En ce moment, le blog est mis un peu de coté car c’est l’été. Cela ne se voit pas au premier coup d’oeil car j’avais encore des articles préparés en stock que je voulais poster, mais cette réserve est à présent épuisée. Non pas que je ne couds rien (vous avez vu ma liste???), loin de là, mais j’ai des journées bien remplies et je ne veux pas tomber dans le cercle infernal que Mathilde décrit si bien. Vivre pour son blog ? Pour un blog qui ne permet pas de vivre, assurément non… Méditons là-dessus…
Sinon, comment va Mamie ? Bien, merci pour elle. Même si il fait chaud et qu’elle n’aime pas ça et que le mirabellier a été durement frappé par la foudre et les orages du mois dernier… Voilà qui la contrarie.
J’ai été invitée à passer la voir, avec des tupperwares et des sachets plastiques : elle est en train de cueillir les premières mirabelles et des barquettes de mûres m’attendent au frigo. Il y a également un plat de couscous pour mon homme. Et puis y’a pleins de trucs dans le jardins à cueillir, sinon ce sont les oiseaux qui vont les bouffer et ça, c’est inadmissible. Bref, sa routine tiens bon le même cap, sa vie reste centrée sur ma soeur et moi.
Je ne suis pas venue pour rien : 4 courgettes, 2 concombres, 15 carottes, 1 aubergine, 1 poivron, des patates et du laurier, j’ai pu aussi bénéficier de sa grande sagesse.
Il faut cueillir des mirabelles, mais celles tout en haut car ce sont celles qui prennent le soleil et blablabla… Donc, il faut que je monte sur l’escabeau qui ne m’inspire pas confiance pour cueillir les mirabelles. Il faut que je le fasse MAINTENANT.
« Un tshirt blanc et une jupe c’est pas pratique pour cueillir des mirabelles, mais bon, tu feras attention. »
J’ai bien mentionné qu’à ma connaissance on secoue les mirabelliers et qu’on ramasse ensuite, mais l’argument n’étais pas recevable chez Mamie.
« Monte, je tiens l’échelle. Après tu cueilleras des pêches. »
Pendant qu’elle tenait fermement l’escabeau et que je collectais les mirabelles, Mamie engage la conversation sur mon futur mariage et le beau faire-part que je viens de lui donner (le faire-part, bientôt sur le blog, promis!!). Bien entendu, mon faire-part est le plus beau de tous ceux qu’elle a vu dans sa longue vie. Et le mariage sera la meilleure chose qui m’arrivera dans mon existence. Ah si, mieux, c’est quand tes enfants naissent, et encore mieux c’est quand il sont des superbes études prestigieuses et qu’ensuite tu peux dire « aux gens » qu’ils sont avocats ou médecins ou gendarme (prestige de l’uniforme) ou un truc comme ça.
Mamie me fait part de ces théories sur les hommes. Car Mamie connaît les hommes, c’est certain. Du moins, elle en a connu un. En son temps, Mamie s’est aventurée hors de son mini bled du fin fond de la Franche Comté pour traverser toute la France direction Marseille, pour y prendre le bateau et rejoindre Alger, là ou se trouvait le beau soldat qui avait libéré son village. Oui, Mamie était une Indiana Jones féminine et une femme de caractère.
Car elle avait décidé que c’était lui qu’elle épouserait. Même que quand il a arrêté pendant un moment de lui écrire, elle a fait une grève de la faim et que c’était un peu la panique. Dixit sa sœur (celle qui a des arrières-petits-enfants).
Tout ça pour dire, que les hommes, ça la connaît, et qu’il y a quelques principes de base à respecter pour vivre en harmonie avec eux et garder sa place de choix à leurs cotés.
- Le plus important, c’est que l’homme a toujours raison. Ben oui, c’est un homme. Si déjà tu as compris ce principe, tu es bien partie pour le garder, ton homme. Sinon, va falloir mettre de l’eau dans ton vin. Un homme qui porte un uniforme remporte un bonus de 15 points au moins, et tu dois encore plus l’écouter, car en plus du prestige naturel d’être un homme, il porte un uniforme officiel qui représente la France et sa gloire, et ça, c’est un peu comme le Général de Gaulle. Donc c’est hyper classe. Donc tu la ramènes pas trop.
