Enfin, la robe San Francisco

robe en soie, modèle du burda décembre 2011, robe doublée, photo en extérieurEnfin! Depuis le temps qu’elle était sur mon mannequin, en attente de son ourlet final, elle est terminée cette robe de soirée! Vous vous souvenez peut-être l’avoir aperçu plus tôt sur ce blog, je l’avais commencée en janvier, lors de mon voyage à San Francisco, lors duquel j’avais rencontré Alicia, une couturière avec qui j’avais passé deux journées de boulot intensif pour relever le défi de cette robe de soirée doublée.

Cet été, nous avons peut-être un mariage de prévu (on attend encore la confirmation, mais dans le doute, j’ai une robe de prête), elle sera parfaite pour une telle cérémonie.

robe en soie, modèle du burda décembre 2011, robe doublée, photo en extérieurIl s’agit du modèle 120 du burda de décembre 2011, une robe longue et étroite dont 2 longues écharpes s’enroulent sous la poitrine pour cintrer le buste.

Le modèle en lui même n’est pas excessivement complexe, le jeu de drapé sur l’avant fonctionne bien. Dans le cas de ma robe, elle est réalisée en mousseline de soie, et doublée en voile de coton jaune d’oeuf.

J’étais heureuse de ne pas être seule à manipuler d’aussi grands morceaux de tissus pour faire les raccords de motifs! En plus la mousseline ça ne tient pas en place.

La doublure n’est pas aussi longue que la robe, ce qui laisse un jeu de transparence au niveau des jambes.

robe en soie, modèle du burda décembre 2011, robe doublée, photo en extérieurPour respecter cette transparence, l’intégralité des coutures sont des coutures anglaises afin de ne pas laisser s’afficher par transparence des fils d’un surjet.

Les coutures du bas de la robe ainsi que celles des manches sont réalisées à l’aide d’une bande « ourlet rapide thermocollant« , ce qui donnait les meilleurs résultats après plusieurs essais.

robe en soie, modèle du burda décembre 2011, robe doublée, photo en extérieurJ’hésitais à enlever les manches et à ne garder que le corps de la robe, pour qu’elle soit moins « dramatique » et pour pouvoir la porter plus facilement. J’effectuerai peut être cette modification plus tard, quand la période des mariage sera passée.

robe en soie, modèle du burda décembre 2011, robe doublée, photo en extérieur

Une idée? Avec ou sans manches? des manches amovibles peut-être? ;)

Je remercie mon ami Fabien pour les magnifiques photos! Elles mettent superbement en valeur cette robe.

Style Amy Winehouse – Robe à pois

Robe à pois "Drape Drape"

Vous l’avez peut-être reconnue, il s’agit d’une robe du livre japonais « Drape Drape tome 1″, qui a la particularité de n’être constituée que d’une seule et unique pièce. Une sorte de grand papillon dont les ailes permettent de froncer les cotés et les manches avant de les relier à la partie principale.

Quelques belles versions de cette robe, à voir sur le blog de Bonome et celui de Maritxu.

Quand je suis tombée sur ce coupon de jersey de viscose à pois, cet été, c’est immédiatement à cette robe que j’ai pensée. Malheureusement, entre la pensée, le projet et la réalisation, des mois s’écoulent!

Ce qui est marrant avec ce tissu, c’est que les pois sont plus denses au niveau des lisières, j’ai donc coupé la robe à 90° du droit fil pour profiter de cet effet et avoir les pois concentrés sur le bas.

Robe à pois "Drape Drape" Blog de couture Oui Patrons

Maintenant c’est bientôt l’hiver et je la porte avec un sous-pull en attendant les beaux jours pour profiter de sa légereté. En tout cas pour celles qui veulent un projet de robe rapide à faire (en une après-midi), ce modèle est pour vous!

Le plus long doit être de préparer les fronces… Pour l’encolure, au lieu de retourner le tissu comme préconisé, j’ai préféré poser un biais coupé dans une chute du tissu. Idem pour l’ourlet, ça lui donne un peu plus d’aplomb car mon tissu est vraiment léger.

