Samedi, je n’ai pas eu le temps de souffler. Pourquoi donc ? Trop de courses, trop de rangement ? Trop de carrelage tout neuf à nettoyer ? Trop de canapés qui sont livrés alors que le salon accueille encore les éléments de la cuisine ?
Mouais, déjà, y’a un peu de ça.
Mais aussi quelque chose de neuf pour moi : j’ai transmis un peu de mon savoir de couture. Faute de pouvoir coudre à la maison pour cause de conflit de place entre les travaux et moi, j’ai trouvé une autre occupation ! J’ai aidé ma prof de couture (une des deux, souvenez-vous, j’ai deux profs de couture, il me faut au moins ça !) à encadrer un atelier créatif au Musée d’Impressions sur Étoffes de Mulhouse.
Pour moi c’était tout neuf ! Jamais de ma vie je n’ai travaillé avec des enfants, je n’ai d’ailleurs aucun enfant dans mon entourage proche. Ce n’est pas que je les fuis, mais voilà, il se trouve que mes amis n’en ont pas encore et que dans la famille les plus jeunes ont 16-17 ans. Donc, expérience doublement nouvelle !
Mon but était de m’occuper de 3 petites filles de 7 ans pendant que ma prof encadrait 6 autres personnes plus âgées, dont une adulte.
Hé bien, à 7 ans, ça déménage !!
Les petites chéries avaient choisi leur projet parmi ceux présentés : un petit sac, à réaliser en 2 heures. Vous allez me dire : nannnn, un sac en deux heures, pas possible. Je précise que ce sac n’avait pas de doublure, et que les bords n’étaient même pas surfilés, c’était juste une forme de petite pochette avec un rabat et un bouton, et c’était déjà amplement suffisant pour des petites filles. Et pour moi aussi !!
Je découvrais le modèle en même temps que les petites…
Question répétée 10000 fois :
« C’est quand qu’on va coudre avec la machine ?
- Les filles, faut attendre encore un peu ! »
Rapidement, je me suis rendue compte que des actions qui semblent tellement simples pour moi sont en fait bien compliquées pour des fillettes, par exemple, piquer des épingles pour attacher le patron en papier au tissu. La galère !
Le découpage du patron a duré 3 plombes, mais ça chacune arrivait à s’en sortir seule. Les épingles, pour éviter de rendre aux mamans respectives des gamines aux doigts ensanglantés, je l’ai fait pour que ça aille plus vite. En plus, cette étape ne les passionnait pas du tout parce que…
« C’est quand qu’on va coudre avec la machine ? »
Ensuite, découpage du tissu « avec des vrais ciseaux de couturière ».
« wooooouuuahhhhh » l’extase pour les petites d’utiliser des ciseaux d’adultes.
On remet les épingles sur l’aimant pour ne pas les perdre.
« wooooouuuahhhhh » l’aimant c’est trop génial.
Et maintenant…
« Madame, on peut coudre avec la machine maintenant ?
- T’as pas l’impression qu’il manque un bout de ton sac ? »
Moment de réflexion intense, je leur montre le modèle, le morceau qu’elle vienne de découper, je le colle sur l’original…
« Le bouton !!!!
- Euh, oui, mais avant le bouton, il ne faut pas autre chose ?
- Il manque l’autre bout du sac.
- Tout à fait, il faut plier le papier sur le trait, et refaire la même chose pour avoir le second morceau de sac. »
Petit à petit, ça avance…
« Maintenant qu’on a tout coupé le sac, on peut coudre avec la machine ???
- Bientôt. Il faut déjà poser les morceaux du sac l’un sur l’autre, et mettre des épingles.
- Les épingles ça pique, j’aime pas. »
Je leur explique qu’on doit poser les motifs du tissu l’un sur l’autre, pour avoir de jolies coutures. Elles ont du mal à saisir ce concept, difficile à expliquer. Je retourne le tissu, je leur fais une démo, mais ça a du mal à passer. J’essaye de ne pas leur gâcher le plaisir de fabriquer elle-même leur, je ne veux pas « faire » à leur place, alors je leur montre les actions et il faut ensuite qu’elles y arrivent. Mais là, je bloque.
