L’enjeu des pattes de canard ou la Fierté de Mamie

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Attention, Mamie s’exporte! Elle part à la conquête de la France entière…

En fait, il se trouve que dans la dernière newsletter d’In the Loop, il y avait un paragraphe qui traitait de l’écriture de fictions courtes sur le thème de la laine, et ça m’a fait penser à cette histoire avec Mamie. Alors, Mamie sur un autre site, pourquoi pas après tout?

En plus, la présentation est bien plus jolie qu’ici parce que les filles de ce magazine se cassent la tête pour que ça soit attractif, quand moi je me contente de balancer du texte en vrac.

Cette fois-ci, il s’agit d’une histoire présentée sous la forme de dialogues, pas très habituel pour moi. Du nouveau!

Retrouvez l’aventure de Mamie : l’enjeu des pattes de canard, sur le site In The Loop.

Cliquer pour aller sur le site In The Loop

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De mon coté, je me traîne un peu (beaucoupppppp) et je suis au repos à la maison :(

Pas super fun j’en conviens, mais il semblerait que ça soit nécessaire pour le bien-être de la progéniture. Loin de moi l’idée de balancer, mais la progéniture, elle, ne se soucie pas une seule seconde de mon bien-être et montre une prédilection inquiétante pour les danses irlandaises (celles où on tape des pieds sur le sol tout le temps) dans le bas du ventre.

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Dans la semaine, nous allons reprendre des nouvelles de Mini-Chuck Norris et j’espère que nous allons revenir avec quelques jolis clichés, car pour l’instant nous avons une belle collection d’images montrant ses parties (pas) privées (10000% certain que c’est un garçon…), mais sa petite tête m’intéresserait aussi.

J’ai un tout petit peu cousu et un peu tricoté (savez-vous qu’on peut tricoter en étant vautrée-à-moitié-allongée sur le coté? coincée dans un coussin d’allaitement??), il faut que je me motive à prendre les photos et tout cela sera bientôt sur le blog!

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La non-réalisation de l’ultime prophétie, cimetières et dîner mondain…

Le Doubs… Cela fait quelques mois que WonderMamie n’est pas retournée sur ses terres, les périodes froides ne lui conviennent pas trop, surtout que la maison là-bas n’a pas de chauffage central, on chauffe au bois avec un poêle. Y’a pas le téléphone non plus, Il faut aller sur le pont pour capter un pauvre bâton de réseau mais je vous rassure, on a l’électricité et l’eau courante.
Donc de la fin de l’automne au début du printemps, Mamie reste au chaud en Alsace avec nous et surveille de loin les crues de la rivière qui borde sa maison en priant pour que son jardin et le rez-de-chaussée soient épargnés par les inondations.

C’est mon tour d’accompagner Mamie, le coffre de ma 3008 est rangé, mon jour de congé est posé. Tout ça parce que Mamie, en bonne retraitée de 92 ans, n’aime pas circuler le week-end avec tous les « covolants » (je n’ai jamais vraiment pigé ce qu’était un covolant).
Je suis attendue pour 10h, mais je la préviens dix fois que je vais peut-être avoir un peu de retard car des impératifs se sont glissés dans mon emploi du temps (coiffeur et réparation d’un rétroviseur).
10h15 : je suis devant chez ma grand-mère qui commence (au loin) à me stresser sur le retard qu’on a accumulé. Elle est déjà prête à tout charger dans le coffre alors que la voiture n’est même pas vraiment à l’arrêt.

Retard par rapport à quoi ? A qui ? Sa sœur nous attend à manger à 12h30, des patates ça survit à 5 minutes de retard, non ? Selon mes prévisions, nous avions encore… au moins une heure de rab. Cool Raoul.

« Non, mais c’est pas grave si on est en retard, hein, il ne faut pas que tu te presses sur la route. C’est pas grave, Jeanne elle attendra et puis c’est tout… »

A traduire par : « Ce scandale, tu m’avais dis 10h et tu arrives à 10h15 alors que je t’attends depuis 9h30 ! Je vais devoir fournir des explications à cause de toi, punaise les jeunes ! Génération perdue !! »

Noonnn, Mamie n’est jamais oppressante, jamais. En fait, c’est une sorte de seconde nature chez elle. Sans rien dire, pour ne pas alimenter son moulin (à paroles), je charge les filets remplis de boîtes d’œufs vides, de croûtons de pain, de cartons divers et variés (vides), ainsi que ses bagages. Elle vérifie rapidement mon état : bien coiffée (encore heureux, je sors de chez le coiffeur), maquillée, habillée convenablement. Check, on peut partir.

Pendant tout le trajet, elle ressasse notre retard, le repas de sa sœur qui va être trop cuit (« Déjà qu’elle a plus toute sa tête, j’espère qu’elle se souvient qu’on mange chez elle ! »), tous ces camions sur la route, les 3 voitures devant nous au péage… (« Ils sortent d’où tous ces convolants ? Ils partent en vacances ? Je croyais que c’était la crise ! »)
Mamie est en mode Drama Queen.

