Voici une petite sélection de photos du mariage, souvent très drôles. Les photos sont celles des invités.
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Mariage – Partie 2, les tenues
Attention, bombardement de photos!! Nous sommes rentrés hier de notre séjour en Australie, malheureusement je n’ai pas eu l’occasion d’avoir accès à internet régulièrement ce qui fait que je n’ai pas pu poster les détails de notre périple, ni les photos du mariage. Mais maintenant que je suis au chaud à la maison, je peux rectifier cela.
Pour ma robe, il s’agit d’un patron Vogue, le V1102 que j’aime beaucoup pour sa simplicité. Les patrons de cette marque, même s’ils sont chers, sont très bien expliqués et tous d’une originalité et d’un chic qui a mon avis, n’a rien à voir avec Burda et consort.

Pour éviter de payer les patrons Vogue un prix d’or, je les achète sur Ebay ou sur Etsy…
Ce patron est top, facile à faire, facile à retoucher si le besoin s’en fait sentir. La robe est intégralement doublée de voile de coton bleu ciel, et entre les deux couches de tissus, il y a de l’organza de soie pour donner de la tenue. Vous pouvez voir un aperçu des détails dans une précédent article.
Le tissu est une popeline de coton dont le motif est une création personnelle réalisée à partir de photos que j’ai prises dans une usine désaffectée de la région. Il s’agit de morceaux de verre qui proviennent d’une vitre cassée. J’ai travaillé la photo pour en créer un motif répétitif qui a ensuite été imprimé sur 4m continu de tissus.


Comme en octobre il ne fait pas trop chaud (même si nous avons eu de la chance le jour de notre mariage), j’ai cousu un petit boléro. Le boléro est issu d’un Burda récent, celui du mois de septembre. Il s’agit d’une adaptation du modèle 120.

Une modification que j’ai apportée au modèle original est l’encolure dans le dos qui a été très creusée, afin que le noeud de la robe puisse passer par dessus sans plisser. Je ne voulais pas qu’il soit écrasé sous le gilet, et voici donc la solution que j’ai trouvée.
Autre modification minime : j’ai rajouté deux liens pour pouvoir le fermer sur l’avant. Il est également doublé de voile de coton bleu, le même que pour la robe.
La coiffeuse s’est surpassée, j’adore le chignon qu’elle m’a construit! Le ruban qui est dans cet échafaudage est brodé de perles, je l’ai trouvé aux puces pour quelques centimes et finalement, il est parfait pour agrémenter la coiffure.
Le boléro est cousu dans les chutes d’un pantalon fait l’année dernière. Il s’agit d’une matière brillante que je ne peux pas vraiment décrire…
On peut aussi voir que le dos du boléro a été rallongé pour couvrir l’ouverture dans le dos de la robe. Attention aux courants d’air!!!
Au départ, je suis partie un peu à l’aventure avec ce boléro, mais il était vraiment pratique et allait bien avec la robe. Je pense qu’en plus je pourrai le remettre!
Les photos ont été prises au Vitra Design Museum, à Weil am Rhein en Allemagne. J’y suis déjà allée plusieurs fois car leurs expositions temporaires sont très intéressantes et l’extérieur du bâtiment vaut le détour également.
Nous avons fait quelques photos à l’intérieur mais… on s’est fait jeter car ce n’est pas autorisé. J’avais pourtant fait des démarches auprès de leurs services pour demander l’autorisation… Tant pis, on aura essayé!

La chemise de mon homme est basée sur mon patron de chemise découpée
J’avais testé ce patron sur sa chemise en liberty et j’en suis satisfaite. Il s’agit maintenant de mon nouveau basique pour les chemises de mon homme.
Le tissu est une popeline un peu strech d’une superbe couleur… Dans le col et dans les poignets, tout est entoilé avec de l’organza de soie et ça donne à la chemise une souplesse particulière. Mon homme la trouve très confortable et aura aussi l’occasion de la remettre par la suite. Quelques photos des détails sont visibles dans un précédent article.

Même s’il n’aime pas trop les photos, il a accepté de jouer le jeu pendant quelques heures. C’était très sympa et ça nous fait des superbes souvenirs. Maintenant le plus difficile est de choisir celles que je vais imprimer
Et sinon… quelques autres photos que j’aime particulièrement…
Voilà pour les photos des habits de mariés, j’espère que ça vous plait et que vous n’êtes pas trop déçus de ne pas voir une « vraie » robe de mariée…
Nous avons passé une belle journée sous le soleil, bien mangé, bien bu… ça me fait bizarre de me dire que je suis « une madame ». C’était un petit mariage comme je le voulais et ça a été une journée en famille, en tout simplicité.
Bientôt, des photos d’Australie!!
Mariage – Partie 1, la déco
Ca y est, le grand jour est passé! Nous avons eu la chance d’avoir une jolie journée ensoleillée qui est passée à toute allure.
Je n’ai pas encore de photos officielles à montrer, j’attends le retour du photographe! Donc pour la robe, il faudra patienter. Je suis également impatiente de les voir! En attendant, voici certaines de mes photos…
Pour commencer, voici une maison réalisée d’après un modèle de Lea Stansal, (La trousse à couture). J’avais déjà vu cette maisonnette en vrai, réalisée par une amie couturière (celle qui a d’ailleurs cousu la cage à oiseaux) et depuis, ça me trottait dans la tête de la coudre à mon tour.
Elle est presque intégralement réalisée à la main… matelassage, porte, assemblage, décoration en perles… toutes des opérations qui m’ont occupées pendant plusieurs soirées! Mais je suis vraiment contente du résultat! Le tissu principal est une popeline de coton, la même que celle utilisée pour ma robe.
Les détails violets sont des chutes du tissu de la chemise de mon homme. Avec les chutes de tissu de ma robe, je n’ai pas cousu qu’une maisonnette, je me suis également lancée dans un domaine dont j’ignore tout, les poupées!