Tout à coup, une petite a le déclic.
« Il faut que les fleurs elle fassent des bisous ! (elles avaient toutes les trois un tissu fleuri)
- Ahhhh ouiii !!! »
Les deux autres suivent directement, l’explication était à présent limpide. À nouveau, l’épinglage est laborieux, une bataille éclate pour savoir qui va avoir THE épingle à tête bleue (top cool !!) mais ça avance… doucement !
« Maintenant, dis Madame, on peut coudre avec la machine s’il te plait ???
- Oui, on va coudre, mais tout le monde autour de moi et on m’écoute. Tout le monde a testé les épingles, ça pique ?
- Oui, moi j’aime pas.
- Moi non plus…
- Bon, et bien la machine elle a aussi une épingle, une grosse qui bouge vite donc si vous appuyez trop fort avec la pédale, et bien ça va vous blesser. Qui veux avoir des doigts cousus ensemble ?
- Beurk, c’est dégeu !
- Alors il faut faire attention et personne ne rentrera avec des doigts cousus… »
Je crois que les doigts cousus ont été le bon exemple, car après la petite démo, personne ne dépassait la limite de vitesse autorisée.
Heureusement qu’il n’y avait que deux coutures sur les cotés, car pour des petites qui veulent faire « toute seule » et qui n’ont jamais eu de machine entre les mains, c’est une épreuve.
Elles ont aussi découvert ce que j’ai baptisé à l’improviste « l’instrument magique » : le découvite. J’ai l’impression qu’il suffit d’ajouter magique à un élément pour avoir leur attention, elles se battent pour défaire leur coutures de travers !
Le sac est presque terminé, il faut juste coudre le bouton. Déjà, le choix du bouton dans la grande boite à boutons est primordial. Par contre…
« On peut le coudre avec la machine, le bouton ?
- Non, par contre, je vais vous donner des aiguilles.
- C’est nul les aiguilles.
- Non, c’est super. Et celles-ci elles sont spéciales.
- Pourquoi, elles ont quoi de spécial ? »
Bonne question, invente un truc, vite, vite… Je prends trois aiguilles et en donne une à chaque petite, le fil est déjà enfilé.
« Celle-ci à un bout en or, celle-ci est géante (elle était très longue) et enfin la dernière… La dernière, et bien, sa particularité… (Merde, trouve quelque chose !!) c’est… Qu’elle est pas en métal mais dans une matière inconnue.
- Mais elle ressemble vachement à l’autre…
- Non, je te jure qu’elle est spéciale, touche, tu trouves pas qu’elle est chaude et douce pour une aiguille en métal ?
- Si, c’est vrai. J’la veux ! »
Pendant qu’on a une aiguillée de fil en main, on assemble aussi l’anse du sac, un long morceau de tricotin.
Le temps que mes couturières en herbe terminent de coudre le bouton (piquer dans le sac, puis dans le bouton, puis le sac, le bouton, le sac…), les mamans arrivent et admirent les œuvres haute couture de leur progéniture.
Chacune est repartie avec son sac à l’épaule, le patron plié afin de pouvoir « expliquer à maman comment faire le sac ».
« Maintenant je veux coudre tous les week end… »
Les petites étaient enchantées, moi aussi car j’ai découvert une partie de moi-même que je ne connaissais pas encore et que c’était une expérience super enrichissante. Par contre, c’est exténuant, je n’ai pas (encore) l’habitude.
Je n’ai malheureusement pas de photos à montrer, car je n’ai pas eu le temps d’en prendre !!!










J’en avais parlé au début de mon blog, j’ai participé à une journée au Musée d’Impression sur Etoffes de Mulhouse pour un stage de couture dans le cadre 