Pour tenter de calmer son humeur, je prends un raccourci, une route caillouteuse qui longe des champs. Y’a quelques bosses et 2-3 flaques d’eau, mais rien de dramatique. WonderMamie pousse de hauts cris et m’annonce officiellement que je vais casser ma voiture et qu’elle ne payera aucune réparation car c’était mon idée de passer par cette route pour vaches. Je lui rétorque que ma bagnole c’est un SUV et donc que c’est étudié pour ce genre de route et qu’en plus on va rattraper un peu de notre retard.
« Si on tombe pas dans le ravin en croisant un tracteur ! »

En effet, tomber dans le ravin nous ralentirait sensiblement. N’ayant aucun argument valable et ne désirant pas lancer un concours de mauvaise foi, je laisse Mamie savourer son dernier argument et observer le bord de la route.

A peine sommes-nous dans le village qu’elle baisse ma fenêtre, bravant les courants d’air et faisant siffler son sonotone et qu’elle apostrophe sa sœur qui nous guette devant sa maman.
« C’est à cause de la petite qu’on est en retard !
- Ben les pommes de terre seront un peu trop cuites, tu sais, ça attend pas ce genre de plat.
- Je sais, mais elle (doigt accusateur dans ma direction), elle a traîné, et y’avait du monde au péage et des camions sur la route et… »

Pour remettre les choses à leur place, nous avions rendez-vous pour le repas à 12h30, et là il n’est même pas midi, tout juste 11h30. Et le repas est déjà (trop cuit), et nous sommes déjà en retard. Est-ce la peine de préciser au duo de choc que de parlementer bruyamment en plein milieu de la seule route qui traverse le village (et si un tracteur arrive ???) n’arrange pas le sort des patates ?

Comme toujours, le repas est très vite expédié. J’avais eu le droit de demander un plat à ma convenance et nous avons mangé des pommes de terre au lait, plat typiquement franc-comtois. Ce sont juste des pommes de terre cuites en cocotte dans un peu de matière grasse que l’on mange à la cuillère en les trempant dans un bol de lait. C’est simple, c’est bon, ça me rappelle les vacances (interminables) dans le Doubs de mon enfance.

La tradition veut qu’on aille visiter le cimetière, pour se recueillir sur la tombe du Papi (au moins) ainsi que sur les tombes d’illustres inconnus (à mes yeux) du village. Depuis qu’elle a été opérée suite à une fracture du col du fémur, plus question pour Mamie d’y aller à pieds. Je propose de les véhiculer et je m’éloigne pour aller chercher la voiture. De la rue, j’entends les deux vieilles qui discutent soi-disant discrètement, elles sont les deux sourdes comme des pots et leurs appareils auditifs respectifs demandent des réglages donc la confidentialité est toute relative. Mamie tente une approche « frime mondaine« .

« Oui, cet après-midi la petite doit partir tôt car ce soir elle reçoit des collègues chercheurs de son mari… »

Interprétation toute personnelle de la réalité qui prouve bien que Mamie n’écoute que ce qu’elle veut et qu’elle effectue un tri drastique des éléments de conversation.

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Ce que j’ai dis dans la voiture : « Demain soir, on sort en Allemagne avec des amis, y’a une fête de village qui s’appelle la Fischerfest (la fête des pêcheurs), on va manger avec nos doigts des truites entières plongées dans la friture et descendre des bières du coin et des apfelschorle le tout au rythme de la musique traditionnelle. On va rentrer tard en puant le graillon et on remet ça le lendemain midi. »

Les fameuses truites frites entières, avec le morceau de pain maison pour accompagner. Légèreté quand tu nous tiens...

Les fameuses truites frites entières, avec le morceau de pain maison pour accompagner. Légèreté quand tu nous tiens…

Et on oublie pas la bonne Pils pour accompagner. Mon homme préfère les la Bratwurst locale au poisson.

Et on oublie pas la bonne Pils pour accompagner. Mon homme préfère les la Bratwurst locale au poisson.

Ce que Mamie a bien voulu interpréter : « Je vais préparer un dîner super High-Tech pour les collègues et amis prestigieux de mon Docteur en Physique de Mari, afin qu’ils soient tous époustouflés par notre vie de couple, notre intérieur de charme, ma cuisine et ma classe naturelle. Je prendrai à cœur mon rôle d’épouse et serai gracieuse, gentille et serviable car je sais où est ma place dans ce monde. »

Comme vous pouvez le constater, ça a tout du dîner mondain que Mamie s'imagine.

Comme vous pouvez le constater, ça a tout du dîner mondain que Mamie s’imagine.