J’avoue ne rien y connaître en poupées, je suis donc partie sur un modèle Tilda (du livre Une journée chez Tilda). Avant de feuilleter un livre Tilda chez mon amie « couturière de cage« , je ne savais même pas que ça existait… L’univers est frais et charmant et les éléments de déco qu’on peut réaliser sont vraiment mignons!
La poupée est également aux couleurs des créations du mariage ; chutes de la chemise et de la robe de mariée, les toutes dernières perles de la dosette. Les cheveux en laine étaient une première, j’ai tenté de coiffer la mini-mariée d’un chignon.
Mon tissu pour le corps de poupée n’est pas génial, il s’agissait de chutes d’un tissu en polyester très lourd et épais. La couleur est parfaite, mais le tissu un peu trop épais, les marques de rembourrage donnait un effet cellulite à la pauvre poupée! Je voulais éviter d’acheter encore du tissu alors celui-ci a fait l’affaire. Son blush sur les joues est en fait du rouge à lèvres étalé au pinceau.
La maison a trouvé sa place sur une table. La poupée n’était pas loin, mais je n’ai pas de photo. Pas facile de faire des photos quand on est la mariée!!
Mais… à quoi sert cette maison??
Laissons-nous guider par notre présentatrice habituelle… (qui porte son étole en soie)
Il s’agit d’une maisonnette à chèques et à cartes de voeux! Qui a eu beaucoup de succès d’ailleurs, c’est ma belle-mère qui est repartie avec cette création, ma maman s’étant attribué la poupée.
Sur l’autre table, c’était la cage à oiseaux qui était la vedette! Vous pouvez également voir nos menus, assortis aux faire-part de mariage.

Quelques photos de l’apéro… Quand j’ai commencé les photos, après le toast, les plateaux étaient déjà entamés
MMhhhh, la belle assiette d‘assortiment de desserts!!
Une assiette qui a beaucoup plut à ma témoin!

Jeudi, je quitte la France pour 3 semaines au pays des Kangourous! J’espère avoir accès ponctuellement à internet pour partager de belles photos de ce voyage.
Robe à volants
Une robe pour un mariage, pas une robe de mariée… Nous étions invités au mariage d’une amie et j’ai cousu cette robe pour ma « commanditaire N°1″. C’est ensemble que nous avons choisi ce voile de coton blanc avec des motifs géométriques roses, violets et marrons. La robe est doublée de coton blanc car sinon, cette robe serait très transparente.
Il s’agit du modèle 106 du burda d’août 2011, une robe basique ornée de beaux volants. La version que j’ai cousue est celle sans volant « manches » et sans celui en ourlet de robe.
Pas de difficulté particulière: pour ajuster la robe au mieux, mon amie a essayé la doublure avant que je commence la couture du tissu principal, de cette manière j’ai pu reporter les modifications avant l’assemblage.
Il faisait froid ce jour là, et très nuageux. En arrivant dans la salle où se dérouleraient le repas, nous nous sommes éclipsées pour prendre quelques rapides photos. J’ai totalement oublié de lui demander de retirer sa veste pour qu’on voit le haut de la robe…
Pour la finition des volants, j’ai opté pour un roulotté avec la surjeteuse, en utilisant du fil transparent, comme du fil de pêche. C’est assez pratique pour des tissus bariolés, c’est totalement invisible.
Pour attacher les volants à la robe, il faut les coudre très proche du bord. Après un passage en machine à laver, j’ai récupéré cette robe pour effectuer le « service après-vente » parce que certains volants se décousaient à certains endroits. J’ai piqué un petit zig zag en espérant que ça va tenir… De la toile aussi fine est fragile, et la machine à laver ne l’a pas épargnée.
Je ne peux pas m’empêcher de vous montrer la superbe coiffure de mon amie! Impressionnant! Et pratique, vu le vent qui a balayé toute cette journée! Mes belles boucles étaient vite retombées…
Revenons à la robe, vous avez peut-être reconnu le tissu… Il a servi à la réalisation d’une cravate.
Chic, la robe et la cravate assortie!!
De notre coté, nous n’étions pas assortis… Et j’étais déçue de ne pas pouvoir porter la robe prévue (photos à venir, quand je les aurais prises!!) à cause de la météo déplorable. Par contre, mon Homme a lui pu porter sa chemise, ainsi que la cravate qui l’accompagne car qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, pour un homme, un costume reste un costume!
Ma robe? Je me suis rabattue sur une robe en maille de Karen Millen, que j’ai rapporté de mes vacances à San Francisco et qui était parfaite pour une frileuse comme moi. Si vous ne connaissez pas cette super marque anglaise, je ne peux que vous encourager à aller faire un tour sur le site web de la marque… Et à attendre les soldes!!!
Des faire-part de mariage en forme de petits sacs…
Depuis le temps que j’en parlais de mes faire-part!! Il était temps de vous les montrer… Cela fait une grosse semaine qu’ils sont envoyés, les premières réponses arrivent.
L’avantage de notre mini-mariage, c’est le nombre de faire-part. J’en ai fait, en tout et pour tout, 12… Dont un pour nous « en souvenir » et un « crash test ». Si vous avez suivi les cours de maths de primaire, il y a eu donc 10 envois. Ne soyez donc pas déçu(e)s de ne pas recevoir le votre, c’est très VIP mon mariage
N’ayant pas beaucoup d’invitations à lancer, j’ai laissé libre cours à mon imagination. Je voulais faire mes invitations moi-même, y montrer un peu de ma personnalité et de mes passions, qu’elles soient le plus personnelles possibles. N’ayant aucune connaissance en scrapbooking ou en collages de ce genre (j’ai reçu de très beaux faire-part en scrapbooking, j’étais d’ailleurs surprise de ce qu’il est possible de faire), je me suis tournée vers ce que je connais : la couture ! L’homme me laisse carte blanche : les faire-part, c’est un truc de gonzesses.
