needles », Ikea organise un concours de stylisme. Oui, on peut appeler ça du stylisme… Il s’agit de choisir, parmi la sélection de tissus proposés, ceux qui nous tentent et de proposer un croquis de vêtement avant la date butoir.

ma participation au concours IKEA, créatrices du quotidien, tissu ikea, couture suédoise, robe,ma participation au concours IKEA, créatrices du quotidien, tissu ikea, couture suédoise, robe,Voici les deux motifs qui m’ont tentés, des couleurs qui s’accordent, des lignes et des dessins enfantins… Pourtant, ce n’est vraiment dans mon style habituel, mais il faut bien bouleverser ses habitudes de temps en temps! En voilà l’occasion.

J’ai dessiné une robe sans manches, cintrée, qui se ferme sur l’avant par des boutons. Cette robe est asymétrique, un coté est décalé verticalement par rapport à l’autre. Des poches à rabats dans le tissu contrastant sont cousues sur les cotés. La patte de boutonnage et l’encolure sont bordées par un parement de tissu assorti aux poches.

Ce tissu se retrouve aussi dans le bandeau pour les cheveux, petit détail qui ne demande pas trop de travail…

ma participation au concours IKEA, créatrices du quotidien, tissu ikea, couture suédoise, robe,Voici la vue du dos, on voit qu’une martingale marque la taille. Sous cette martingale, on retrouve un pli creux qui donne un peu d’ampleur à l’arrière. Pas d’asymétrie, je voulais éviter un vêtement totalement bancal…

Avez-vous remarqué les chaussures? Je pense qu’il est possible d’appliquer un tissu sur les sandales pour les personnaliser.

ma participation au concours IKEA, créatrices du quotidien, tissu ikea, couture suédoise, robe,C’était un plaisir de réaliser ce montage! Les tissus Ikea sont colorés et originaux, y’a de quoi faire!

Il y aura 10 gagnants, qui recevront en cadeau une machine à coudre et… et… surtout, qui verront leur création réalisée par une couturière et portée par un modèle pour être présentée dans les rues de Paris à l’occasion de la Textile Week Ikea. Wow, classe! En tout cas, ça me fait rêver!

A toutes celles (et ceux) qui participent, je vous souhaite bonne chance!!

 

Stage d’impression textile au Musée d’Impression sur Etoffes de Mulhouse

Vous voulez savoir où je traînais mes guêtres samedi dernier ? Non ? Si, si, si, je suis certaine que vous brûlez d’envie que je vous raconte, une fois de plus, ma palpitante existence. En même temps, si tu as prit le temps de lire le titre….

Et bien oui, j’étais au Musée d’Impression sur Étoffes de Mulhouse, pour un stage d’impression textile/patchwork. Si y’a bien un truc cool à Mulhouse, c’est bien ce musée.

Le but du jeu est d’imprimer manuellement des morceaux de tissu avant de les assembler selon un patron (je ne sais pas si on dit patron pour du patchwork) bien précis qui nous donnera à la fin un joli plaid pour décorer le canapé.

« Il est beau ton plaid… Il est doux, il est neuf ?
- Oui je sais qu’il déchire, j’lai imprimé et cousu moi-même, je balaye toute la chaîne de la production textile, tu vois… »

La classe, non ? Je m’y vois déjà. Genre!

Mais, mais mais… Le patchwork, je n’y connais rien du tout, l’impression textile encore moins (quoique… mais ceci sera le point central d’un autre article dans quelques semaines, suspense !), je rassemblais donc toutes les qualités requises pour me lancer à tête perdue dans cette aventure. C’est évident !

Pour bien commencer la journée, j’arrive en retard. Pas vraiment d’excuse valable à fournir, j’avais en tête l’horaire d’ouverture du musée alors que l’atelier débutait 30 minutes avant. En plus, j’ai confondu mon groupe d’imprimantes/imprimeuses avec un groupe de visiteuses qui attendait dans le hall, j’ai donc re-perdu du temps… Tant pis pour moi, quand t’es mauvaise, ça te poursuit, faut bien s’en accommoder.