Nous arrivons au cimetière, nous n’avons croisé aucun tracteur donc notre vie n’a pas été mise en danger inutilement. Mamie et sa sœur trouvent immédiatement un sujet de plaisanterie, parce qu’elles ont la vanne facile et l’esprit ouvert.
« Tu te souviens du jour où on a inauguré ce nouveau cimetière ! Qu’est-ce que c’était classe de dire qu’on avait des tombes dans le nouveau cimetière
- Ah oui, c’est vrai. Et dire qu’à l’époque tous nos morts étaient dans l’ancien cimetière autour de l’église. Nous étions gamines, moi j’aurai bien voulu qu’on ait des morts dans le nouveau cimetière.
- Maintenant c’est le cas, vous êtes contentes je suppose ?
- Oui, il est bien ce cimetière, il est bien ensoleillé. Un bien beau cimetière, bien entretenu, bien conçu. (Mamie, expert ès-cimetière)
- Du soleil, y’en a c’est certain, on va crever d’une insolation. (Jeanne, toujours le mot pour te donner le sourire)
- On sera au bon endroit au moins. La petite aura qu’à utiliser la pelle qui est vers le bac pour les fleurs mortes. »

Bien entendu, ça les fait rire, et c’est à coups de canne qu’elles avancent vers les tombes de la famille.

« Tu te souviens que le premier à être enterré dans ce cimetière, c’est celui qui l’a construit ?
- Ah oui, c’est vrai ! C’est drôle quand même. Il en aura profité de sa création ! »

Glauque, vous avez dit glauque ? Ce n’est pas terminé.

« Ah bah tiens, Jeanne, toi qui disais que tu allais mourir l’an dernier, tu m’as l’air bien en forme pour une mourante. Ta prophétie, c’était du grand n’importe quoi. Tu n’es pas morte et c’est bien fait pour toi.
- Bah, ça va pas tarder… »

Pour rappel : lors de mon dernier voyage dans le Doubs, Jeanne nous avait assuré qu’elle décéderait pour sûr dans l’année, car un certain nombre d’évènements avaient eu lieu, pareille suite ne s’était pas enchaînée depuis le décès de leur mère il y a des années de cela.

La journée ayant atteint le summum de la bonne humeur et de la positive attitude, je reprends ma route vers l’Alsace en m’arrêtant au passage faire le plein de victuailles pour mes amis : saucisses paysannes, fromages… C’est en immersion dans les effluves fumés des Morteaux que je rentre chez moi, en pensant au repas officiel pour les collègues de mon mari que je vais devoir préparer… ;)

Comment garder son homme, par The Famous Mamie…

magazine ancien, la mode illustrée, mamie, mariage, histoire de mamieEn ce moment, le blog est mis un peu de coté car c’est l’été. Cela ne se voit pas au premier coup d’oeil car j’avais encore des articles préparés en stock que je voulais poster, mais cette réserve est à présent épuisée. Non pas que je ne couds rien (vous avez vu ma liste???), loin de là, mais j’ai des journées bien remplies et je ne veux pas tomber dans le cercle infernal que Mathilde décrit si bien. Vivre pour son blog ? Pour un blog qui ne permet pas de vivre, assurément non… Méditons là-dessus…

Sinon, comment va Mamie ? Bien, merci pour elle. Même si il fait chaud et qu’elle n’aime pas ça et que le mirabellier a été durement frappé par la foudre et les orages du mois dernier… Voilà qui la contrarie.

magazine ancien, la mode illustrée, mamie, mariage, histoire de mamieJ’ai été invitée à passer la voir, avec des tupperwares et des sachets plastiques : elle est en train de cueillir les premières mirabelles et des barquettes de mûres m’attendent au frigo. Il y a également un plat de couscous pour mon homme. Et puis y’a pleins de trucs dans le jardins à cueillir, sinon ce sont les oiseaux qui vont les bouffer et ça, c’est inadmissible. Bref, sa routine tiens bon le même cap, sa vie reste centrée sur ma soeur et moi.

Je ne suis pas venue pour rien : 4 courgettes, 2 concombres, 15 carottes, 1 aubergine, 1 poivron, des patates et du laurier, j’ai pu aussi bénéficier de sa grande sagesse.

Il faut cueillir des mirabelles, mais celles tout en haut car ce sont celles qui prennent le soleil et blablabla… Donc, il faut que je monte sur l’escabeau qui ne m’inspire pas confiance pour cueillir les mirabelles. Il faut que je le fasse MAINTENANT.

« Un tshirt blanc et une jupe c’est pas pratique pour cueillir des mirabelles, mais bon, tu feras attention. »

magazine ancien, la mode illustrée, mamie, mariage, histoire de mamieJ’ai bien mentionné qu’à ma connaissance on secoue les mirabelliers et qu’on ramasse ensuite, mais l’argument n’étais pas recevable chez Mamie.