Et pour faire simple : un petit sac. Deux rectangles, un pour l’avant, l’autre pour le dos et deux rectangles pour les anses. Quoi de plus simple? Et si c’était trop simple…
Le dessin qui est sur le sac est également une création personnelle, je l’ai réalisé sur l’ordinateur avec un logiciel de dessin vectoriel très très connu (dont nous allons tout de même taire le nom); une partie de mes études a porté sur la création graphique.
Pour ce dessin, je me suis inspiré de photos de magazines (genre pub de parfums) pour la pose, j’aurai eu trop peur que mes personnages soient de travers ou bizarrement proportionnés.
Le dos du sac est un ensemble de symboles qui peuvent être associés à la noce. Smocking, robe, champagne, coeurs, appareil photo, j’ai essayé de noter toutes les idées avant de me lancer dans la réalisation de ces icônes.
Le tissu, une toile de polyester très épaisse, a été imprimée en local, dans une entreprise sur Thann, Défil. C’est par une amie qui j’ai eu la possibilité de visiter et de faire imprimer mon tissu de faire-part chez eux, une vraie chance. Les impressions sont très contrastées et les couleurs sont vraiment semblables à celles de mon fichier d’origine, je suis ravie!

Oui, j’avoue, les bords des anses ne sont pas surjetés… J’assume et je vous montre tout de même la photo!!
Sur ma vieille machine familiale, la toile n’était pas simple à coudre, car très épaisse (je suis à blâmer, c’était mon choix). Au départ, je voulais surjeter ensembles les deux cotés mais cela n’était pas possible : les épaisseurs étaient rejetées par la surjeteuse. J’ai donc surfilé les bords de chaque carré, avant de les piquer à grands points sur la machine à coudre.
Pour les anses, elles se sont avérées impossibles à retourner sur l’endroit! Si, mais au prix d’un travail laborieux et désagréable, j’ai donc opté pour du biais satiné rose fuschia qui emprisonne les bords de mes anses. En plus, ça donne une touche colorée sympathique!
Une petite pince dans le fond du sac pour lui donner cet effet « plat » et le tour est joué. Il faut à peu près 20 minutes pour faire un sac, découpage et repassage compris.
Les invitations en cartons assorties sont glissées à l’intérieur du sac. Les anses du sac sont repliées et le sac est roulé avant de trouver sa place dans une enveloppe kraft et de partir à la poste.
J’espère que les destinataires apprécieront ces invitations. Car Mamie (à qui je l’aie remis en mains propres) a trouvé ce faire-part formidable, mais je pense que son avis n’est pas forcément impartial!!
Celles qui se sont mariées : avez-vous réalisés vos faire-part ? Qu’est-ce que vous avez fabriqué?
Dans ma liste géante, pour la partie « mon mariage » :
Faire-part « originaux » finis et envoyés! CHECK- Robe de mariée, toujours au point mort. PAS CHECK DU TOUT.
- Chemise de mon homme, je vais choisir des boutons cet après-midi, ça compte comme un mini check?
- Cravate qui va bien, Aucune idée pour celle là! Zéro CHECK
Etole pour ma petite soeur. CHECK!
Comment garder son homme, par The Famous Mamie…
En ce moment, le blog est mis un peu de coté car c’est l’été. Cela ne se voit pas au premier coup d’oeil car j’avais encore des articles préparés en stock que je voulais poster, mais cette réserve est à présent épuisée. Non pas que je ne couds rien (vous avez vu ma liste???), loin de là, mais j’ai des journées bien remplies et je ne veux pas tomber dans le cercle infernal que Mathilde décrit si bien. Vivre pour son blog ? Pour un blog qui ne permet pas de vivre, assurément non… Méditons là-dessus…
Sinon, comment va Mamie ? Bien, merci pour elle. Même si il fait chaud et qu’elle n’aime pas ça et que le mirabellier a été durement frappé par la foudre et les orages du mois dernier… Voilà qui la contrarie.
J’ai été invitée à passer la voir, avec des tupperwares et des sachets plastiques : elle est en train de cueillir les premières mirabelles et des barquettes de mûres m’attendent au frigo. Il y a également un plat de couscous pour mon homme. Et puis y’a pleins de trucs dans le jardins à cueillir, sinon ce sont les oiseaux qui vont les bouffer et ça, c’est inadmissible. Bref, sa routine tiens bon le même cap, sa vie reste centrée sur ma soeur et moi.
Je ne suis pas venue pour rien : 4 courgettes, 2 concombres, 15 carottes, 1 aubergine, 1 poivron, des patates et du laurier, j’ai pu aussi bénéficier de sa grande sagesse.
Il faut cueillir des mirabelles, mais celles tout en haut car ce sont celles qui prennent le soleil et blablabla… Donc, il faut que je monte sur l’escabeau qui ne m’inspire pas confiance pour cueillir les mirabelles. Il faut que je le fasse MAINTENANT.
« Un tshirt blanc et une jupe c’est pas pratique pour cueillir des mirabelles, mais bon, tu feras attention. »
J’ai bien mentionné qu’à ma connaissance on secoue les mirabelliers et qu’on ramasse ensuite, mais l’argument n’étais pas recevable chez Mamie.
« Monte, je tiens l’échelle. Après tu cueilleras des pêches. »
Pendant qu’elle tenait fermement l’escabeau et que je collectais les mirabelles, Mamie engage la conversation sur mon futur mariage et le beau faire-part que je viens de lui donner (le faire-part, bientôt sur le blog, promis!!). Bien entendu, mon faire-part est le plus beau de tous ceux qu’elle a vu dans sa longue vie. Et le mariage sera la meilleure chose qui m’arrivera dans mon existence. Ah si, mieux, c’est quand tes enfants naissent, et encore mieux c’est quand il sont des superbes études prestigieuses et qu’ensuite tu peux dire « aux gens » qu’ils sont avocats ou médecins ou gendarme (prestige de l’uniforme) ou un truc comme ça.