Nous sommes une dizaine d’apprenties, de tous âges et d’horizons divers et variés. Devant nous, la grande table d’impression est garnie de cadres en bois dont le fond est en feutre et qui nous servirons de supports pour la peinture textile. Première précaution, tablier pour tout le monde, j’ai prévu mon coup, un vieux jean qui ne craint rien et une chemise foncée, avec le tablier, je devrais survivre à cette épreuve.

Les deux personnes qui encadrent le cours nous décrivent brièvement le matériel devant nous et nous expliquent la première étape : maintenant, faut couper des carrés et des rectangles selon des mesures qui nous sont indiquées.

Cette phase fut laborieuse, mais je m’en suis sortie indemne, j’avais du tissu en rab, le matin même j’avais retrouvé dans mon armoire à coupons un reste de lin gris clair qui s’est ajouté à mon coupon de coton beige. J’ai découpé mes carrés et mes rectangles, comme tout le monde, j’en ai fait des petits tas pour m’y retrouver, je m’amuse follement.

Les nouvelles indications arrivent, maintenant, au boulot, faut imprimer les filles ! Le coté fun arrive, le choix de nos plaques d’impression. Nous avons accès à une sélection de plaques anciennes, certaines du 19eme siècle, pour réaliser nos imprimés. C’est génial, non?

Je choisis une plaque avec un motif simple et qui semble bien se raccorder. J’ai bien repéré le superbe motif cachemire, mais je ne suis pas suicidaire, jamais je n’arriverai à positionner précisément la place pour que les fleurettes s’enchaînent, je connais mon niveau de précision, et il est tout juste moyen.

Comme j’ai deux couleurs de tissus, mon coton beige et mon lin gris, je décide de n’imprimer qu’en noir. Tout d’abord, parce que ça ira bien avec les couleurs de l’appart et parce que je n’ai pas envie de voir l’incarnation plaid de Bozo de Clown dans mon salon.

La peinture noire sent les œufs pourris, un vrai régal. J’ai mon petit rouleau et mon pinceau, je badigeonne mes plaques, je pose, je presse, je décolle, je m’extasie parfois, parfois moins et petit à petit, je décore mes morceaux de tissu unis.

Il y a des fils le long des étagères, c’est pour faire sécher nos œuvres ! Il y en a un peu partout, de toutes les couleurs, ça donne une atmosphère assez sympathique.

Nous nous arrêtons tout de même vers 13h pour grignoter nos salades et sandwichs respectifs et nous partageons des douceurs dont un des deux cakes au yaourt que j’avais réalisé la veille pour me déculpabiliser d’abandonner une fois de plus mon homme. Il a eu beaucoup de succès, je vais d’ailleurs vous livrer la recette en fin d’article.

En milieu d’après midi, nos séries sont (pour la plupart) imprimées, nous passons à la seconde étape : l’assemblage.
Nous avons à présent accès au 2eme étage du Musée, qui recèle tous les trésors de ce bâtiment : les livres anciens qui répertorient de motifs des tissus depuis 1833 (information trouvée sur le site du musée). Ils sont impressionnants, déjà par leur taille (60cm de haut) et par leur âge.

Avant de coudre, il fallait déjà rassembler nos morceaux pour ordonner de manière à avoir un patchwork cohérent et bien structuré.

J’avais bien entendu noté les mesures sur chacun de mes bouts de tissu, mais, en bonne blonde que je ne suis pas, j’avais imprimé en noir sur mes annotations. Je ne savais plus quelle série correspondait à quoi, la misère totale, je devais tout mesurer à nouveau, identifier mes séries, classer. Super relou. C’est de ma faute, quand on a n’a pas tête, on a du temps !

Nous avons pu voir la méthode d’assemblage et je pourrai m’en sortir seule à la maison. Je me doutais bien qu’il était impossible en une journée de repartir avec un plaid tout beau tout fini dans les bras.

Après une telle journée, j’étais vannée et je n’ai plus fait grand-chose. En tout cas, si vous avez un jour l’occasion de tester un atelier de ce style, n’hésitez pas car c’est une expérience enrichissante et vraiment originale.  De plus, j’avais accès à des plaques d’impression uniques.