« Monte, je tiens l’échelle. Après tu cueilleras des pêches. »

Pendant qu’elle tenait fermement l’escabeau et que je collectais les mirabelles, Mamie engage la conversation sur mon futur mariage et le beau faire-part que je viens de lui donner (le faire-part, bientôt sur le blog, promis!!). Bien entendu, mon faire-part est le plus beau de tous ceux qu’elle a vu dans sa longue vie. Et le mariage sera la meilleure chose qui m’arrivera dans mon existence. Ah si, mieux, c’est quand tes enfants naissent, et encore mieux c’est quand il sont des superbes études prestigieuses et qu’ensuite tu peux dire « aux gens » qu’ils sont avocats ou médecins ou gendarme (prestige de l’uniforme) ou un truc comme ça.

magazine ancien, la mode illustrée, mamie, mariage, histoire de mamieMamie me fait part de ces théories sur les hommes. Car Mamie connaît les hommes, c’est certain. Du moins, elle en a connu un. En son temps, Mamie s’est aventurée hors de son mini bled du fin fond de la Franche Comté pour traverser toute la France direction Marseille, pour y prendre le bateau et rejoindre Alger, là ou se trouvait le beau soldat qui avait libéré son village. Oui, Mamie était une Indiana Jones féminine et une femme de caractère.
Car elle avait décidé que c’était lui qu’elle épouserait. Même que quand il a arrêté pendant un moment de lui écrire, elle a fait une grève de la faim et que c’était un peu la panique. Dixit sa sœur (celle qui a des arrières-petits-enfants).
Tout ça pour dire, que les hommes, ça la connaît, et qu’il y a quelques principes de base à respecter pour vivre en harmonie avec eux et garder sa place de choix à leurs cotés.

  • Le plus important, c’est que l’homme a toujours raison. Ben oui, c’est un homme. Si déjà tu as compris ce principe, tu es bien partie pour le garder, ton homme. Sinon, va falloir mettre de l’eau dans ton vin. Un homme qui porte un uniforme remporte un bonus de 15 points au moins, et tu dois encore plus l’écouter, car en plus du prestige naturel d’être un homme, il porte un uniforme officiel qui représente la France et sa gloire, et ça, c’est un peu comme le Général de Gaulle. Donc c’est hyper classe. Donc tu la ramènes pas trop.
  • Un homme mange de la viande, à tous les repas. C’est important, c’est pour qu’il reste fort et protège sa maison et sa famille. Pendant une période, Mamie et sa famille n’avait pas trop les moyens car ils construisaient la maison et le Papi était très malade. Y’avait pas de la viande pour tout le monde, juste pour le Papi et un peu pour ma maman. Mamie disait qu’elle n’avait pas faim.
  • Toujours se maquiller, être bien coiffée, porter des chaussures à talons et des beaux habits propres et repassés car sinon, ton homme va te quitter pour une autre, qu’il aura rencontrée sur son lieu de travail (genre toi tu bosseras pas, tu élèveras les enfants) et qui elle respectera les règles citées plus haut. Tu finiras seule, malheureuse, éplorée et abandonnée, très certainement mangée par tes chats.
  • Il faut être économe dans son ménage, ne pas trop dépenser… Et surtout, ne jamais jeter de pain, tu peux toujours le réutiliser ! Mamie fait une obsession sur le pain (les reliquats de la guerre laissent des traces, c’est compréhensible). Et les sous que tu as de coté, il faut les investir dans la pierre, l’immobilier car c’est ça qui dure! D’un coté, elle n’a pas tort, le bon sens paysan n’a jamais ruiné personne!
  • Ne pas être versatile et entêtée comme le sont les femmes de maintenant, qui quittent leurs hommes pour un oui pour un non. De son temps, les femmes savaient où étaient leurs places. Elles râlaient moins et ne lançaient pas des procédures de divorce à tout va comme aujourd’hui. Une honte ! Déjà que j’ai quitté mon précédent compagnon, au bout de 8 ans, alors que j’atteignais l’âge canonique de 26 ans, il faut que je me reprenne et que je tire des leçons de mes erreurs passées.

magazine ancien, la mode illustrée, mamie, mariage, histoire de mamieEn entendant tout ça, c’était difficile de ne pas lui répondre, de plus, je suis d’un naturel à rentrer assez facilement dans le lard des gens, ma diplomatie n’est pas légendaire. Mais là, c’est ma mamie, elle a 90 ans et en plus… Elle tenait l’échelle!!!
Il semblerait, d’après Mamie, que je ne sois pas trop mal barrée dans la vie, ça m’a rassurée (ou pas ???). Je suis bien soignée, je sais faire à manger et je sais tenir un ménage à peu près convenablement. Mes compétences en couture et en cuisine m’ont d’ailleurs aidées à accrocher mon Homme, car d’après Mamie, un homme de son âge (5ans de + que moi) a su tout de suite apprécier ce genre de qualités et y voir celles recherchées pour fonder un foyer. Quand je l’ai dit à mon Homme, il m’a répondu qu’il n’en avait rien à foutre de la couture et que dans un premier temps, il me trouvait surtout très à son goût physiquement et assez drôle.

Quand j’ai annoncé à Super Mamie que j’avais décidé d’adopter le nom de famille de mon homme, elle a trouvé ça « tout à fait normal, c’est dans l’ordre des choses ! », je n’ai pas voulu lancer un débat sur les choix personnels de patronymes. Je lui ai dit que je voulais faire ma robe, que j’avais déjà fait une chemise pour lui etc… Et là, elle a tiqué.
J’étais surprise, pourtant je lui parlai de bon loisir typiquement féminin…

« Tu fais beaucoup de choses en couture, c’est bien… Mais n‘oublies pas que ce qui est important, c’est ton couple. Donc si la couture prend trop de temps et empiète sur celui que tu dois consacrer à ton homme, il faudra que tu freines un peu tout ça… »

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Ne rien dire, ne rien dire… Je souris bêtement en hochant la tête et je range dans un sachet tous mes légumes et récupère toutes les barquettes qui me sont désignées avant de la laisser. Mamie aime bien discuter avec moi, car « je suis attentive à ses propos ». J’ai l’impression de lire un bouquin d’éducation de jeune fille du début du siècle (celui d’avant…) avec les conseils sur la place de la femme et les détails des tâches ménagères à effectuer, Mamie a ce coté un peu désuet.