Mamie me fait part de ces théories sur les hommes. Car Mamie connaît les hommes, c’est certain. Du moins, elle en a connu un. En son temps, Mamie s’est aventurée hors de son mini bled du fin fond de la Franche Comté pour traverser toute la France direction Marseille, pour y prendre le bateau et rejoindre Alger, là ou se trouvait le beau soldat qui avait libéré son village. Oui, Mamie était une Indiana Jones féminine et une femme de caractère.
Car elle avait décidé que c’était lui qu’elle épouserait. Même que quand il a arrêté pendant un moment de lui écrire, elle a fait une grève de la faim et que c’était un peu la panique. Dixit sa sœur (celle qui a des arrières-petits-enfants).
Tout ça pour dire, que les hommes, ça la connaît, et qu’il y a quelques principes de base à respecter pour vivre en harmonie avec eux et garder sa place de choix à leurs cotés.
- Le plus important, c’est que l’homme a toujours raison. Ben oui, c’est un homme. Si déjà tu as compris ce principe, tu es bien partie pour le garder, ton homme. Sinon, va falloir mettre de l’eau dans ton vin. Un homme qui porte un uniforme remporte un bonus de 15 points au moins, et tu dois encore plus l’écouter, car en plus du prestige naturel d’être un homme, il porte un uniforme officiel qui représente la France et sa gloire, et ça, c’est un peu comme le Général de Gaulle. Donc c’est hyper classe. Donc tu la ramènes pas trop.
- Un homme mange de la viande, à tous les repas. C’est important, c’est pour qu’il reste fort et protège sa maison et sa famille. Pendant une période, Mamie et sa famille n’avait pas trop les moyens car ils construisaient la maison et le Papi était très malade. Y’avait pas de la viande pour tout le monde, juste pour le Papi et un peu pour ma maman. Mamie disait qu’elle n’avait pas faim.
- Toujours se maquiller, être bien coiffée, porter des chaussures à talons et des beaux habits propres et repassés car sinon, ton homme va te quitter pour une autre, qu’il aura rencontrée sur son lieu de travail (genre toi tu bosseras pas, tu élèveras les enfants) et qui elle respectera les règles citées plus haut. Tu finiras seule, malheureuse, éplorée et abandonnée, très certainement mangée par tes chats.
- Il faut être économe dans son ménage, ne pas trop dépenser… Et surtout, ne jamais jeter de pain, tu peux toujours le réutiliser ! Mamie fait une obsession sur le pain (les reliquats de la guerre laissent des traces, c’est compréhensible). Et les sous que tu as de coté, il faut les investir dans la pierre, l’immobilier car c’est ça qui dure! D’un coté, elle n’a pas tort, le bon sens paysan n’a jamais ruiné personne!
- Ne pas être versatile et entêtée comme le sont les femmes de maintenant, qui quittent leurs hommes pour un oui pour un non. De son temps, les femmes savaient où étaient leurs places. Elles râlaient moins et ne lançaient pas des procédures de divorce à tout va comme aujourd’hui. Une honte ! Déjà que j’ai quitté mon précédent compagnon, au bout de 8 ans, alors que j’atteignais l’âge canonique de 26 ans, il faut que je me reprenne et que je tire des leçons de mes erreurs passées.
En entendant tout ça, c’était difficile de ne pas lui répondre, de plus, je suis d’un naturel à rentrer assez facilement dans le lard des gens, ma diplomatie n’est pas légendaire. Mais là, c’est ma mamie, elle a 90 ans et en plus… Elle tenait l’échelle!!!
Il semblerait, d’après Mamie, que je ne sois pas trop mal barrée dans la vie, ça m’a rassurée (ou pas ???). Je suis bien soignée, je sais faire à manger et je sais tenir un ménage à peu près convenablement. Mes compétences en couture et en cuisine m’ont d’ailleurs aidées à accrocher mon Homme, car d’après Mamie, un homme de son âge (5ans de + que moi) a su tout de suite apprécier ce genre de qualités et y voir celles recherchées pour fonder un foyer. Quand je l’ai dit à mon Homme, il m’a répondu qu’il n’en avait rien à foutre de la couture et que dans un premier temps, il me trouvait surtout très à son goût physiquement et assez drôle.
Quand j’ai annoncé à Super Mamie que j’avais décidé d’adopter le nom de famille de mon homme, elle a trouvé ça « tout à fait normal, c’est dans l’ordre des choses ! », je n’ai pas voulu lancer un débat sur les choix personnels de patronymes. Je lui ai dit que je voulais faire ma robe, que j’avais déjà fait une chemise pour lui etc… Et là, elle a tiqué.
J’étais surprise, pourtant je lui parlai de bon loisir typiquement féminin…
« Tu fais beaucoup de choses en couture, c’est bien… Mais n‘oublies pas que ce qui est important, c’est ton couple. Donc si la couture prend trop de temps et empiète sur celui que tu dois consacrer à ton homme, il faudra que tu freines un peu tout ça… »
Ne rien dire, ne rien dire… Je souris bêtement en hochant la tête et je range dans un sachet tous mes légumes et récupère toutes les barquettes qui me sont désignées avant de la laisser. Mamie aime bien discuter avec moi, car « je suis attentive à ses propos ». J’ai l’impression de lire un bouquin d’éducation de jeune fille du début du siècle (celui d’avant…) avec les conseils sur la place de la femme et les détails des tâches ménagères à effectuer, Mamie a ce coté un peu désuet.
Le plus attendrissant c’est qu’elle croit dur comme fer à tout ce qu’elle dit et qu’elle le dit pour notre plus grand bien !
// hé, vous avez vu, j’ai créé une nouvelle catégorie, pour y ranger les articles de « The Famous Mamie ».
Etole tricotée en soie!
Je ne tricote que ce qui est à base de carrés. Des rectangles, à la limite. J’ai rapidement vu que le tricot et moi, on avançait lentement, que je n’étais pas hyper douée et que d’ici à ce que je fasse un gilet portable, de l’eau allait couler sous les ponts.
Vous vous souvenez d’un gilet qui était en cours, il y a des mois… Un modèle de la Droguerie. Sa fin a été tragique. Un jour, peut-être, je vous raconterais cette histoire, elle est insoutenable.