Il me reste encore mon patchwork à coudre !! J’ai tous mes petits tas classés et numérotés, il me faut à présent prendre le temps de les coudre ensemble afin de donner à ce travail sa forme finale.

Si vous voulez plus d’informations sur ce stage, je vous invite à contacter le Musée d’Impressions sur Etoffes de Mulhouse.

Oh, j’allais oublier la recette, que j’ai rebaptisée « Cake impressionnant » (z’avez vu mon jeu de mot avec le mot « Impression »?). Il s’agit d’un cake au yaourt, à base de kéfir, il y a de quoi faire un grand cake et un petit. C’est facile en plus, toutes les mesures sont en fonction de votre pot de base!

  • 1 pot de kéfir de 500g (acheté en allemagne, en france on en trouve aussi, en brique je crois, dans le rayon frais vers le beurre)
  • 2 pots de farine
  • 1/2 pot de sucre complet
  • 1/2 pot d’huile
  • 1/2 pot de poudre d’amande
  • 2 oeufs
  • 1 sachet de levure
  • 1 conserve de poires au sirop
  • des pépites de chocolat (des papillotes coupées font très bien l’affaire, c’était le cas pour ceux là!)
  • 1/2 pot du jus des poires

Ce n’est pas très compliqué, il suffit de mélanger kéfir, oeufs, poudre d’amande, farine, sucre, huile, jus de poires et levure pour obtenir une pâte lisse et collante, on rajoute les morceaux de poires ainsi que le chocolat en morceaux. On touille mais pas trop pour que ça ne soit pas de la bouillasse et au four à 180°C pendant 50 min.

C’est un cake qui se garde super bien et qui est bien frais, j’espère qu’il vous plaira. Je n’ai pas de photo du cake, il n’en restait plus ;)

 

// Cet article a été relu et modifié

Tendance « Petite maison dans la prairie », ou le retour du tablier.

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensC’est le come-back du tablier, ça faisait longtemps, hein? Ben oui, pour le concours de Thread and Needles, il faut faire plusieurs types de photos, chaque pièce doit être portée séparément. Pour le pantalon, c’était fait il y a longtemps, maintenant il fallait que je vous montre la seconde option pour porter le tablier paysan. Un petit air de Laura Ingalls qui a croisé Tim Burton, n’est-il pas?

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensCette fois-ci j’ai décidé de ne pas déranger mon homme et je suis partie toute seule, mon pied photographique et mon intervalomètre sous le bras (façon de parler, hein!) et de me débrouiller comme une grande, comme je le fais d’habitude. Parce qu’il faut pas se leurrer, l’homme n’aura pas toujours envie de me suivre dans mes lubies photographiques.

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martenstablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensHier, en revenant des courses, je me suis souvenue que tout près de chez moi il y a une sorte d’étang. Je n’y vais jamais car le week-end c’est blindé de vieux pêcheurs tendance beaufs à bière et de familles à poussettes 4×4 et que, par conséquent, c’est pas hyper pratique de s’installer pour faire des autoportraits.

Mais un soir de semaine, quand il fait froid et qu’il y a de la glace sur l’étang, pas de pêcheurs, pas de poussettes ni de passants pour me demander ce que je fais et si j’ai besoin d’aide (nannnnn, j’me débrouille toute seule!).

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensRien de bien spécial à redire sur ce tablier, étant donner que c’est rigoureusement le même que dans le précédent article, j’ai juste changé la tenue.

J’ai opté pour une jupe longue et froufroutante que je traîne depuis des lustres, et ma foi, le résultat n’est pas si mal!

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensOn reste dans la même ambiance que pour la précédente série, mais c’est un peu normal car le tablier est un élément très fort et c’est lui qui donne le ton de l’ensemble! De plus, d’après le concours, la pièce doit s’accorder avec le reste de la garde robe, et comme j’ai pas mal de fringues dans ce style… Ben j’suis dans les clous pour le concours. ;)

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensLa jupe apporte un coté gonflant au tablier. J’ai rajouté un ancien châle noir crocheté par ma grand-mère (oui, la fameuse, celle qui est dans le mannequinat), déjà parce qu’il faisait pas chaud, et surtout parce qu’au niveau style ça collait bien.