Le plus attendrissant c’est qu’elle croit dur comme fer à tout ce qu’elle dit et qu’elle le dit pour notre plus grand bien !

 

// hé, vous avez vu, j’ai créé une nouvelle catégorie, pour y ranger les articles de « The Famous Mamie ».

1 an! Toi aussi, viens participer au concours de Mamie!

The famous Mamie!!!

A la fin du mois, ce blog aura 1 an!

C’est fou ça! Que de chemin parcouru, que de points piqués, de coutures décousues… Mais aussi des photos de prises, des rencontres… Un blog, ça représente beaucoup de choses personnelles.

Nous allons jouer ensemble! Non, vous allez avoir la chance de jouer… Avec Super Mamie!!!

Pour fêter cette première année, je vous propose un concours. Spimo, partenaire de ce concours, offre deux patrons. Ces deux patrons sont à choisir parmi toute la gamme de la marque disponible sur le site de Spimo.

1er prix : un patron de la marque Vogue

2eme prix : un patron de la marque McCall’s

Que faut-il faire? Rien de bien compliqué!

Comme vous avez pu le lire sur ce blog, je vais me marier (en octobre)… Quand je l’ai dis à ma grand-mère, quelle phrase bizarre m’a-t-elle sortie du tac au tac, à l’annonce de cette nouvelle?

Vous avez le choix entre 5 phrases, il n’y a qu’une seule bonne réponse même si ce sont toutes des phrases 100% Mamie!

1/ « Tu as bien raison de l’épouser, c’est un docteur, c’est une bonne situation ça! »

2/ « Enfin, il était temps, tu te fais vieille… Je perdais espoir… et l’horloge biologique tourne! »

3/ « Même s’il n’a pas fait de service militaire, il fera un mari acceptable, il a une coiffure conventionnelle et une barbe. »

4/ « Quand je vais le dire à ma soeur, elle arrêtera 5 minutes de me parler de ces arrières petits-enfants qui sont nés hors mariage! »

5/ « Ta situation était précaire, mais tu as été patiente et regarde, ça a payé. Maintenant tu dois être rassurée. Tu as bien fait d’écouter mes conseils. »

Choisissez, et choisissez judicieusement, postez votre réponse dans les commentaires. Vous avez jusqu’au dimanche 22 juillet à minuit! Ce concours est ouvert aux participants de France Métropolitaine.

Deux gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses, le premier nom gagnera le patron Vogue, le second gagnera le patron McCall’s.

Je vous souhaite bonne chance.

Merci encore pour votre fidélité et de votre gentillesse, ça m’a touché tout au long de cette année.

 

La futur mariée, une histoire de Mamie – partie 2

La suite de la palpitante aventure! La partie 1 est à lire dans le précédent article.

« Enlève ce torchon de la cheminée du chauffe eau, j’lavais mis pour pas que ça gèle…
- Mais y’a des bêêêêêêêêêêêêtes!!!
- Vous les jeunes, vous avez vraiment peur de tout! »

Résumé de l’épisode précédent:

Mamie vient d’après qu’une de ces petite-filles (celle qui fait de la couture, pas celle qui fait de la moto) va se marier, mais, HORREUR SUPREME, ce sera un simple mariage civil, tout petit en plus… La route pour aller dans le Doubs déposer Mamie dans sa maison de famille va être longue pour ces 2 héroïnes coincées dans le carrosse 306 qui atteint péniblement 100 km/h… Vont-elles déposer Mamie sur la première aire d’autoroute???

On change de sujet et on laisse à Mamie le temps de digérer les informations. Mariage civil, cela sonne dans le sonotone de la vieille dame comme un insulte à ces ancêtres.

Au bout d’un moment, l’atmosphère se détend (normal, on change de sujet)…
Avec ma sœur, nous décidons de s’occuper avec un jeu. Cette route pour aller dans le Doubs, on la connaît par cœur et à des endroits stratégiques, nous entendons le même discours de Mamie sur des vieilleries. Nous lançons les paris. Mamie n’entendant presque rien (mais seulement ce qu’elle veut entendre), elle ne fait pas attention à nos chuchotements.

« Je parie qu’on va entendre parler du train qui passait à Rang et qui s’appelait le « Rouget de l’Isle » »

Bingo. 1 point pour moi.
Ma sœur parie que Mamie va radoter sur l’histoire de la Glacière du château de l’Isle sur le Doubs où en plein été y’avait des glaçons à servir pour les propriétaires. Bingo. On a même un bonus avec l’histoire de sa maman qui allait faire pipi derrière la maison du concierge pendant la guerre (la première, je crois).