Mais voilà, je ne me laisse pas abattre. Heureusement!
Ma soeur sera mon témoin pour mon mariage, et pour accompagner la robe qu’elle a achetée (bouh, achetée… la honte pour la soeur de qqun qui coud!! mais je n’ai pas une minute à moi, jamais je n’aurai été capable de lui coudre une robe dans les temps), je lui ai tricoté un cache-épaule dans de la super laine (genre! c’est même trop bien pour ce que j’en fais!).
Le modèle, c’est…. un grand rectangle. De 2m… C’était long, très long. C’est la manière de le coudre qui fait cet effet de noeud sur l’avant! Le tout en jersey, pas trop difficile, ça se tricote bien devant la télé.
Le modèle vient du catalogue Lang Yarns.
Admirez comment mon beau cache-épaule ressemble à celui de l’image de référence!!! On s’y croit, non?? Y’a pleins de beaux modèles dans ce catalogue, mais les formes de base ont l’air bien plus complexes que des carrés ou des rectangles, dommage…
Comme je n’y connais rien en tricot (si, si, faut l’avouer et l’assumer), c’est une vendeuse du magasin Ambiance Laine à Colmar qui m’a (bien) conseillée, à la fois pour le modèle, les aiguilles (aiguilles 4 en bambou, parfaites pour la laine que j’ai utilisée) et aussi, pour le plus important : la laine. Elle m’a aussi trouvé une superbe laine, tubulaire, 100% soie… Super belle, super…chère! mais en soldes, alors ça passait mieux, et c’était pour ma soeur et, indirectement, pour moi aussi car elle allait briller à mon mariage en portant cette étole. Cela me fait plaisir de lui faire ce petit cadeau!
Il m’a fallu 11 pelotes pour réaliser ce cache-épaule, ce qui fait que j’ai une pelote au fond de mon sachet, toute seule… Mhh, va falloir trouver quoi faire avec seulement 25g (77m) de cette laine!! Commencer un stock de bout de laine et de pelotes entamées? Mmhh, je le sens bien, ça.
Alors, alors, où en est ma check-list géante de tout ce que je veux faire d’ici à la fin de l’été??? Comment se porte ma garde-robe pour ma grande vie mondaine??? Et celle de mon futur Jet-Setteur de mari?? Pfiouhhh… Dur, dur!
Anniversaire 30 ans d’une copine, prévu mi-août:
- Chautarie géant cale-porte, 80% tricoté, 30% assemblé. Presque CHECK.
Mariage prévu fin août:
- Chemise légèrement contrastée de mon homme, CHECK
- Cravate qui va bien, CHECK
- Robe San Francisco, CHECK
- –>> sur ce coup, j’assure comme une bête!
Mariage prévu début septembre:
- Chemise de mon homme, tissu acheté, lavé et repassé, idée précise en tête. Je vais essayé de couper les pièces ce week end. Ai-je assez de tissu? J’espère. Pas trop CHECK donc…
- Cravate qui va bien, tissu peut-être trouvé dans l’armoire, mais métrage qui convient non confirmé. Peut-mieux-faire CHECK.
- Robe de femme fatale qui traine jusqu’à par terre et ramasse la poussière (mais de manière super classe), couleur chair, toute taillée dans le biais, qui a demandé 6m de tissu (Rrrrhhhh!!), 99% faite, il faut que je termine l’ourlet de la doublure (flemme, quand tu nous tiens). Quasi-CHECK
Mon mariage, mi octobre:
- Faire-part « originaux », dessin dessiné, coupons de tissu imprimés et réceptionnés, « assemblage fait… Reste plus qu’à prendre de photos pour vous montrer tout ça et … les envoyer aussi. CHECK
- Robe de mariée, patron choisi, tissu « designé » à partir de photos que j’ai faites, tissu personnalisés commandés, réceptionnés, lavés, repassés et admirés. Sinon, ça n’avance pas d’un pouce! PAS CHECK DU TOUT.
- Chemise de mon homme, tissu acheté, validé, lavé et repassé. Rien n’est fait. Pas trop CHECK non plus tout ça.
- Cravate qui va bien, Aucune idée pour celle là! Zéro CHECK
- Etole pour ma petite soeur. CHECK, vous venez de la voir. Sinon, relevez les yeux vers le haut de la page et consultez un médecin, Alzheimer vous attend au passage!
- Etole pour moi, tricotée en dentelle, un très beau modèle de Elle tricote, 3cm de tricoté en aiguilles 3. Jamais elle ne sera terminée à temps, ça me demande une concentration folle et j’ai beaucoup de mal à m’y retrouver dans les mailles. Pas trop CHECK, mais si je n’y arrive pas pour cette date tant pis!
Sinon, les photos ne sont pas aussi bien que je l’aurai voulu, la faute à « trop de soleil »… Je vais essayé de me rattraper la prochaine fois!
La chemise discrètement contrastante
Je vois que vous prenez tous beaucoup de plaisir à répondre au questionnaire pour gagner un patron et que cela vous amuse, tant mieux ! C’est le but. Merci de votre participation!
Revenons au mariage (mais pas que le mien en fait) et à tout ce qui l’entoure. Dans un précédent article, je vous disais que j’avais du pain sur la planche, ou plutôt du tissu sur la table, en effet j’ai dans l’idée de faire ma robe de mariée mais aussi de fabriquer la chemise et la cravate de mon futur époux.
Soyons raisonnable, même si réaliser un costume pour homme doit être un exercice enrichissant et bourré de techniques pointues, je suis encore à des années lumière d’avoir le niveau pour me lancer dans ce trou noir. Je me contente de la chemise, exercice que je maîtrise un peu mieux. Le costume, on l’a acheté dans un magasin spécialisé et il tombe magnifiquement, c’est de la folie furieuse. Si je ne me retenais pas, je le découdrais totalement pour voir comment il est fait « de l’intérieur ».