- Un homme mange de la viande, à tous les repas. C’est important, c’est pour qu’il reste fort et protège sa maison et sa famille. Pendant une période, Mamie et sa famille n’avait pas trop les moyens car ils construisaient la maison et le Papi était très malade. Y’avait pas de la viande pour tout le monde, juste pour le Papi et un peu pour ma maman. Mamie disait qu’elle n’avait pas faim.
- Toujours se maquiller, être bien coiffée, porter des chaussures à talons et des beaux habits propres et repassés car sinon, ton homme va te quitter pour une autre, qu’il aura rencontrée sur son lieu de travail (genre toi tu bosseras pas, tu élèveras les enfants) et qui elle respectera les règles citées plus haut. Tu finiras seule, malheureuse, éplorée et abandonnée, très certainement mangée par tes chats.
- Il faut être économe dans son ménage, ne pas trop dépenser… Et surtout, ne jamais jeter de pain, tu peux toujours le réutiliser ! Mamie fait une obsession sur le pain (les reliquats de la guerre laissent des traces, c’est compréhensible). Et les sous que tu as de coté, il faut les investir dans la pierre, l’immobilier car c’est ça qui dure! D’un coté, elle n’a pas tort, le bon sens paysan n’a jamais ruiné personne!
- Ne pas être versatile et entêtée comme le sont les femmes de maintenant, qui quittent leurs hommes pour un oui pour un non. De son temps, les femmes savaient où étaient leurs places. Elles râlaient moins et ne lançaient pas des procédures de divorce à tout va comme aujourd’hui. Une honte ! Déjà que j’ai quitté mon précédent compagnon, au bout de 8 ans, alors que j’atteignais l’âge canonique de 26 ans, il faut que je me reprenne et que je tire des leçons de mes erreurs passées.
En entendant tout ça, c’était difficile de ne pas lui répondre, de plus, je suis d’un naturel à rentrer assez facilement dans le lard des gens, ma diplomatie n’est pas légendaire. Mais là, c’est ma mamie, elle a 90 ans et en plus… Elle tenait l’échelle!!!
Il semblerait, d’après Mamie, que je ne sois pas trop mal barrée dans la vie, ça m’a rassurée (ou pas ???). Je suis bien soignée, je sais faire à manger et je sais tenir un ménage à peu près convenablement. Mes compétences en couture et en cuisine m’ont d’ailleurs aidées à accrocher mon Homme, car d’après Mamie, un homme de son âge (5ans de + que moi) a su tout de suite apprécier ce genre de qualités et y voir celles recherchées pour fonder un foyer. Quand je l’ai dit à mon Homme, il m’a répondu qu’il n’en avait rien à foutre de la couture et que dans un premier temps, il me trouvait surtout très à son goût physiquement et assez drôle.
Quand j’ai annoncé à Super Mamie que j’avais décidé d’adopter le nom de famille de mon homme, elle a trouvé ça « tout à fait normal, c’est dans l’ordre des choses ! », je n’ai pas voulu lancer un débat sur les choix personnels de patronymes. Je lui ai dit que je voulais faire ma robe, que j’avais déjà fait une chemise pour lui etc… Et là, elle a tiqué.
J’étais surprise, pourtant je lui parlai de bon loisir typiquement féminin…
« Tu fais beaucoup de choses en couture, c’est bien… Mais n‘oublies pas que ce qui est important, c’est ton couple. Donc si la couture prend trop de temps et empiète sur celui que tu dois consacrer à ton homme, il faudra que tu freines un peu tout ça… »
Ne rien dire, ne rien dire… Je souris bêtement en hochant la tête et je range dans un sachet tous mes légumes et récupère toutes les barquettes qui me sont désignées avant de la laisser. Mamie aime bien discuter avec moi, car « je suis attentive à ses propos ». J’ai l’impression de lire un bouquin d’éducation de jeune fille du début du siècle (celui d’avant…) avec les conseils sur la place de la femme et les détails des tâches ménagères à effectuer, Mamie a ce coté un peu désuet.
Le plus attendrissant c’est qu’elle croit dur comme fer à tout ce qu’elle dit et qu’elle le dit pour notre plus grand bien !
// hé, vous avez vu, j’ai créé une nouvelle catégorie, pour y ranger les articles de « The Famous Mamie ».