Ma sœur parie sur « la croix sans Bon Dieu » qui est à la croisée des routes. Re-Bingo (elle est vraiment forte, ma soeur…), bonus compte double avec l’histoire de mes biberons pris sous la croix en bois pendant l’été de mes 2 ans.

Je parie qu’on va entendre parler des sapins qu’on a plantés près d’un petit bled. Mince, elle dit rien et les sapins approchent.
Une fois de plus, ma sœur ricane, je vais perdre.

J’essaye de lancer la conversation, mais ça ne fonctionne pas, la vieille femme ne parle pas des sapins.

Le petit village et son clocher se dessinent au loin et j’ai perdu, mais ce n’est pas grave, la journée n’est pas terminée ! Dès qu’on a un pied hors de la maison, nous recevons nos ordres :

« Toi tu décharges la voiture, toi tu vas montrer ta bague de fiançailles à ma sœur. Je vais faire rôtir le poulet. Ensuite, vous allez vous promener. Mais à midi on mange. »

Notre programme est établi, nous allons faire un tour au bord du Doubs pour faire quelques photos avec mon réflex (« Encore un truc technologique très cher et qui ne sert à rien ! »).

La sœur de Mamie assiste à notre repas, mais elle a déjà mangé de son coté. En effet, les deux vieilles s’étaient brouillées au téléphone sur « qui va faire cuire le poulet et qui mange chez qui » et la Tante Jeanne avait décidé qu’elle ne mangerait pas avec nous si on ne mangeait pas chez elle, et qu’elle voulait faire une tarte au fromage. Mamie avait décidé qu’on mangerait chez nous, et du poulet rôti, point barre.
Ambiance de folie, vous pouvez l’imaginer.

« Tu as bien montré ta bague à tout le monde ? Jeanne, tu as vu la bague de la petite ? Une bien belle bague. »

Ma soeur et moi continuons gentiment à manger notre poulet rôti et nos pommes de terre quand arrive une conversation inattendue et pour le moins improbable. C’est Jeanne qui lance les hostilités.

« Ahh, je me sens vieillir, je vais mourir cette année, je le sais. »

Ma sœur et moi ne relevons pas vraiment cette phrase, ce n’est pas la première fois qu’on entend ce genre de discours. Mais Mamie est en forme, encore énervée de l’orage de cette nuit et du travail que ça lui a donné, et du coup du mariage civil.

« Ah bah ça je ne le crois pas. Je suis plus vieille que toi, je vais mourir avant toi.
- Mais j’te dis que je vais mourir cette année !
- Alors moi aussi je vais mourir cette année aussi.
- Mais moi avant….
- Non, moi je vais mourir avant toi…
- Mais je l’ai dis en première ! »

Un jeu de ping pong de « je vais mourir avant toi », coincé entre le plat et le dessert. Comme dit plus haut : ambiance de foliiiiieee !!!

Je me propose d’aider ma Mamie : je vais ouvrir les fenêtres de toute la maison (« mais laissent les volets fermés !!!! »), même dans le grenier. En montant les marches, j’ai un frisson, un pressentiment. J’ai envie de redescendre. Mais bon, j’ai dis à Mamie que j’allai ouvrir toutes les fenêtres… Je rentre dans la petite pièce du grenier, je m’approche de la fenêtre et de son beau rideau kitsch, je tourne la poignée et j’écarte les vitres quand… un essaim d’abeilles pénètre dans la pièce par l’ouverture créée. J’ai juste le temps de reculer et de fermer la porte derrière moi.
Il ne manquait plus que ça !

« Heu, Mamie… Comment dire… Il y a un gros nid d’abeilles, entre le volet et la fenêtre de la petit pièce du grenier…
- Quoi ??
- Un gros nid jaune, environs 40 cm sur 40 cm, forme ovale. Collé sur ton volet. Des abeilles. J’ai failli être piquée !! »

Oui, j’suis un peu une chochotte. Mais je suis très précise et assez observatrice. Mamie reste scotchée sur sa chaise.

« Tu vois Jeanne, c’est un signe !! Je vais mourir.
- C’est peut-être pas un signe pour toi !
- Enfin, si, c’est ma maison quand même…
- Mamie, c’est pas grave, on va appeler les pompiers. Un apiculteur sera certainement content de récupérer ces abeilles.
- Si ce sont des abeilles ! C’est certainement des guêpes.
- Non Mamie, le nid n’était pas gris. Ce sont des abeilles, pas des guêpes.
- Toi, t’as mangé du miel deux fois dans ta vie et tu sais à quoi ça ressemble des abeilles ? »

Je laisse tomber… Pendant que les vieilles sœurs se partagent les signes du destin, notre sauveur arrive : la voisine (à qui je montre ma bague, je suis là pour ça, tout le monde l’a compris) nous emmène faire le tour de la ferme des cochons pour y faire quelques courses et admirer les petits porcs pendant que les mémés font la vaisselle en faisant le point sur qui est mort et qui va bientôt passer l’arme à gauche.