Par contre, mauvaise surprise, le patron de chemise que j’utilise d’habitude pour mon homme n’est pas « nouveau costume compatible ». Le col, sa hauteur, sa longueur, la largeur, rien ne va, ça dépasse, ça encombre, c’est pas beau. Mince alors, c’est pas de chance ! Je décide de prendre le risque de modifier le patron (déjà adapté) de chemise de base et de le croiser avec un second patron, qui serait plus adapté au niveau du col et du cou.
Ce deuxième patron, je le trouve dans l’armoire de mon homme, une ancienne chemise très fine, dans un mélange de coton-polyester pas génial. Pas étonnant qu’il ne la porte jamais cette chemisette, la matière est vraiment spéciale et très transparente, ce n’est pas du meilleur effet quand on a une forte pilosité. Par contre, le col passe parfaitement avec les découpes de la veste de costume. La sentence tombe, il faut sacrifier cette chemise pour le bien commun. La (très) longue étape qui consiste à minutieusement découdre chaque point me prend une après-midi entière mais à la fin, la chemise est en kit, les pièces sont prêtes à être redessinées.
Je replie les surplus de couture et je trace les contours des morceaux sur du papier. Cette étape passée, je vérifie que les mesures coïncident avant de me lancer dans la création du patron hybride. Je garde le « corps » de ma chemise habituelle, c’est essentiellement au niveau du col et de l’encolure que je reprends les tracés du nouveau patron.
Je ne voulais pas immédiatement me lancer dans LA chemise du mariage, un peu de stress tout de même ! Nous sommes invités à deux mariages cet été, dans mon esprit cela signifiait deux chemises « de gala », l’une d’elles servira de crash-test. La voilà donc, le patron a passé l’épreuve du feu et ne ressort qu’avec quelques corrections.

Désolée de vous présenter cette chemise d’homme sur un mannequin de femme! C’est quand même mieux que sur un contre tout de même…
Le tissu principal est une étoffe de coton « Reine Baumwolle » (coton peigné) d’un bleu ciel très lumineux, achetée en Allemagne que j’ai associé avec du Liberty dont j’ignore le nom (j’suis nulle en Liberty).
J’ai choisi de modifier les pattes de boutonnage en les coupant « rapportées », au lieu de celle coupée à même prévue dans mon patron habituel. Je voulais à la fois que la partie avec les boutonnières de mon devant droit soit en uni et que la patte de mon devant gauche soit en liberty (vous suivez ?).
J’ai tracé un patron pour chaque devant : mon devant droit a la patte de boutonnage incluse (+ 1cm de surplus), elle est donc en tissu uni. Mon devant gauche a la patte de boutonnage rapportée, coupée directement en Liberty… Regardez les photos, vous comprendrez.

La chemise, à l’envers.
Vous pouvez bien voir les parmentures de la patte de boutonnage et aussi le dessous du col en liberty/
Et, c’est gratuit, un petit schéma sur le pourquoi du comment, j’espère que ça peut vous éclairer.
Comme vous l’avez compris grâce à mes explicitations d’une clarté incomparable, mon devant droit est dans le cas n°2, mon devant gauche dans le cas n°3.
Concernant l’interaction de la chemise et de l’entoilage, quelques petites précisions qui peuvent être importantes (OK, les deux premières sont évidentes) :
- Utiliser de l’entoilage de qualité, toujours, ça évite les mauvaises surprises au premier lavage…
- Le couper dans le droit-fil
- Ne pas entoiler les surplus ! découper l’entoilage à la forme du patron sans ajouter de surplus car cela créer des épaisseurs indésirables
Un autre point que j’ai découvert : les baleines de col ! En démontant le col la vieille chemise de mon homme, je suis tombée sur ces deux petits bouts de plastiques qui permettent au col d’avoir une certaine tenue et de ne pas s’avachir. Hop, dans ma poche et réintégré dans cette chemise !

Ils sont glissés entre le dessus et le dessous de col, une fois qu’on l’a retourné (le col) et bien repassé. Pour que les baleines tiennent bien en place, il faut surpiquer le col. Du moins, c’était le cas de feue-la-chemise-pas-chère qui a fait don de son patron à la science couturistique.
Après quelques recherches et quelques lectures intéressantes, il semblerait qu’on puisse créer une sorte de logement dans le dessous de col pour y glisser des baleines amovibles (à retirer avant lavage). Plus classe, plus couture, plus high-tech. Je suis bien tentée de tester cette idée par la suite, sachant qu’il faut dans un premier temps mettre la main sur de telles baleine, ce qui ne semble pas être une mince affaire.
Quelques autres petits détails sur cette chemise… L’empiècement dans le dos est toujours doublé chez les hommes, celui à l’intérieur est en liberty.
L’intérieur des poignets, comme l’empiècement dos, est en Liberty. Ce sont ces détails cachés qui me plaisent et qui plaisent à mon homme qui ne porterait jamais une chemise intégralement en Liberty.
Seule petite touche de Liberty un peu plus voyante, la fente de manche à capucin. Après plusieurs tests plus ou moins réussis, la tête du capucin est bien réussie, le « triangle » est isocèle!
Et le col… Voici un gros plan du dessous de col, cela vous permet aussi de bien voir le pied de col dont l’extérieur est uni et l’intérieur en liberty.
Le propre de cette chemise, c’est que certaines pièces sont coupées dans le tissu uni, d’autres dans le tissu à motifs. Voici un petit tableau récapitulatif, ça peut vous aider si vous souhaitez faire le même style de chemise que celle que je présente. Moi j’y vois plus clair depuis que j’ai pris le temps de me faire ce tableau !

Décidément, j’adore faire des chemises, c’est très intéressant ! Dans un autre article, je vous parlerai de la cravate assortie à la chemise.
La futur mariée, une histoire de Mamie – partie 2
La suite de la palpitante aventure! La partie 1 est à lire dans le précédent article.