Et n’oublions pas…

tablier, lisette, couture japonaise, tissu ameublement, tissu ikea, jupe blanche, style paysan, style folklo, châle, doc martensLes belles Doc Martens! Qu’aurais-je aux pieds si je ne les avais reçues à Noël?? Qu’avais-je aux pieds avant?

Réponse : d’autres vieilles docs d’un bleu marine éraflé, mais pas des montantes ;) Et pas aussi jolies, et pas offertes par mon chéri.

Remarque pertinente à propos de cette série de clichés : si vous avez bien tout lu, j’ai dis que c’était vers un étang que je m’étais installée avec mon kit de la photographe amatrice de base, pourtant on ne voit pas d’eau sur les photos, nul part. J’anticipe vos remarques, hein! Ben oui, j’ai pas réussi à prendre des belles photos au bord de l’eau, trop de contrejour, pas assez de connaissances dans les réglages de mon appareil, snif… La honte! Ce sera mieux la prochaine fois.

De l’art au bout des doigts

Porter de l’art, c’est courant à présent, via des Tee-shirts qui reproduisent des œuvres connues mondialement mais aussi des séries limitées par des jeunes artistes.

Et si l’art ne se portait pas que sur nos poitrails, mais aussi, plus subtilement, sur les instruments qui nous aident à créer, à savoir nos mains ?

En flânant dans la boutique du Musée d’Impression sur Etoffes de Mulhouse, je suis tombée nez à nez avec un nouveau label que je ne connaissais pas, FST Handwear. Évidement, je suis repartie avec une paire de gants (non, je mens, deux !) mais j’ai voulu en savoir plus…

Les 3 créateurs (Benjamin Cuier, Philippe Larguèze et Simon Baret) sont originaires de Grenobles, capitale historique de la ganterie de luxe et décident de bousculer les fondamentaux de l’univers traditionnel de cet art en transformant le gant en un vecteur de communication et d’expression. L’aventure artistique de FST Handwear débute en 2008 et depuis, les collaborations artistiques et les séries limitées se suivent et (surtout) ne se ressemblent pas.

 

Quelques exemples des nombreux modèles femmes disponibles

 Un mot d’ordre de la marque est la mise en avant d’un savoir faire local en travaillant essentiellement dans la région de Grenoble. FST Handwear a d’ailleurs été récompensé en 2009 pour sa démarche en terme de développement durable.

 Les gants sont fabriqués en maille technique respirante doublée en microfibre, l’impression est réalisée à base d’encres à l’eau, sans solvant. Je les trouve très légers et très souples, ils épousent bien la forme des doigts sans serrer.

 Au-delà de simples accessoires de mode, ces gants sont des oeuvres d’art qui s’affichent lors de diverses expositions (voir la liste sur le blog de leur site).

En plus, ils existent des modèles hommes et femmes, à offrir où à se faire offrir tout en soutenant une jeune entreprise innovante et créative !

 Pour admirer les modèles, comme un galerie de tableaux, je vous donne rendez-vous sur leur site http://www.fsthandwear.com

 Je précise que je n’ai pas d’actions chez eux, et que je ne les connais pas personnellement, mais j’ai trouvé leurs gants tellement chouettes et leurs idées tellement bonnes que je pensais qu’en parler un peu pour diffuser cette découverte ne ferait pas de mal!!

La dentelle aux îles Canaries

Une spécialité canarienne est la confection de dentelles. Il en existe de plusieurs sortes, certaines sont travaillées avec comme base une étoffe dont une partie de la trame est retirée, d’autres se façonnent comme une toile d’araignée.

La broderie représente la plupart du temps des motifs floraux, des paysages mais aussi des motifs géométriques. Ce type de travail est exclusivement fait à la main. Sur la photo, il s’agit d’une petite boutique de dentelle du coté de Larajes, à Fuerteventura.