Le mari de la voisine (je dois lui montrer ma bague) vient confirmer : ce sont bien des abeilles et tout est prévu pour intervenir chercher le nid. Notre journée s’achève et nous sommes complètement épuisées… Mamie nous épuise. C’est son super pouvoir.
Elle a préparé des barquettes pour qu’on ramène les restes du poulet (« Pour vos hommes. ») et de la rhubarbe.

Dans la voiture sur le retour, ma sœur me fait remarquer que je n’ai même pas eu le droit aux conseils de Mamie sur le couple et comment garder un mari. On ne se fait pas d’illusion, ça va encore arriver.
Le lendemain au téléphone, elle annonce à ma maman qu’elle a passé une journée charmante et que nous étions aussi ravie.

Mamie est télépathe, elle lit dans nos esprits !!!

Miam Miam…. petit lapin….

La Future Mariée, une histoire de Mamie – partie 1!

Mamie et moi, dans le Doubs

Voila bien longtemps que je n’ai pas narré une histoire de Mamie ? The Mamie of course…
Dans mon précédent article, je vous disais que j’étais allée dans le Doubs avec ma chère sœur pour accompagner Mamie et l’amener jusqu’à sa maison de famille où elle passe quelques semaines.

Ma petite sœur étant encore en recherche très active de travail (même si je pense qu’elle touche au but !!!), quand il a été question d’amener mamie dans son village natal, il paraissait évident que c’était elle qui allait s’en charger… Il y a encore 3 ans, Mamie prenait le train toute seule (elle avait donc 87 ans), avec un changement à Belfort, pour se rendre dans le Doubs.

Quelques jours avant la date fatidique du départ, j’ai annoncé à ma grand-mère que M. Chemise et moi nous allions nous marier. Et là… Chamboulement total des plans de voyage !
Le lendemain j’ai ma sœur au téléphone : c’est moi qui doit accompagner Mamie dans le Doubs… Flashback sur la conversation entre Mamie et ma sœur.

« Au fait, c’est ta grande sœur qui va m’amener dans le Doubs, toi tu as un travail à chercher. On partira vendredi.
- Mais… C’était prévu mercredi ! Et en plus elle bosse !
- Et bien elle n’a qu’à prendre congé. C’est décidé, on partira vendredi à 9h, je l’attends devant la maison. Que son coffre soit bien rangé pour une fois ! Et qu’elle se fasse belle. »

Et oui, ma sœur, jeune (très) diplômée et chômeuse de son état, ne fait pas le poids contre une future mariée qu’il faut maintenant exposer dans tout le (minuscule) village, elle s’est fait lamentablement virer par la mémé. J’avais devant moi la perspective de plus d’une heure de route à écouter les conseils avisés d’une femme de 90 ans sur comment tenir mon ménage et faire durer mon couple. L’éclate totale. Et je devais prendre congé pour subir ça.

Par chance, ma sœur est cool et elle a accepté de partager mon calvaire, elle s’est jointe à l’expédition. Le vendredi à 9h nous étions toutes les deux devant le portail de Mamie à charger des morceaux de pain rassis rassemblés dans des filets « sacs à patates » et autres joyeusetés qui te foutent le bordel monstre et pleins de miettes dans le coffre.

« C’est pour les lapins de Dédé… Et puis elle est vieille ta voiture, c’est pas grave si y’a quelques miettes dans le coffre. »

Mamie est de méchante humeur car cette nuit il y a eu de l’orage et elle a eu de l’eau dans sa cave, qu’elle a du chasser avec un balai vers le trou d’évacuation.

Au bout de quelques kilomètres, la question que ma sœur et moi redoutions tombe :

« Dans quelle église vous allez vous marier ? »

Gros blanc… Ma sœur ricane sournoisement en me lançant des regards en coin.

« Ben… en fait… on ne va pas à l’église. Ça sera juste un mariage civil. »

Re-gros blanc. Ma sœur a peur que Mamie ne fasse une crise cardiaque.

« Mais c’est pas un mariage ça ! Que vont penser les parents de M. Chemise, ils vont être choqués !
- Ils nous disent de faire comme on veut.
- C’est I-NA-DMI-SSI-BLE. C’est scandaleux ! Comment oses-tu faire ça ? Que vont penser les gens?? Tu y a pensé à ça? »

Hyper important pour Mamie, ce qui rythme sa vie : ce que vont penser « les gens ». Je n’ai pas trop ce problème, souvent, ce que pensent « les gens », moi je m’en tamponne.

La liste d’adjectifs et de remarques acerbes semble sans fin. En substance : il va être naze ce mariage. Je lance un ultimatum.

« En même temps, si t’es pas contente et que tu ne cautionnes pas ce type de mariage, tu n’es pas obligée de venir t’humilier à la mairie. Déjà que la liste des participants est limitée aux parents et frères et sœurs, ça ne me dérange pas de la réduire encore un peu. »

Vlan, direct dans le dentier. Mamie fronce ces sourcils, je le vois dans le rétroviseur.
Cela achète environs 5 minutes de silence pesant. Oui, je suis une fille classe et diplomate, on me le dit souvent. Ça doit être ça qui a charmé mon homme.