« Enlève ce torchon de la cheminée du chauffe eau, j’lavais mis pour pas que ça gèle…
- Mais y’a des bêêêêêêêêêêêêtes!!!
- Vous les jeunes, vous avez vraiment peur de tout! »
Résumé de l’épisode précédent:
Mamie vient d’après qu’une de ces petite-filles (celle qui fait de la couture, pas celle qui fait de la moto) va se marier, mais, HORREUR SUPREME, ce sera un simple mariage civil, tout petit en plus… La route pour aller dans le Doubs déposer Mamie dans sa maison de famille va être longue pour ces 2 héroïnes coincées dans le carrosse 306 qui atteint péniblement 100 km/h… Vont-elles déposer Mamie sur la première aire d’autoroute???
On change de sujet et on laisse à Mamie le temps de digérer les informations. Mariage civil, cela sonne dans le sonotone de la vieille dame comme un insulte à ces ancêtres.
Au bout d’un moment, l’atmosphère se détend (normal, on change de sujet)…
Avec ma sœur, nous décidons de s’occuper avec un jeu. Cette route pour aller dans le Doubs, on la connaît par cœur et à des endroits stratégiques, nous entendons le même discours de Mamie sur des vieilleries. Nous lançons les paris. Mamie n’entendant presque rien (mais seulement ce qu’elle veut entendre), elle ne fait pas attention à nos chuchotements.
« Je parie qu’on va entendre parler du train qui passait à Rang et qui s’appelait le « Rouget de l’Isle » »
Bingo. 1 point pour moi.
Ma sœur parie que Mamie va radoter sur l’histoire de la Glacière du château de l’Isle sur le Doubs où en plein été y’avait des glaçons à servir pour les propriétaires. Bingo. On a même un bonus avec l’histoire de sa maman qui allait faire pipi derrière la maison du concierge pendant la guerre (la première, je crois).
Ma sœur parie sur « la croix sans Bon Dieu » qui est à la croisée des routes. Re-Bingo (elle est vraiment forte, ma soeur…), bonus compte double avec l’histoire de mes biberons pris sous la croix en bois pendant l’été de mes 2 ans.
Je parie qu’on va entendre parler des sapins qu’on a plantés près d’un petit bled. Mince, elle dit rien et les sapins approchent.
Une fois de plus, ma sœur ricane, je vais perdre.
J’essaye de lancer la conversation, mais ça ne fonctionne pas, la vieille femme ne parle pas des sapins.
Le petit village et son clocher se dessinent au loin et j’ai perdu, mais ce n’est pas grave, la journée n’est pas terminée ! Dès qu’on a un pied hors de la maison, nous recevons nos ordres :
« Toi tu décharges la voiture, toi tu vas montrer ta bague de fiançailles à ma sœur. Je vais faire rôtir le poulet. Ensuite, vous allez vous promener. Mais à midi on mange. »
Notre programme est établi, nous allons faire un tour au bord du Doubs pour faire quelques photos avec mon réflex (« Encore un truc technologique très cher et qui ne sert à rien ! »).
La sœur de Mamie assiste à notre repas, mais elle a déjà mangé de son coté. En effet, les deux vieilles s’étaient brouillées au téléphone sur « qui va faire cuire le poulet et qui mange chez qui » et la Tante Jeanne avait décidé qu’elle ne mangerait pas avec nous si on ne mangeait pas chez elle, et qu’elle voulait faire une tarte au fromage. Mamie avait décidé qu’on mangerait chez nous, et du poulet rôti, point barre.
Ambiance de folie, vous pouvez l’imaginer.
« Tu as bien montré ta bague à tout le monde ? Jeanne, tu as vu la bague de la petite ? Une bien belle bague. »
Ma soeur et moi continuons gentiment à manger notre poulet rôti et nos pommes de terre quand arrive une conversation inattendue et pour le moins improbable. C’est Jeanne qui lance les hostilités.
« Ahh, je me sens vieillir, je vais mourir cette année, je le sais. »
Ma sœur et moi ne relevons pas vraiment cette phrase, ce n’est pas la première fois qu’on entend ce genre de discours. Mais Mamie est en forme, encore énervée de l’orage de cette nuit et du travail que ça lui a donné, et du coup du mariage civil.
« Ah bah ça je ne le crois pas. Je suis plus vieille que toi, je vais mourir avant toi.
- Mais j’te dis que je vais mourir cette année !
- Alors moi aussi je vais mourir cette année aussi.
- Mais moi avant….
- Non, moi je vais mourir avant toi…
- Mais je l’ai dis en première ! »
Un jeu de ping pong de « je vais mourir avant toi », coincé entre le plat et le dessert. Comme dit plus haut : ambiance de foliiiiieee !!!
Je me propose d’aider ma Mamie : je vais ouvrir les fenêtres de toute la maison (« mais laissent les volets fermés !!!! »), même dans le grenier. En montant les marches, j’ai un frisson, un pressentiment. J’ai envie de redescendre. Mais bon, j’ai dis à Mamie que j’allai ouvrir toutes les fenêtres… Je rentre dans la petite pièce du grenier, je m’approche de la fenêtre et de son beau rideau kitsch, je tourne la poignée et j’écarte les vitres quand… un essaim d’abeilles pénètre dans la pièce par l’ouverture créée. J’ai juste le temps de reculer et de fermer la porte derrière moi.
Il ne manquait plus que ça !
« Heu, Mamie… Comment dire… Il y a un gros nid d’abeilles, entre le volet et la fenêtre de la petit pièce du grenier…
- Quoi ??
- Un gros nid jaune, environs 40 cm sur 40 cm, forme ovale. Collé sur ton volet. Des abeilles. J’ai failli être piquée !! »
Oui, j’suis un peu une chochotte. Mais je suis très précise et assez observatrice. Mamie reste scotchée sur sa chaise.
« Tu vois Jeanne, c’est un signe !! Je vais mourir.
- C’est peut-être pas un signe pour toi !
- Enfin, si, c’est ma maison quand même…
- Mamie, c’est pas grave, on va appeler les pompiers. Un apiculteur sera certainement content de récupérer ces abeilles.