La calado canario, la dentelle en lin, est un art qui se transmet de mère en fille. On trouve des belles pièces (nappes, serviettes, individuels, rideaux) dans toutes les îles, (dont Fuerteventura) mais en particulier à Ténériffe qui concentre la production des îles voisines. Ce type de travail se fait à l’aide d’un cadre en bois sur lequel l’ouvrage est fixé et en suite on travail avec du fil de coton ou de lin, avec une aiguille. Il faut des semaines pour faire une nappe! Tout ce que j’ai vu dans cette boutique était superbe, très travaillé. Bon il faut avoir l’intérieur qui va avec, car la nappe à dentelle, c’est tout de même assez particulier, mais j’admire le travail et la dextérité des personnes qui pratiquent cet art.

Cet art est aussi appelé « Dentelle de Ténériffe » ou « Sol Lace » quand il est travaillé « en rond », en forme de soleil ou de roues.

Les fils sont tendus sur une circonférence, puis les espaces entre les fils sont « brodés » à l’aiguille. Les motifs sont souvent circulaires et l’utilisation d’un coussin spécifique est nécessaire. Cet accessoire ressemble à un coussin à épingles classique, sauf que des épingles sont plantées en cercle, il n’y a que 2-3 millimètres qui dépassent, la dentellière s’en sert pour former les ronds. Je n’ai pas eu l’occasion d’observer quelqu’un pratiquer, je ne peux en dire plus. Il est également possible d’utiliser un morceau de bois avec des clous.

La différence entre une dentelle de bonne qualité et une de qualité moindre est la densité et la complexité des motifs, mais aussi la grosseur du fil, plus le fil est épais, moins la qualité est importante.

Celle là, c’est de la bonne…

Celle là, un peu moins….

Voici quelques photos de ces fameux cercles, qui sont assemblés sur de la toile de lin pour faire des nappes et des serviettes.

Les prix étaient assez élevés, sinon j’aurai craqué pour 2 mètres de dentelle sous forme d’un long ruban de 10 cm de haut, mais c’était plus de 60 euros, et comme je ne savais pas encore exactement comme l’utiliser, je n’ai pas sauté le pas…

Avec un peu de recul, je pense que sur un robe toute simple, coupe droite, au niveau de la poitrine, ça aurait été très chic. Mais bon, tant pis, maintenant c’est trop tard.

Il y avait bien un livre sur la dentelle avec des explications, mais il n’était que disponible en espagnol et mes connaissances se limitent à Hola et Gracias, ce qui ne m’aide pas tellement dans ce cas!

Je ne m’étais jamais penché sur la dentelle avant, sur la manière de la faire et les différentes dentelles qui existent, mais faire quelques recherches sur la calado canario m’a fait découvrir pleins de choses. Par contre, il y a très peu de ressources sur cette dernière sorte de dentelle, qui n’est visiblement pas très connue ni très demandée.

Voici cependant quelques liens (d’où sont tirées quelques photos de cet article, en complément des miennes)

Top inspiré d’Erté, réalisé au Musée d’Impressions sur Etoffes

J’en avais parlé au début de mon blog, j’ai participé à une journée au Musée d’Impression sur Etoffes de Mulhouse pour un stage de couture dans le cadre de l’exposition Willy Maywald. C’était il y a un bout de temps, j’admets, je n’en ai plus reparlé par la suite pourtant j’ai bien fait un vêtement !

Les 2 animatrices du cours ont proposé de réaliser un top inspiré d’un dessin du styliste Erté, un dessinateur de mode de la période Art déco. J’avais déjà lu quelques lignes sur lui dans le livre « Jazz Age Beauty » et en faisant des recherches sur les Ziegfeld Follies, en effet c’est lui a dessiné bon nombre de costumes et de décor. Son style de dessin est à part, très fin, très détaillé. Je ne suis pas critique d’art et encore moins érudite dans ce domaine, je vais donc m’arrêter là et je vous encourage à lire sa biographie et à jeter un coup d’œil sur ses œuvres pour vous faire votre propre idée.