Au prochain épisode, notre arrivée dans le Doubs!

 

Mamie est dans le mannequinat

Je n’ai jamais parlé de mamie ici ! Vous allez me dire, c’est bien normal,
c’est un blog de couture, pas la succursale du psy, mes traumatismes de
l’enfance, j’ai qu’à ouvrir un autre blog pour les tartiner.

Comment vous êtes des méchantes !!!!! ;)

Et bien, je vais quand même en parler, mais cela a un rapport avec la
couture, plus précisément avec le mannequin ancien que vous avez pu voir
sur certaines photos.

Il fut un temps, pas si lointain, où je n’avais pas de mannequin. En tant
que couturière non-accomplie, il me semblait tout à fait vital d’en
posséder un, au moins pour qu’il encombre la pièce qui me sert d’atelier.

Ma mamie, qui trouve que la couture est un loisir qui sied tout à fait à
une femme (pas comme ma sœur qui fait de la moto et qui finira
certainement dans un gang !), a eu vent de cette lubie de mannequin, et
comme par hasard, elle avait un bon tuyau.
Elle me raconte que sa sœur, qui a apprit la couture dans un bled au fin
fond du Doubs, elle a un mannequin dans le grenier.
Comme elle aime bien me parler de gens dont je ne connais rien car je
n’étais pas encore née à cette période, elle me dit que c’était je ne sais
plus quelle vieille du village qui l’avait donné en 1940 à Jeanne (sa
soeur). En gros, ce mannequin il faisait le tour du village depuis des
générations et on se le refilait de couturières en couturières. Pourquoi
la sœur de mamie n’a pas continué la tradition, aucune idée, y’avait
peut-être tout simplement plus de couturière dispo. En même temps dans un
village paumé de 100 habitants au fond de la Franche Comté… bref.

Au départ, j’ai cru à un traquenard bidon pour me faire venir dans le
Doubs avec elle prendre le thé chez sa sœur et les entendre ressasser les
mêmes vielles « rioles » (histoires en patois) pendant des heures sur ces
jeunes de la ville qui prennent les héritages et ne viennent jamais
fleurir les tombes.

Mais non, elle voulait vraiment qu’on aille récupérer ce mannequin avant
que je ne sais plus trop qui mette la main dessus, « Parce que c’est une
maligne, elle sait que ça a de la valeur, elle voudra le revendre ! ».
Mamie avait déjà un plan ! Je n’ai pas précisé que si ce mannequin
intéressait vraiment quelqu’un dans l’entourage, il ne fallait pas non
plus attendre presque 30 ans que j’ai ma révélation couturistique pour le
déterrer du grenier et le revendre.

« Oui, alors on va aller dans le Doubs en disant que c’est pour donner une
messe pour papi et on ira chez Jeanne, et ensuite moi je vais dire que… Et
il faudra que tu apportes quelques habits que tu as fait, tu vas prendre
celui-là et celui-ci… Mais d’abord je vais lui téléphoner, et dans la
conversation je vais lui dire que… Et on ira dans le Doubs que quelques
semaines après, sinon les gens vont penser que… »

Elle avait carrément écrit le scénario, j’avais mes répliques, ce que je
pouvais dire : « J’adooooore la couture, mais arrondir des jupes sans
mannequin, c’est pas facile… » ainsi que ce que je devais cacher « Un
mannequin ça coûte cher donc si je peux récupérer gratos le tien ça serait
top. »

Le plan de mamie s’est déroulé sans accro, car mamie adore quand les plans
se déroulent sans accro et on a récupéré le mannequin, qui rentrait pile
poil dans mon carrosse haut de gamme (traduire : 306 rayée qui a presque
20 ans).

Par contre, après un séjour de plusieurs dizaines d’années (siècles !!)
dans les dépendances d’une grange, je ne vous annonce même pas l’état
dudit mannequin. Pleins de champignons et de moisi, il stinguait la mort !
Il est recouvert d’une très fine couche de cuir, éraflée dans le dos.
C’est avec beaucoup de soin (et d’alcool à 90°) et que j’ai nettoyé et je
l’utilise, comme prévu, pour encombrer mon atelier, mais aussi pour les
photos des vêtements, car même si sa taille corsetée n’est absolument pas
compatible avec les patrons d’aujourd’hui, pour certains articles, le
rendu est beaucoup plus joli. Il faudrait que je repeigne le pied, mais…
Je ne sais pas, j’aime l’idée de le laisser en l’état. Après enquête
auprès de Jeanne, il semblerait que ce mannequin date de la fin de 19eme
siècle.

Mannequin ancien couture moulage corsetA présent, il a un compagnon de cellule, plus moderne, totalement adapté à
mes mesures qui me sert à vérifier les patrons que je recopie (et que je
vais peut-être un jour dessiner, quand j’aurai la foi pour me lancer),
mais à qui il manque cette touche de charme incomparable.

Et vous, vous avez des mannequins ? Pour vérifier les patrons, pour le
moulage, ou juste la déco ?

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