- Si ce sont des abeilles ! C’est certainement des guêpes.
- Non Mamie, le nid n’était pas gris. Ce sont des abeilles, pas des guêpes.
- Toi, t’as mangé du miel deux fois dans ta vie et tu sais à quoi ça ressemble des abeilles ? »
Je laisse tomber… Pendant que les vieilles sœurs se partagent les signes du destin, notre sauveur arrive : la voisine (à qui je montre ma bague, je suis là pour ça, tout le monde l’a compris) nous emmène faire le tour de la ferme des cochons pour y faire quelques courses et admirer les petits porcs pendant que les mémés font la vaisselle en faisant le point sur qui est mort et qui va bientôt passer l’arme à gauche.
Le mari de la voisine (je dois lui montrer ma bague) vient confirmer : ce sont bien des abeilles et tout est prévu pour intervenir chercher le nid. Notre journée s’achève et nous sommes complètement épuisées… Mamie nous épuise. C’est son super pouvoir.
Elle a préparé des barquettes pour qu’on ramène les restes du poulet (« Pour vos hommes. ») et de la rhubarbe.
Dans la voiture sur le retour, ma sœur me fait remarquer que je n’ai même pas eu le droit aux conseils de Mamie sur le couple et comment garder un mari. On ne se fait pas d’illusion, ça va encore arriver.
Le lendemain au téléphone, elle annonce à ma maman qu’elle a passé une journée charmante et que nous étions aussi ravie.
Mamie est télépathe, elle lit dans nos esprits !!!
La Future Mariée, une histoire de Mamie – partie 1!
Voila bien longtemps que je n’ai pas narré une histoire de Mamie ? The Mamie of course…
Dans mon précédent article, je vous disais que j’étais allée dans le Doubs avec ma chère sœur pour accompagner Mamie et l’amener jusqu’à sa maison de famille où elle passe quelques semaines.
Ma petite sœur étant encore en recherche très active de travail (même si je pense qu’elle touche au but !!!), quand il a été question d’amener mamie dans son village natal, il paraissait évident que c’était elle qui allait s’en charger… Il y a encore 3 ans, Mamie prenait le train toute seule (elle avait donc 87 ans), avec un changement à Belfort, pour se rendre dans le Doubs.
Quelques jours avant la date fatidique du départ, j’ai annoncé à ma grand-mère que M. Chemise et moi nous allions nous marier. Et là… Chamboulement total des plans de voyage !
Le lendemain j’ai ma sœur au téléphone : c’est moi qui doit accompagner Mamie dans le Doubs… Flashback sur la conversation entre Mamie et ma sœur.
« Au fait, c’est ta grande sœur qui va m’amener dans le Doubs, toi tu as un travail à chercher. On partira vendredi.
- Mais… C’était prévu mercredi ! Et en plus elle bosse !
- Et bien elle n’a qu’à prendre congé. C’est décidé, on partira vendredi à 9h, je l’attends devant la maison. Que son coffre soit bien rangé pour une fois ! Et qu’elle se fasse belle. »
Et oui, ma sœur, jeune (très) diplômée et chômeuse de son état, ne fait pas le poids contre une future mariée qu’il faut maintenant exposer dans tout le (minuscule) village, elle s’est fait lamentablement virer par la mémé. J’avais devant moi la perspective de plus d’une heure de route à écouter les conseils avisés d’une femme de 90 ans sur comment tenir mon ménage et faire durer mon couple. L’éclate totale. Et je devais prendre congé pour subir ça.
Par chance, ma sœur est cool et elle a accepté de partager mon calvaire, elle s’est jointe à l’expédition. Le vendredi à 9h nous étions toutes les deux devant le portail de Mamie à charger des morceaux de pain rassis rassemblés dans des filets « sacs à patates » et autres joyeusetés qui te foutent le bordel monstre et pleins de miettes dans le coffre.
« C’est pour les lapins de Dédé… Et puis elle est vieille ta voiture, c’est pas grave si y’a quelques miettes dans le coffre. »
Mamie est de méchante humeur car cette nuit il y a eu de l’orage et elle a eu de l’eau dans sa cave, qu’elle a du chasser avec un balai vers le trou d’évacuation.
Au bout de quelques kilomètres, la question que ma sœur et moi redoutions tombe :
« Dans quelle église vous allez vous marier ? »
Gros blanc… Ma sœur ricane sournoisement en me lançant des regards en coin.
« Ben… en fait… on ne va pas à l’église. Ça sera juste un mariage civil. »
Re-gros blanc. Ma sœur a peur que Mamie ne fasse une crise cardiaque.
« Mais c’est pas un mariage ça ! Que vont penser les parents de M. Chemise, ils vont être choqués !
- Ils nous disent de faire comme on veut.
- C’est I-NA-DMI-SSI-BLE. C’est scandaleux ! Comment oses-tu faire ça ? Que vont penser les gens?? Tu y a pensé à ça? »
Hyper important pour Mamie, ce qui rythme sa vie : ce que vont penser « les gens ». Je n’ai pas trop ce problème, souvent, ce que pensent « les gens », moi je m’en tamponne.
La liste d’adjectifs et de remarques acerbes semble sans fin. En substance : il va être naze ce mariage. Je lance un ultimatum.
« En même temps, si t’es pas contente et que tu ne cautionnes pas ce type de mariage, tu n’es pas obligée de venir t’humilier à la mairie. Déjà que la liste des participants est limitée aux parents et frères et sœurs, ça ne me dérange pas de la réduire encore un peu. »
Vlan, direct dans le dentier. Mamie fronce ces sourcils, je le vois dans le rétroviseur.
Cela achète environs 5 minutes de silence pesant. Oui, je suis une fille classe et diplomate, on me le dit souvent. Ça doit être ça qui a charmé mon homme.
Au prochain épisode, notre arrivée dans le Doubs!