Robe patron japonais "Drape Drape" blog couture Oui Patrons

C’est de la bonne choucroute que j’ai sur la tête? Pas besoin de brushing, je me suis levée ce matin comme ça, dans le miroir, la réaction était immédiatement:

« Mince alors, j’ai mangé Amy Winehouse ou quoi? »

Et là, mon cerveau embrumé a tout de même réussi à faire l’association d’idées :

Amy Winehouse –> rétro –> robe 50′s –> tissus à pois –> hé, mais j’en ai une de robe à pois! et la choucroute est prête elle aussi!! –> Appareil photo pour des essais pendant que le chéri dort encore (sinon il se moque de moi, le scélérat!)

Petit passage dans la salle de bain pour l’eye liner touch’ et voilà!

Robe à pois livre japonais "Drape Drape" blog couture Oui Patrons

Mon premier cadeau de Noël est arrivé! Non en Alsace, on ne fête pas Noël en avance!! J’ai pu ouvrir ma boîte car je devais essayer les bottes pour vérifier la taille. Et maintenant que la boîte est ouverte, pourquoi les remettre dedans? ;)

Des belles Doc Marten’s montantes « qu’on avait les mêmes à 15 ans »!! Je retombe dans l’adolescence! Avec ou sans crise?

Moyen du coté de chez Burda

Mouais, un peu déçue par ce top qui avait pourtant l’air prometteur !

Je gardais précieusement ce coupon de voile de jersey pour en faire un top et c’est quand j’ai craqué pour cette jupette marron que j’ai eu la révélation : les motifs sont du même bleu que mon coupon, je vais pouvoir avoir un top assorti. Pour moi qui ne porte pas de marron, c’était une nécessité, sinon je ne sais pas comment j’aurai assorti la jupe. En même temps j’avais qu’à pas l’acheter, mais c’est une autre histoire.

 Le modèle qui me plaisait était celui-ci, du burda du mois de novembre. Pour couronner le tout, c’était le patron rose, celui où y’a toutes les explications. Fastoche que je me suis dis, ça va être réglé en deux minutes.

 

Tout à fait ce que je voulais, un top cool et drapé. Les pièces s’assemblent bien, ça se monte tout seul, même pas vraiment besoin de regarder les instructions. Premier essayage : comme souvent chez burda, j’ai été obligée de reprendre un peu aux emmanchures. Rien de nouveau sous le soleil, c’est la même chose à chaque fois.

Par contre, je ne sais pas si ça vient de mon tissu, mais ce top est presque une robe, il est très long. Pas de problème, quelques fronces pour donner du style et ça repart.

 Mais y’a rien à faire, cette histoire de manches « décalées », où la couture d’épaule se retrouve au mieux du biceps (car oui, j’ai des biceps, pas musclés, mais ils existent bel et bien), c’est pas mon truc. L’arrière de la manche à tendance à gonfler, et même en reprenant c’est pas génial, et trop tendre le tissu le fragiliserait inutilement.

Je vais voir pour reprendre les manches et les « remettre à leur place », là où elles doivent être : sur l’épaule, en espérant que le modèle ne sera pas trop déstabilisé par ce changement, car je n’ai plus assez de tissu pour recouper des nouvelles manches !!

Donc un résultat mi- figue mi-raisin pour ce top, pareil avec les photos, j’en suis pas 100% satisfaite. Les photos en extérieur, c’est plus compliqué !!!

Compact is not dead

Du temps où j’avais un très bon photographe dans mon entourage, avec le matos qui va bien et tout et tout, c’était fastoche d’avoir de superbes photos hyper glamour. A l’époque je ne m’étais jamais trop posée la question de « comment ça fonctionne » et de « pourquoi 1200 euros pour un objectif?? ». Je me posais devant la lumière et le reste, ben c’était son problème à lui.

J’étais très habituée à ce style de clichés : (vous comprenez l’effet très « Blanche Neige » de mon visage?)

Mais mon nouveau quotidien c’est plutôt ça : (oui j’ai exprès choisi une photo vraiment loupée et pas retouchée)

 

La claque dans la gueule quand même!!!

Maintenant que je dois prendre mes photos toute seule, avec mon vieux APN d’il y a 10 ans, c’est une autre paire de manche pour avoir l’air splendide et naturellement « Blanche Neige ». Déjà parce que je ne sais utiliser que le mode automatique et qu’il faut pas se leurrer, il est tout pourrave cet appareil… Ensuite parce que mes cheveux ont poussés et que je n’ai plus la coupe de cheveux de Blanche Neige. Mais ça c’est un autre problème me direz-vous, très peu en adéquation avec celui de l’appareil photo. Bref.