Chaque participante a choisi un tissu parmi ceux à disposition (ambiance magasin de bonbons !!), et une fois le patron dessiné à partir des instructions, la machine était lancée ! C’est très intéressant de voir les choix de chacune pour les tissus, la méthode de couture, la façon de couper… J’ai adorer partager des expériences avec les autres participantes, il y avait une très bonne ambiance dans le groupe, et les différences d’âges ne rentraient pas en ligne de compte. J’ai opté pour un voile de coton assez rigide, comme sur le modèle présenté par les animatrices. J’ai tout simplement flashé sur la simplicité du modèle… J’ai longtemps hésité entre ce voile de coton et du lin épais pour un effet très « couture nature », mais j’avais peur d’avoir moins d’occasion de le porter et surtout de l’assortir.

Au départ, je ne voyais sur ma feuille qu’un gros rectangle avec un trou pour la tête et deux pour les bras, mais en réfléchissant un peu (et en écoutant les conseils et les explications), je me suis rendue compte que ce qui fait que ce modèle est sympa et tombe si bien, ce sont les pointes qui sont dans le biais. Et oui, le top est taillé dans le droit fil, par contre, les extrémités se trouvent elle dans le biais et gondolent admirablement autour de moi.

La journée c’est bien déroulée, nous avons eu un petit repas sympa, le musée pour nous entre midi et deux et le soir venu, je suis repartie avec mon top qui n’était pas 100% terminé à mon goût, car je voulais le modifier un peu.

Je n’ai pas fait d’ourlet, mes finitions sont à la main, des ourlets roulottés aux emmanchures et à l’encolure, pour respecter la finesse du tissu. Les deux coutures latérales sont des coutures anglaises.

Ma création « haute couture » est donc restée, blanche et immaculée, accrochée sur mon armoire pendant quelques semaines. Je voulais le teindre en noir mais pas entièrement, faire un effet de dégradé et de coulures, quelque chose de plus abstrait pour aller avec le style très aérien de ce top. J’ai aussi pensé à de la peinture sur tissu, un motif de pissenlit dans le vent, quelque chose de poétique.

 

Un jour, profitant que j’étais seule, je me suis lancée à teindre ce top. Quand faut y aller, faut y aller ! De l’eau bouillante, de la teinture pour tissu (en supermarché), un bac, une chaise de camping, un balcon carrelé et des gants (importants !!) et j’étais prête à tenter l’expérience teinture maison. Mon top était lavé et débarrassé de ses apprêts, je l’ai passé sous l’eau avant d’immergé la partie inférieure dans le bac contenant la teinture mélangée au sel (lire la notice d’utilisation). J’ai ensuite accroché mon top à un cintre, et le cintre à la chaise et j’ai laissé tel quel pendant un petit quart d’heure, en remuant le bac de temps à autre. Au bout de 5 minutes j’ai pris ma bouilloire et j’ai versé de l’eau chaude sur le tshirt, cette eau a dégouliné et rejoint le bac, formant quelques coulures et quelques nuances dans la teinture, comme je le voulais. Une fois tout cela terminé, je rince mon top et il est parti pour un lavage en machine, pour bien fixer la couleur.

Pour le bord inférieur, j’ai opté pour un roulotté avec ma nouvelle surjeteuse et je ne regrette pas d’avoir attendu pour faire cette finition et de ne pas avoir craqué pour un ourlet simple. Le fin roulotté noir termine bien ce top. Je n’ai finalement pas rajouté de dessin sur ce top, je trouve le dégradé suffisant.

Plus je le porte, plus je l’aime, il est tout simple et s’accorde super bien avec un jean pour un look cool ou un pantalon blanc pour un style plus classe. Je pense le refaire en jersey de laine pour l’hiver, à superposer avec un top à manches longues, ou même opter pour une variante gilet. À méditer !

Dans tous les cas je suis ravie de ce cours qui était une charmante occasion de rencontrer des couturières des environs de Mulhouse et de plus loin (une participante était venue de Paris exprès et une autre de Lausanne) et j’espère avoir l’occasion de les revoir lors d’une rencontre possible en début d’année prochaine. Si chacune met sa création, on fera une bien belle équipe !

 

Art, Culture et Élégance, la haute Couture sous l’objectif de Willy Maywald

Cette exposition se tient au Musée d’Impression sur Étoffes de Mulhouse, du 14 avril au 16 octobre.