En ce moment je suis en pleine crise artistique. Traduisez que je suis en train de partir dans tous les sens et que je veux me remettre au dessin pour illustrer les idées de vêtements que j’ai en tête, continuez à coudre et surtout à apprendre, mais aussi à comprendre la photo pour pouvoir immortaliser mes réalisations.

Car pour moi tout cela fait partie d’un même processus, ça va tout ensemble, ça s’enchaine, ça se suit. Comme toutes les couturières amatrices du web, je suis contente de ce que je fais (souvent) et je trouve légitime l’envie de vouloir valoriser mon travail. Les heures passées à faire (et défaire) une création valent bien un petit moment de gloire, c’est ça notre salaire.

Alors j’ai pris mon courage à deux mains, ainsi que ma bouse d’appareil photo et j’ai enclenché le mode manuel. Wow, ça c’est déjà une étape. Ensuite j’ai regardé ce qu’il y avait dedans, j’ai cherché sur internet des explications sur la photo, je me suis renseignée auprès de collègues qui sont des photographes amateurs…

Et surtout, pour commencer je suis allée m’acheter un trépied pour faciliter la prise de photo, quand on fait ses photos seules, il faut bien se débrouiller.

Je me suis rendue dans le magasin photo de ma ville, armée de mon antiquité et j’ai expliqué mon problème :couture, photos, toute seule, pas trop cher.

Le jeune (très sympa) ne rigole pas devant mon APN mais je vois bien qu’il est un peu embêté, et pour cause : les trépieds qu’il me montre valent plus cher que mon appareil. C’est un peu comme quand je vais acheter des nouveaux pneus pour ma 306, y’a pour plus de pneus que de bagnole. J’suis une pauvre fille, plaignez-moi.

 » 70 euros un trépied, que genre je peux faire le même avec 3 bouts de bois et un élastique? Sur amazon y’en a 20 euros!

- Mais madame c’est pas la même chose. Comment dire… Vu votre appareil…

- Tu peux le dire qu’il est pourri mon appareil…

- Non, je voulais dire que vu que votre APN est léger, avec un pied qui n’est pas stable, pour peux que dehors une petite brise souffle, et tout se casse la figure. C’est pas le poids de votre appareil qui va maintenir le tout en place.

- Et je vais pas avoir l’air d’une cruche avec un pied comme ça et un minuscule appareil photo dessus? Ce pied il est pour les gros appareil qui coutent cher, non?

- Non (il se marre)! Pour des appareils réflex on a ce genre de pied à 250 euros. Mais y’a un gps dedans et tout et tout.

- C’est vrai que ça doit être cool de localiser mes photos, savoir si elles ont été faites dans la cuisine ou le salon. Bon, je le prends, et si tu es gentil je reviendrai en décembre voir tes promotions pour un nouvel appareil.

- On propose même des packs avec des formations photo pour débutants, ça peut vous intéresser?

- Quoi, j’ai l’air d’une débutante moi?  »

Damned, je suis démasquée, je suis une méga débutante en photo. Je donne le pied à l’Homme pour qu’il le porte, et fièrement, je m’en sors du magasin vers de nouvelles aventures photographiques.

Motivée par mes nouvelles connaissances en photo : ouverture, temps de pause, diaphragme, ISO (que de vocabulaire technique!!) ; et mon super pied, j’ai appliqué tout ça pour prendre en photo la robe que j’ai terminée dimanche dernier. Le modèle est issu du livre japonais Drape Drape 2, modèle 7. Donc oui, la toute première photo de cet article, c’est moi qui l’ai prise toute seule, avec mon super pied, mon appareil à deux balles et l’halogène du salon qui éclairait le plafond comme projecteur. On fait c’qu’on peut ma bonne dame.

Le tissu est un jersey de coton gris très clair qui j’ai ramené de mes vacances en Autriche et qui n’attendait qu’un peu de motivation pour se transformer en cette robe très souple. Elle est montée à la surjeteuse, seul le biais l’encolure et les biais d’emmanchures sont piqués à la machine.

Et je vous raconte même pas combien de temps ça a duré pour prendre des dizaines de photos dont seulement deux étaient potables. Mais bon, je suis sur la bonne voie, je vais continuer à m’entraîner avec cet appareil et à Noël, quand les promotions arrivent, je regarderai pour un nouvel appareil.

La photo c’est un domaine qui me plaît, car j’aime les belles photos et le fait que ce blog était tout vilain à cause de ça me dérangeait, maintenant je vais faire des efforts. Par contre… Vous avez pas fini d’en entendre parler!!

2 tops japonais pour la rentrée de ma p’tite soeur!

En plus d’être une gentille copine, je suis une gentille soeur. Ma petite soeur voulait un peu de neuf pour sa garde robe, et avec un budget serré, pas toujours évident de trouver des tops originaux et pas trop mal fichus. Justement, je suis en plein rangement de mon placard à tissus, et je lui ai annoncé :  » Les coupons d’un mètre ou moins, tu peux taper dedans, choisis ce qui te plait, je te fais la fringue qui va bien. »

Elle a sélectionné divers coupons dont un taffetas rouge pour une future jupe, un coupon fleuri pour une robe et deux en jersey pour des tops. Ensuite, nous sommes passées à la sélection des modèles. Pour les morceaux de jersey : des tops du livre Drape Drape. Si tôt dit, si tôt fait, deux jours après ils étaient disponibles.

Voici le premier, il s’agit normalement d’une sorte de tunique…

Le coupon de tissu est une sorte de matière de maillot de bain, qui coule entre les doigts, qui est fraîche sur la peau et très légère. Malgré la beauté de ce coupon, cela fait 6 mois qu’il est dans mon armoire, et je ne trouvais pas quoi en faire. Il « drape » très bien, et ce modèle le met super bien en valeur, elle ne peut pas regretter son choix! J’ai coupé une taille S pour son 36-38 et c’est impec’. Par contre j’ai du tricher lors du placement du patron, car mon coupon était trop petit, et surtout pas très large, j’ai été obligée de bidouiller au niveau des bretelles.

Comme vous pouvez le voir, j’ai découpé une partie des bretelles au niveau du devant et du derrière (le patron asymétrique est une seule pièce géante), j’ai scotché le bout de patron de bretelle devant droit avec le bout derrière droit et pareil pour la gauche, et j’ai coupé mes bretelles à part dans une chute du tissu.

Au niveau de l’assemblage, ça se présente donc comme ça :

La couture n’est pas sur l’épaule, à la place il y en a deux, une devant et une derrière. Finalement ça ne choque pas, c’est même très joli! Un petit détail en plus.

J’ai eu beaucoup de mal avec l’encolure, avec le biais en jersey ça gondolait, ça tirait… Finalement j’ai tout défait et j’ai ajouté un biais en lin couleur jeans, très doux. Je l’ai rentré à l’intérieur, il est invisible sur l’avant mais apparaît selon les mouvements.

C’est pareil au niveau des bretelles, en plus ça donne de la tenue à ce tissu très mou.

J’ai profité de l’occasion pour affiner les réglages de ma surjeteuse et de ne plus me lancer avec les réglages de bases pour tous les tissus.

Bien plates et bien droites!

Idem pour l’ourlet à la double aiguille, tout droit. Je sais que je dois aussi un peu travailler sur la tension du fil, qui est une notion très importante et que je maitrise mal…

Un beau petit top que je conseille à tout le monde! Choisissez un tissu bien lourd et très élastique. Dans un jersey de soie ça doit être un vrai chef d’oeuvre.

 

Le second top est issu du même livre, il s’agit du tshirt basique que j’ai revisité.

Quand j’ai assemblé ce top, l’encolure m’a semblée immmmmmeeeensse. Ooops, coupé c’est coupé! J’ai rattrapé le coup en fronçant tout le long de l’encolure, en bidouillant les réglages de la surjeteuse, ce qui a en plus créé ces petites fronces autour du col, qui rajoute encore du volume à ce top.

Comme pour le précédent, l’encolure était une torture, j’ai préféré tout couper (et oui!) avant de me décider à poser du biais satiné doré. J’ai décalé un peu le biais en le piquant, pour créer cet effet de torsade.

Pour ne pas aplatir le biais, il est cousu à la main.

Les manches étaient très longues à mon goût. Devant ma télé, en regardant un film assez pourri je l’avoue (merci canal + de diffuser Predators, c’est une daube), je me suis rendue compte du potentiel « style militaire » de ce top, j’ai donc décidé de jouer de ce coté, j’ai plissé les épaules et j’ai ajouté le même biais plié pour faire une sorte de galon ou d’épaulette. Quelques surpiqûres et le tour est joué. Si j’avais eu un bouton doré, ça aurait été le top, mais rien de ça dans ma boîte, je ne suis pas riche en boutons.