Ce sont les belles photos à l’entrée du musée qui m’ont poussées à entrer, je connaissais déjà ce musée mulhousien mais le nom de cet artiste m’était inconnu. J’aime beaucoup l’élégance et la féminité exacerbée de la période présentée, pourtant je n’avais jamais entendu parler de ce photographe allemand, parisien d’adoption. Sa renommée vient de ses photos de mode, il est considéré comme un grand photographe du 20eme siècle. Certains clichés me rappellent celles de Georges Dambier, je suis presque certaines que certaines robes ont été photographiées par les deux. Ce ne serait pas étonnant, après tout ils sont contemporains !

Une brève biographie de cet artiste se trouve dans le communiqué de presse de l’exposition, je ne vais pas copier ici, cela n’a pas vraiment d’intérêt.

Sa réputation grandit dans les années 30, il fréquente les grands noms dela Haute Couturede l’époque : Schiaparelli, Heim, Chanel. C’est à ce moment qu’il rencontre Christian Dior, modéliste de Robert Piguet…

Plus tard, il devient le photographe attitré de la maison Dior et immortalise le New Look : une grande partie des clichés de l’exposition sont des créations de la maison Dior, mais à partir du moment où Yves Saint Laurent la reprend à la mort de son fondateur, conformément au souhait de ce dernier, le photographe délaisse la maison pour se tourner vers d’autres créateurs avant de se retirer lentement de la scène dela HauteCouture, ne retrouvant plus l’antique élégance de cette dernière dans les créations plus avant-gardistes de la génération de Pierre Cardin.

 

Il y a un peu plus de 200 photos dispersées dans 2 galeries dédiées à cette exposition à l’intérieur même du Musée d’Impression du Étoffes, c’est assez déroutant de croiser de gigantesques machines du 18eme siècle à coté de clichés de robe de cocktail en organza…

Mais cela fait aussi le charme de cette exposition, pouvoir comprendre les procédés d’impression (plaque, rouleau…) et voir les réalisations qui peuvent en découler !

 

Willy Maywald fournit ses photos en noir et blanc aux célèbres magazines : Harper’s Bazaar, Vogue, Vanity Fair, il fait également des portraits de célébrités.

Il est un des premiers à faire descendre les mannequins dans la rue pour les photographier dans le cœur de Paris, cette ville qui lui est si chère.

Au travers des originaux (prêtés par l’Association Willy Maywald), on retrouve des anecdotes sur les séances photo de l’époque, ou tout devait se dérouler en quelques heures, voir quelques minutes, les mannequins se changeaient dans la voiture (des voitures étroites mais des robes envahissantes !) et les décors devaient être tout près afin de réduire le temps de « sortie » des modèles qui devaient également être disponibles pour la riche clientèle triée sur le volet qui achetait ses précieuses créations. Parfois, les séances se déroulaient la nuit, pour que les robes soient présentes en boutique le jour ! Dans ces cas là, c’était par exemple sur les escaliers en marbre d’hôtels particuliers.

 

Cette exposition est intéressante car au-delà des belles images, elle retrace aussi le faste d’une époque, tout juste sortie de la guerre,la Franceveut retomber dans un luxe oublié. Cette mode où la profusion de tissus précieux, de dentelles, de plissé set de chapeaux en est la preuve. Ce parcours des années 1930 à 1950 (la plupart des photos sont des années 50) dresse un portrait détaillé d’une période particulièrement fournie de la mode française. Cela permet aussi de découvrir un photographe qui est peu connu en France (cela m’a rassurée de lire ça, je me sentais moins inculte).

Le Musée d’Impression sur Étoffes propose un atelier couture dans le cadre de cette exposition, assez ambitieux à mon avis : « Pendant toute une journée apprenez la Haute Couture avec une professionnelle et réalisez votre propre vêtement digne d’une réalisation d’un grand couturier. Du dessin à la réalisation laissez-vous emporter par la magie de la création et repartez avec votre réalisation !” Si c’est vraiment le cas, et bien je vais pouvoir porter directement samedi 23 une superbe robe Haute Couture faite de mes mains, car en effet, j’ai pu avoir la dernière place pour l’atelier de ce mois-ci.

Affaire à suivre!

 

Pour aller plus loin :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...