Même attention accordée aux réglages de la surjeteuse, même si cette fois ça gondolait un peu plus, je n’ai pas trop compris pourquoi.

Et pour l’aiguille double, j’ai bien baissé ma tension pour éviter la formation du « bourrelet » caractéristique de l’utilisation de cette technique, au final, après quelques tests c’était bien comme il faut. Avant de piquer à l’aiguille double, j’ai surjeté le bord.

Voilà, ces deux tops sont très rapides à faire, même si j’ai un peu trainé devant la télé, je profite de mes vacances!

J’ai l’impression de mieux maîtriser les tensions de ma machine, mais je sais qu’il faut que je sois vigilante, souvent quand je présente à ma prof de couture un travail que j’ai réalisé seule à la maison et sur lequel je vois des problèmes, cela vient dans 90% des cas d’un problème de tension. Elle m’a fait faire des tests, toucher, étirer et j’essaye de reproduire ses gestes à la maison.

Pour ceux et celles qui sont intéressés par la tension des fils, il y a cet article du magazine Thread (anglais) et aussi ce petit test pour ajuster la tension à un tissu particulier.

Et vous, la tension de votre machine? Maîtrise totale ou pifomètre?

Doubler le top C3 -faire fonctionner sa logique 2eme partie

J’ai fait une seconde version top sur la base de la robe C3 du livre « La couture au féminin », mais comme le tissu était beaucoup plus fin que la popeline de coton utilisée la première fois, je l’ai doublé différemment. Voici donc ma manière de faire, je rappelle que ma méthode n’est certainement pas la meilleure, car je ne suis pas prof, ni pro… Si vous trouvez des choses étranges, n’hésitez pas à le signaler dans un commentaire.

Voici une planche « complément » au premier tuto, dans lequel je doublais le tissu de manière différente. Le pdf est aussi disponible, sinon, il faut cliquer sur l’image pour l’agrandir.Le résultat est très joli, j’aime particulièrement le biais vert d’eau, j’ai hésité avec du rose, mais le vert tranche mieux. Il plaît à sa nouvelle propriétaire, c’est l’essentiel!


Top inspiré d’Erté, réalisé au Musée d’Impressions sur Etoffes

J’en avais parlé au début de mon blog, j’ai participé à une journée au Musée d’Impression sur Etoffes de Mulhouse pour un stage de couture dans le cadre de l’exposition Willy Maywald. C’était il y a un bout de temps, j’admets, je n’en ai plus reparlé par la suite pourtant j’ai bien fait un vêtement !

Les 2 animatrices du cours ont proposé de réaliser un top inspiré d’un dessin du styliste Erté, un dessinateur de mode de la période Art déco. J’avais déjà lu quelques lignes sur lui dans le livre « Jazz Age Beauty » et en faisant des recherches sur les Ziegfeld Follies, en effet c’est lui a dessiné bon nombre de costumes et de décor. Son style de dessin est à part, très fin, très détaillé. Je ne suis pas critique d’art et encore moins érudite dans ce domaine, je vais donc m’arrêter là et je vous encourage à lire sa biographie et à jeter un coup d’œil sur ses œuvres pour vous faire votre propre idée.

Chaque participante a choisi un tissu parmi ceux à disposition (ambiance magasin de bonbons !!), et une fois le patron dessiné à partir des instructions, la machine était lancée ! C’est très intéressant de voir les choix de chacune pour les tissus, la méthode de couture, la façon de couper… J’ai adorer partager des expériences avec les autres participantes, il y avait une très bonne ambiance dans le groupe, et les différences d’âges ne rentraient pas en ligne de compte. J’ai opté pour un voile de coton assez rigide, comme sur le modèle présenté par les animatrices. J’ai tout simplement flashé sur la simplicité du modèle… J’ai longtemps hésité entre ce voile de coton et du lin épais pour un effet très « couture nature », mais j’avais peur d’avoir moins d’occasion de le porter et surtout de l’assortir.

Au départ, je ne voyais sur ma feuille qu’un gros rectangle avec un trou pour la tête et deux pour les bras, mais en réfléchissant un peu (et en écoutant les conseils et les explications), je me suis rendue compte que ce qui fait que ce modèle est sympa et tombe si bien, ce sont les pointes qui sont dans le biais. Et oui, le top est taillé dans le droit fil, par contre, les extrémités se trouvent elle dans le biais et gondolent admirablement autour de moi.

La journée c’est bien déroulée, nous avons eu un petit repas sympa, le musée pour nous entre midi et deux et le soir venu, je suis repartie avec mon top qui n’était pas 100% terminé à mon goût, car je voulais le modifier un peu.

Je n’ai pas fait d’ourlet, mes finitions sont à la main, des ourlets roulottés aux emmanchures et à l’encolure, pour respecter la finesse du tissu. Les deux coutures latérales sont des coutures anglaises.

Ma création « haute couture » est donc restée, blanche et immaculée, accrochée sur mon armoire pendant quelques semaines. Je voulais le teindre en noir mais pas entièrement, faire un effet de dégradé et de coulures, quelque chose de plus abstrait pour aller avec le style très aérien de ce top. J’ai aussi pensé à de la peinture sur tissu, un motif de pissenlit dans le vent, quelque chose de poétique.

 

Un jour, profitant que j’étais seule, je me suis lancée à teindre ce top. Quand faut y aller, faut y aller ! De l’eau bouillante, de la teinture pour tissu (en supermarché), un bac, une chaise de camping, un balcon carrelé et des gants (importants !!) et j’étais prête à tenter l’expérience teinture maison. Mon top était lavé et débarrassé de ses apprêts, je l’ai passé sous l’eau avant d’immergé la partie inférieure dans le bac contenant la teinture mélangée au sel (lire la notice d’utilisation). J’ai ensuite accroché mon top à un cintre, et le cintre à la chaise et j’ai laissé tel quel pendant un petit quart d’heure, en remuant le bac de temps à autre. Au bout de 5 minutes j’ai pris ma bouilloire et j’ai versé de l’eau chaude sur le tshirt, cette eau a dégouliné et rejoint le bac, formant quelques coulures et quelques nuances dans la teinture, comme je le voulais. Une fois tout cela terminé, je rince mon top et il est parti pour un lavage en machine, pour bien fixer la couleur.

Pour le bord inférieur, j’ai opté pour un roulotté avec ma nouvelle surjeteuse et je ne regrette pas d’avoir attendu pour faire cette finition et de ne pas avoir craqué pour un ourlet simple. Le fin roulotté noir termine bien ce top. Je n’ai finalement pas rajouté de dessin sur ce top, je trouve le dégradé suffisant.

Plus je le porte, plus je l’aime, il est tout simple et s’accorde super bien avec un jean pour un look cool ou un pantalon blanc pour un style plus classe. Je pense le refaire en jersey de laine pour l’hiver, à superposer avec un top à manches longues, ou même opter pour une variante gilet. À méditer !

Dans tous les cas je suis ravie de ce cours qui était une charmante occasion de rencontrer des couturières des environs de Mulhouse et de plus loin (une participante était venue de Paris exprès et une autre de Lausanne) et j’espère avoir l’occasion de les revoir lors d’une rencontre possible en début d’année prochaine. Si chacune met sa création, on fera une bien belle équipe !

 

Vogue v1259 by Donna Karan

Après des heures de bataille acharnée, je viens de terminer ce modèle. J’avais flashé sur la photo de présentation de la pochette, que je trouve tout à fait à tomber, et je suis partie en chasse de ce modèle. Pas trouvé de jersey aubergine comme sur la photo, je me suis rabattue sur du violet plus bleuté, mais que j’aime bien aussi finalement. Trouvé au Marché Saint Pierre, lors d’un voyage sur Paris. Il faut 4 mètres pour faire ce modèle, pas économique!!

Pour le patron, c’est sur Etsy, une fois de plus, que j’ai trouvé mon bonheur pour 7 euros frais de port compris. Que demande le peuple? Quand on connait le prix des patrons Vogue, je m’estimais chanceuse. En quelques jours il est dans ma boîte aux lettres. La mention « difficile » ne me fait pas peur, il faut bien se lancer de temps en temps, et puis il y a les explications en français!

Ce modèle est en deux parties : la jupe et le top. Je décide de commencer par la jupe, qui est en une seule et énorme pièce (les pièces sont souvent en deux morceaux à scotcher ensemble, elles sont gigantesques), me disant que ça va être plus simple et que ça me permettra de tester leurs fronces que j’aperçois un peu partout sur le modèle.

Pas trop de problème du coté de la jupe, je rajoute juste une doublure, car mon tissu, un jersey de viscose, peut paraître un peu transparent. Avec la lumière, on peut voir la forme de mes jambes. Rien de dramatique non plus, mais comme il me reste un bout de tissu, je rajoute une seconde couche plus courte qui ne gêne en rien l’élasticité et le confort du modèle. C’est vrai que cette jupe est un bonheur à porter : légère et confortable, en plus l’élastique à la taille ne serre pas.

Avant de m’attaquer au top, je veux vérifier les mesures pour voir s’il y a des endroits où je dois rajouter ou retirer de la matière. Et là, c’est le drame.

Il est où le début, il est où la fin? Il est où le devant, il est où le derrière? Et bien c’est très simple : tout est un peu partout, tout se superpose et se mélange. Donc pour vérifier les mesures tu repasseras, car tu sais pas exactement où prendre quoi comme référence. Mhhh, que du bonheur… Il faut donc se lancer sans filet. Bien entendu, il est possible de faire une toile, mais pour un modèle en jersey, je ne voyais pas trop l’intérêt d’utiliser plus de 2 mètres d’un tissu semblable pour tester.

Concernant les instructions, elles sont en français et en anglais; par contre, les schémas ne sont que sur la version anglaise, en français ce n’est qu’une liste d’instructions, il faut donc se référer à l’autre langue pour avoir les schémas. Ce n’est pas très pratique car on a donc sur le bureau les 2 planches d’instructions plus l’ouvrage en cours. Personnellement je n’ai pas de table de plusieurs mètres de long ni l’assistant pour me tenir les instructions pendant que je couds, c’était donc assez galère de caser tout ça sur ma petite table.

J’ai compris la mention difficile : elle ne vient pas de l’assemblage, qui quand on suit bien les instructions, n’est pas pire qu’un autre modèle, mais des pièces. Comme on ne peut pas les reconnaitre ou difficilement, ce n’est qu’à un stade avancé de la réalisation qu’on « voit » ce qu’on fait et qu’on peut faire des essayages. Résultat des courses: le pan plissé à l’avant du top est bien trop large pour moi, j’ai la taille assez fine par rapport au buste et aux hanches, et la partie « centrale » de mon top en paye les frais, cette partie traîne lamentablement. Mais où reprendre?? La zone incriminée est une superposition de 3 pièces… Je démonte les fronces, enlève quelques centimètres aux 3 pièces, reforme les fronce etc… Je dois faire ça plusieurs fois, et à plusieurs endroits si je veux conserver un minimum d’équilibre au modèle. C’est galère, surtout dans du jersey où j’ai consciencieusement surjeté les cotés (même si c’était pas demandé mais bon, je voulais faire chauffer la surjeteuse, et puis c’est plus propre que des bords à cru) .

Au final, voilà ce que j’ai réussi à faire de mieux. Je suis satisfaite de la jupe, mais le top n’est pas « au top », il n’est pas aussi cintré que sur la photo de la pochette, mon problème est que je ne sais pas trop où je peux encore reprendre! Ou alors il faudrait tout défaire, retailler les pièces une voir deux tailles en dessous et refaire le top? Une fois les pièces dépliées, est-ce que je pourrais vraiment identifier les endroits pour y reprendre mes mesures poitrine/taille/hanches? A mon avis, à part celui qui a créé ce modèle, il est vraiment très difficile en voyant et en étudiant les pièces, de retrouver les repères habituels. C’est ça qui m’a totalement déstabilisée. Finalement je l’ai terminé, mais ce n’étais pas gagné, la poubelle lui tendait les bras. Ce n’est que la jupe qui l’a sauvé : la jupe seule ne présente pas vraiment d’intérêt et est difficile à assortir.

Donc résultat mitigé pour cet essai de patron Vogue, j’avoue que je m’attendais à mieux de la part de cette marque, surtout compte tenu du prix des patrons (au tarif normal près de 25 euros!! pour un seul vêtement par pochette). Je ne peux pas blâmer les instructions, il faut être attentive mais on peut les suivre, mais plutôt le modèle qui n’était pas adapté à ma morphologie et qui est difficile à corriger avant d’arriver à l’étape finale de la construction.

** EDIT **

Fehr Trade propose sur son blog un excellent article sur ce patron, ne manquez pas d’y faire un tour, ça peut vous aider pour la construction!!!!

** EDIT 2 **

Instant frime, je suis même en première page de Thread and Needles, wow!! Merci aux administrateurs d’avoir sélectionné mon projet, c’est très sympa!!!

Art, Culture et Élégance, la haute Couture sous l’objectif de Willy Maywald

Cette exposition se tient au Musée d’Impression sur Étoffes de Mulhouse, du 14 avril au 16 octobre.

Ce sont les belles photos à l’entrée du musée qui m’ont poussées à entrer, je connaissais déjà ce musée mulhousien mais le nom de cet artiste m’était inconnu. J’aime beaucoup l’élégance et la féminité exacerbée de la période présentée, pourtant je n’avais jamais entendu parler de ce photographe allemand, parisien d’adoption. Sa renommée vient de ses photos de mode, il est considéré comme un grand photographe du 20eme siècle. Certains clichés me rappellent celles de Georges Dambier, je suis presque certaines que certaines robes ont été photographiées par les deux. Ce ne serait pas étonnant, après tout ils sont contemporains !

Une brève biographie de cet artiste se trouve dans le communiqué de presse de l’exposition, je ne vais pas copier ici, cela n’a pas vraiment d’intérêt.

Sa réputation grandit dans les années 30, il fréquente les grands noms dela Haute Couturede l’époque : Schiaparelli, Heim, Chanel. C’est à ce moment qu’il rencontre Christian Dior, modéliste de Robert Piguet…

Plus tard, il devient le photographe attitré de la maison Dior et immortalise le New Look : une grande partie des clichés de l’exposition sont des créations de la maison Dior, mais à partir du moment où Yves Saint Laurent la reprend à la mort de son fondateur, conformément au souhait de ce dernier, le photographe délaisse la maison pour se tourner vers d’autres créateurs avant de se retirer lentement de la scène dela HauteCouture, ne retrouvant plus l’antique élégance de cette dernière dans les créations plus avant-gardistes de la génération de Pierre Cardin.

 

Il y a un peu plus de 200 photos dispersées dans 2 galeries dédiées à cette exposition à l’intérieur même du Musée d’Impression du Étoffes, c’est assez déroutant de croiser de gigantesques machines du 18eme siècle à coté de clichés de robe de cocktail en organza…

Mais cela fait aussi le charme de cette exposition, pouvoir comprendre les procédés d’impression (plaque, rouleau…) et voir les réalisations qui peuvent en découler !

 

Willy Maywald fournit ses photos en noir et blanc aux célèbres magazines : Harper’s Bazaar, Vogue, Vanity Fair, il fait également des portraits de célébrités.

Il est un des premiers à faire descendre les mannequins dans la rue pour les photographier dans le cœur de Paris, cette ville qui lui est si chère.

Au travers des originaux (prêtés par l’Association Willy Maywald), on retrouve des anecdotes sur les séances photo de l’époque, ou tout devait se dérouler en quelques heures, voir quelques minutes, les mannequins se changeaient dans la voiture (des voitures étroites mais des robes envahissantes !) et les décors devaient être tout près afin de réduire le temps de « sortie » des modèles qui devaient également être disponibles pour la riche clientèle triée sur le volet qui achetait ses précieuses créations. Parfois, les séances se déroulaient la nuit, pour que les robes soient présentes en boutique le jour ! Dans ces cas là, c’était par exemple sur les escaliers en marbre d’hôtels particuliers.

 

Cette exposition est intéressante car au-delà des belles images, elle retrace aussi le faste d’une époque, tout juste sortie de la guerre,la Franceveut retomber dans un luxe oublié. Cette mode où la profusion de tissus précieux, de dentelles, de plissé set de chapeaux en est la preuve. Ce parcours des années 1930 à 1950 (la plupart des photos sont des années 50) dresse un portrait détaillé d’une période particulièrement fournie de la mode française. Cela permet aussi de découvrir un photographe qui est peu connu en France (cela m’a rassurée de lire ça, je me sentais moins inculte).

Le Musée d’Impression sur Étoffes propose un atelier couture dans le cadre de cette exposition, assez ambitieux à mon avis : « Pendant toute une journée apprenez la Haute Couture avec une professionnelle et réalisez votre propre vêtement digne d’une réalisation d’un grand couturier. Du dessin à la réalisation laissez-vous emporter par la magie de la création et repartez avec votre réalisation !” Si c’est vraiment le cas, et bien je vais pouvoir porter directement samedi 23 une superbe robe Haute Couture faite de mes mains, car en effet, j’ai pu avoir la dernière place pour l’atelier de ce mois-ci.

Affaire à suivre!

 

Pour aller plus loin :

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